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Les petites patinoires seront la norme

Les dimensions olympiques n’ont plus la cote sur la scùne internationale

SPO-CANADA VS SWITZERLAND
Photo d'archives, Agence QMI Le Championnat du monde de hockey junior s’est dĂ©roulĂ© cette annĂ©e au Rogers Arena de Vancouver, le domicile des Canucks.

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VANCOUVER | Les glaces aux dimensions olympiques seront bientôt chose du passé lors des compétitions de la Fédération internationale de hockey sur glace, a annoncé hier le président René Fasel.

Ainsi, aux prochains Jeux olympiques d’hiver qui auront lieu à Pékin, en Chine, en 2022, la patinoire sera aux dimensions nord-américaines, soit 200 par 85 pieds.

Présent à Vancouver pour assister au match de la médaille de bronze et à la finale du Championnat mondial junior, Fasel a clairement indiqué ses volontés. Il ne s’agit pas d’une modification aux règlements sur les dimensions des glaces, puisque ceux-ci sont élastiques, il s’agit plutôt d’un changement de philosophie.

À court terme, il est impossible de modifier les amphithéâtres qui recevront les événements internationaux. Mais dès le Championnat du monde masculin de 2022, qui aura lieu à Helsinki, en Finlande, le tournoi sera disputé sur une « petite » glace.

« Nous nous sommes aperçus que le jeu a beaucoup changé ces dernières années. C’est devenu beaucoup plus attractif, surtout sur une petite surface », a indiqué le président en mentionnant que le premier tournoi olympique disputé sur « petite » glace a eu lieu à Vancouver en 2010.

« Les championnats du monde au Canada et aux États-Unis sont toujours très spectaculaires. Cela est dû aux petites surfaces de la patinoire. Quand on joue en Europe, c’est un peu moins vite. C’est un style un peu différent. Actuellement, je pense personnellement que notre jeu est au meilleur niveau jamais vu.

« Les jeunes de la LNH comme Connor McDavid, Nico Hischier, Auston Matthews et Elias Pettersson sont arrivés avec énormément de talent et de capacités techniques, a-t-il enchaîné. On le voit et je le vois quand je regarde des matchs. Le niveau est nettement meilleur que sur une grande surface. »

Avec ou sans la LNH

Fasel rajoute que ce prochain tournoi olympique sera disputé « avec ou sans les joueurs de la LNH ».

Et bien qu’il souhaite fortement que les meilleurs joueurs au monde s’affrontent aux Olympiques, rien n’est moins sûr de ce côté. Il aura à livrer un autre bras de fer avec le commissaire de la LNH, Gary Bettman.

Même si l’épreuve olympique aura lieu dans un peu plus de trois ans, le canal de communication est déjà ouvert. Les discussions s’activeront au fil de l’année, selon les termes de la présente convention collective de la LNH.

Le circuit Bettman démontre toutefois une plus grande ouverture quant au marché chinois, lui qui le visite lors du calendrier préparatoire, et il y a des intérêts financiers.

Réunir les meilleurs

« C’est difficile pour moi de dire si les joueurs de la LNH y seront. Il faut poser la question à Gary. Je suis d’avis qu’il faut réunir les meilleurs, comme dans tous les sports. À Pyeongchang [en 2018], ils n’étaient pas là. Ce serait très facile pour moi de dire que si on ne peut pas rassembler les meilleurs, qu’on n’y va pas et qu’on reste à la maison. Ça ne fait pas de sens, a insisté le Suisse qui est à la tête de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG) depuis 1994.

« C’est tellement important pour notre sport et les amateurs de présenter le meilleur produit sur la meilleure plateforme. De ne pas le faire, ce serait une grosse erreur. »

Sans bluffer, Fasel possède quatre cartes en main. Soit les meilleurs au monde y participent, soit il répète le scénario de rechange de Pyeongchang, soit il invite les juniors ou, tout simplement, il fait l’impasse sur le tournoi olympique.

Des millions en jeu

L’option des juniors est écartée presque automatiquement et le scénario de la Corée du Sud n’est pas souhaitable, car il ne regroupe pas l’élite. Et s’il ne peut recevoir une plus grosse enveloppe du Comité international olympique (CIO), la dernière option devient une possibilité.

Selon Fasel, c’est au CIO d’acquitter les frais techniques, c’est-à-dire les assurances et les frais de voyage des joueurs.

En 2018, la FIHG n’a pas profité d’un juste retour de l’enveloppe olympique. Elle a déboursé plus de 14 millions $ pour organiser le tournoi, a affirmé le trésorier Luc Tardif, aussi présent à Vancouver.

Fasel retroussera ses manches en prévision de cette bataille, sa dernière à la présidence de la FIHG. Il ne briguera pas de nouveau mandat en 2020. Un Allemand, un Tchèque, un Danois et un Canadien, Bob Nicholson, sont en lice.