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La question de l'�ge du fer en Afrique
Louise Marie
Diop-Maes
Article publi� dans
ANKH n�2
R�sum� :
D�s 1952, H. LHOTE
avait montr�, � l'encontre de la "th�orie carthaginoise" de R. MAUNY, le
caract�re autochtone de l'industrie noire-africaine du fer, sans que son
argumentation coh�rente ait �t� retenue par les historiens de l'Afrique,
malgr� la parution, en 1959, des premi�res datations de la "civilisation
de Nok" au Nig�ria : -3500 BC, -2000 BC, -900 BC, +200 AD (L.M. DIOP,
1968).
Les dates les plus probantes produites ensuite sont 1�)
celles du massif de Termit : en 1972, 10e si�cle BC; en 1988, 14e / 15e
si�cle BC; en 1992, de 1675 � 2900 BC (cf G. Qu�chon); 2�) celles de la
r�gion du lac Victoria-Nyanza : 13e / 15e si�cles BC, en 1982 (cf M.C.
Van GrunDerbeek, E. ROCHE, H. DOUTRELEPONT).
Les premi�res dates de Nok et celle de Ndalane, au
S�n�gal (environ 2800 BC, cf. C.A. DIOP et G. DELIBRIAS, 1976) imposent
de multiplier les recherches et les datations dans ces deux r�gions.
Leur corr�lation avec les derni�res dates se rapportant au massif de
Termit, sugg�re que la m�tallurgie du fer est apparue en Afrique
occidentale vers 2800 BC, voire plus t�t.
Le fer trouv� en Asie et en Nubie est trop tardif pour
expliquer la pr�sence en �gypte, de quelques �chantillons de fer de
gisement, datant de l'�poque des pyramides (27e si�cle BC),
alors que l'�gypte est d�pourvue de ce minerai. Il n'est pas impossible
que le fer soit venu du Soudan occidental et central par l'Ennedi (cf.
remarques de P. HUARD), dans le cadre d'un r�seau d'�changes tr�s
�tendu, quand le Sahara �tait moins d�sertique.
Abstract : The Iron Age
in Africa �
H. LHOTE had shown as
early as 1952, contrary to R. MAUNY's "Carthaginian theory" the
autochtonous characteristic of Black Africa's iron industry, but his
consistent arguments had not been taken into consideration by historians
of Africa, in spite of the publication in 1959 of the first datations of
the Nok civilization in Nigeria : 3500 BC, 2000 BC, 900 BC, + 200 AD (L.
M. DIOP, 1968).
The most convincing dates produced later are 1�) those of
the Termit massif, in 1972, 10th century BC, in 1988, 14th/15th
centuries BC, in 1992, from 1675 to 2900 BC (cf. G. QUECHON), 2�) those
of lake Victoria-Nyanza region : 13 th/15th centuries BC, in 1982 (cf.
M. C. van GRUNDERBEEK, E. ROCHE, H. DOUTRELEPONT).
The first dates of Nok and Ndalane in Senegal (around
2800 BC, cf. C. A. DIOP and G. DELIBRIAS, 1976) impose us to multiply
investigations and datings in these two regions. Their correlation with
the last dates concerning the Termit massif, suggest that iron
metallurgy appeared in Western Africa around 2800 BC, if not earlier.
The iron found in Asia and in Nubia is too late to give
an explanation for the presence in Egypt, of a few samples of an iron
deposit dating back to the Pyramid period even though Egypt is lacking
in this ore. It is not impossible that the iron should have come from
Eastern and central Soudan by Ennedi (cf. notes by P. HUARD) in the
framework of a very large spread network of exchanges, when the Sahara
was less a desert.
Le soufflet � pied qui appara�t en �gypte
ancienne au Nouvel Empire. Tombe de Rekhmir� (Th�bes, n�100) o� sont
repr�sent�es des techniques de la m�tallurgie.

Soufflet de forge, Marka, Mali. Mus�e de
l'Homme (Trocad�ro, Paris) Le forgeron en Afrique noire. Il s'agit
d'un soufflet � pied dont l'usage est attest� au Nouvel Empire �gyptien
comme l'illustre la reproduction ci-dessus.
Ce sujet est toujours �
l'ordre du jour [1]
1. La th�orie de l'origine extra-africaine et la
th�orie de l'origine autochtone
Dans son article "La connaissance du fer en Afrique
occidentale"[2], d�s 1952 et avant toute datation, H.
Lhote, r�cemment d�c�d�, avait bien vu que l�industrie du fer en Afrique
noire �tait autochtone et ne venait pas de l�Afrique du Nord par le
Sahara (contrairement aux affirmations de R. Mauny dont le point de vue
imaginaire pr�valut sans raison valable) [3].
H. Lhote, � qui il convient de rendre hommage, observa
1. que le soufflet � coupe en
poterie est original et proprement soudanais
2. que les Berb�res sahariens
ne sont pas des m�tallurgistes : ils m�prisent le travail du fer (les "Enaden"
sont surtout des r�parateurs)
3. qu�il n�a pas �t� trouv� de
traces de hauts-fourneaux au Sahara o� pourtant le fer existe et que les
Sahariens ne connaissent pas, par eux-m�mes, cette technique ;
4. qu�au contraire, de nombreux
vestiges de hauts-fourneaux existent en zone soudanaise jusqu�au 16 e
parall�le [4] au nord
5. que la limite nord des
hauts-fourneaux se trouve approximativement � la limite sud de la racine
linguistique BRZL qui d�signe le fer en langues s�mitiques.
Il conclut que :
"Les faits ethnographiques, linguistiques, historiques
et arch�ologiques se conjuguent pour affirmer le caract�re proprement
africain de l�industrie du fer dans le monde noir".
Pour R. Mauny, les Noirs ne pouvaient �tre, a priori,
que des esclaves auxquels les Berb�res "confiaient les travaux
p�nibles"[5], comme le travail du fer. Mais il faut en m�me
temps que ceux auxquels on confie ce travail ne le connaissent pas car,
par d�finition, ils doivent �tre non seulement esclaves, mais aussi
incapables de trouver eux-m�mes les proc�d�s d�extraction et de
transformation du minerai de fer. Mais comme les Berb�res ne le
connaissaient pas non plus, comment l�ont-ils appris � leurs pr�sum�s
esclaves noirs ? Alors, R. Mauny a recours � l�explication suivante :
dans la seconde moiti� du 1er mill�naire avant J.C. les Berb�res
sahariens (non initi�s aux techniques du fer) ont razzi� leurs artisans
m�tallurgistes en Afrique du Nord "pour amener de proche en proche
l�industrie du fer des rives de la M�diterran�e jusqu�aux lisi�res du
monde noir"[6]. C�est la m�me id�e qu�il exprimait plus haut
avec plus de pr�cision : "les 'mallems' amen�s du nord avaient
certainement pour les aider des esclaves du ma�tre pour lequel ils
travaillaient" (esclaves, c�est-�-dire esclaves noirs). En clair, il
faudrait admettre : 1) que des forgerons "razzi�s" au nord du Sahara ont
enseign� leur technique � des esclaves noirs razzi�s au sud par les
m�mes ma�tres berb�res, 2) que ces aides-forgerons noirs, soit qu�ils
aient r�ussi � s�enfuir, soit qu�ils aient �t� "envoy�s expr�s pour
les commodit�s d�approvisionnement en m�tal"[7], ont alors
implant� l�industrie du fer en Afrique occidentale. Cette transmission
et cette translation �tant assur�es dans la deuxi�me moiti� du 1er
mill�naire avant J.C. par les "ma�tres" berb�res, eux-m�mes non initi�s
� cette technique, et tout cela :
� bien que le fer ne soit devenu courant dans les tombes
d�Afrique du Nord qu�au 3 e
si�cle BC alors qu�au 4e BC des "�thiopiens" de la c�te
atlantique (Cern�), "se servaient de traits durcis au feu" et qu�au 5e
si�cle BC au moins, l�industrie d�extraction du fer est d�j� attest�e �
Nok (Nig�ria) ;
� bien qu�on ne trouve aucune parent� linguistique entre
les mani�res de dire "le fer" en Afrique du Nord d�une part, au Soudan
d�autre part ;
� bien qu�il n�y ait pas trace de hauts fourneaux au
Sahara.
Cette th�orie se r�v�lait donc � l�analyse comme une
construction de l�esprit reposant sur des id�es pr�con�ues et non sur
des faits.
Les seuls �l�ments ethnographiques, linguistiques,
historiques, g�ographiques, arch�ologiques que l�on avait pu d�gager,
contredisaient l�hypoth�se d�une introduction de l�industrie du fer en
Afrique Noire par l�Afrique du Nord et le Sahara. Aux faits mis en
�vidence par H. Lhote d�s 1952, on pouvait ajouter d�autres
consid�rations.
Le forgeron occupe une place consid�rable dans la vie
traditionnelle africaine, soit dans les l�gendes, soit par les fonctions
importantes et diverses que le forgeron et sa femme exer�aient dans le
village d�Afrique noire. Le culte du dieu Gou ou Ogun, dieu du fer et de
la guerre, incline aussi � supposer le caract�re traditionnel de cette
industrie dans la soci�t� africaine.
Les grands Empires noirs, sah�liens ou soudanais, du plus
ancien (Ghana) au plus r�cent (Songha�) mordaient largement sur le
Sahara dont de vastes portions �taient directement administr�es par des
gouverneurs noirs [8].
Qui nous dit qu�avant les invasions arabes, les Berb�res
�taient les plus nombreux et les grands vainqueurs au Sahara central et
m�ridional ?
Les populations noires vivant jadis au Sahara, et
ult�rieurement soumises par les musulmans arabo-berb�res dans les oasis
et les massifs montagneux, ont tr�s bien pu constituer alors, et alors
seulement, ces "castes m�pris�es" de forgerons, comme les Haddads [9],
mais qui connaissaient, probablement depuis de nombreux si�cles, le
travail du fer. D�autre part, rappelons ici que les "Haratins" ne sont
pas seulement des esclaves noirs amen�s l� par des caravaniers et
trafiquants d�esclaves, mais repr�sentent aussi, peut-�tre surtout, un
peuplement r�siduel du Sahara n�olithique, humide et n�gro�de.
A cette pol�mique, les articles d�taill�s de P. Huard
apportaient des �l�ments suppl�mentaires[10]. Il �carte, par
exemple l�origine libyco-berb�re de la sagaie teda[11]. Il
rapporte, d�apr�s V. P�ques, deux traditions sur l�introduction de la
m�tallurgie au Fezzan : � Sebba, par des Juifs venus du nord, � Gh�t par
des forgerons venus du Soudan[12]. Le groupe passe, �crit-il, "pour
avoir �t� l�un des premiers � avoir travaill� le fer au Tchad..., les
Zaghawa sont mentionn�s depuis le 8 e
si�cle par les chroniqueurs arabes... Ils ont conserv� la pratique des
sacrifices agraires qui se concilie mal avec une islamisation suppos�e
vieille d�un mill�naire"[13].
Comment les chroniqueurs arabes d�crivent-ils les Zaghawa ?
� Ibn Munabbet
(738) "compte les Zaghawa parmi les peuples du Soudan" ;
� Idrisi
(12e
si�cle) "les d�peint comme des n�gres chameliers occupant la zone
comprise entre le Fezzan et le Chari, le Xaouar et le Darfour" ;
� Ibn Khaldoun
(14e
si�cle) "compte parmi les royaumes noirs du Soudan, les Zaghawa".
Dans l�Ennedi, P. Huard a montr� "l�importance des
t�moignages figur�s et des vestiges arch�ologiques concernant
l�anciennet� du travail du fer". "Le poignard de bras dont l�aire
tr�s �tendue, �crit-il, va du Nil au Hoggar et au Moyen-Niger, est
figur� � Hall�ma (corne nord-est de l�Ennedi) au bras d�un lancier
habill�, d��ge du fer avanc�, finement grav� avec son troupeau de
boeufs, dont deux ont des cornages d�form�s, pratique des pasteurs du
groupe C de Nubie, qui s�est propag�e dans tout le Sahara tchadien et
encore attest�e au Tibesti � l��ge du fer"[14].
Cependant, en 1964, donc onze ans apr�s l�expos� des
th�ories oppos�es de H. Lhote et de R. Mauny (1952-1953), � la suite et
en d�pit des observations qu�il a faites et qu�on vient de rapporter, P.
Huard admettait n�anmoins dans la premi�re partie de ses conclusions,
sans la moindre r�serve et sans que l�on comprenne par quel
raisonnement, l�hypoth�se d�une transmission lente et progressive du fer
m�diterran�en au monde noir de la mani�re suivante
1. 3 e
si�cle avant J.C. : arriv�e par trafic indirect du fer ouvr� provenant
du domaine carthaginois ("datation propos�e par R. Mauny")
2. 4 e
si�cle apr�s J.C. : acquisition par les noirs soudaniens du travail du
fer d�origine m�diterran�enne ("datation due � W. Cline").
Et pourtant il ajoutait :
"Les traces d�un apport antique possible du fer
m�diterran�en aux cornes nord-est et nord-ouest du Tibesti sont
recherch�es sur le terrain"[15].
Ce qui laisse supposer que, jusqu�ici, les traces d�un
tel apport n�ont pas encore �t� trouv�es.
Par contre, on retiendra comme �l�ments importants de ses
conclusions les propositions suivantes:
- "Ce qui a �t� dit des m�taux dans le centre du Tchad
et � l�ouest du lac montre que les questions qui s�y rattachent
d�bordent - territorialement et par leur port�e - le cadre des confins
sahariens, dont l�int�r�t est d�avoir enregistr� lat�ralement des
t�moignages de transmission est-ouest dans la zone de parcours entre le
Nil et le Niger, o� le fer s�est inscrit parmi les facteurs d�une
�volution ayant abouti � la cr�ation d��tats organis�s".
- "Mais du Tchad au Mossi, les �l�ments traditionnels
recueillis, se rapportant � l��ge local des m�taux, sont d�form�s,
fragmentaires et non coordonn�s, et ils restent � mettre � leur place
respective au sein des courants issus de la vall�e du Nil, dont W AINWRIGHT
au Nig�ria et Arkell au Ghana ont mis en �vidence des faits limites de
transmission mat�rielle ou culturelle"[16].
En r�sum�, si l�on n�avait aucune preuve tangible d�un
courant nord-sud de l�industrie du fer � travers le Sahara, en revanche,
des t�moignages vari�s, particuli�rement arch�ologiques, permettaient
d�affirmer une parent� de l�industrie ancienne du fer dans une zone tr�s
vaste allant du Nil au Tibesti, d�une part, au Tchad et � l�ouest de ce
lac, d�autre part, en passant par l�Ennedi.
On en d�duisait qu�il avait pu y avoir transmission
lat�rale d�est en ouest, non seulement � travers le Sahara m�ridional,
mais aussi � travers tout le Soudan du Nil au Niger, le point de d�part
�tant dans les deux cas, la Nubie.
Cependant, en l�absence de datation certaine, tant pour
les d�buts de l�industrie du fer en Nubie que pour tous les autres sites
signal�s au Soudan central, occidental et ailleurs, cela pouvait
�galement signifier une immense aire de dispersion de l�industrie du
fer, avant m�me les migrations de population qui se seraient produites �
partir de la vall�e du Nil vers l�ouest, le sud-ouest et le sud depuis
le 6e si�cle BC environ[17].
En effet, concernant l��ge de la m�tallurgie du fer au
Nig�ria, Basil Davidson signale dans son ouvrage L�Afrique avant les
Blancs [18] que "quatre fragments de charbon de ces �tages
de Nok ont r�v�l� au radio carbone des datations d�environ 3500, 2000,
900 BC et 200 AD".
L�auteur rapporte ensuite le commentaire suivant de
Bernard Fagg :
"Les deux premi�res dates proviennent presque
certainement de s�diments plus anciens, tandis que � 900 avant J.C.
(environ le commencement de la pluviation de Nakura) et 200 apr�s J.C.,
marquent probablement les limites sup�rieures et inf�rieures de la
civilisation des figurines de Nok".
Il est ici n�cessaire d�attirer l�attention sur le fait
que la supposition selon laquelle les deux premi�res dates
proviendraient de s�diments plus anciens, est gratuite. On reste
circonspect devant les interpr�tations tendant � rajeunir les faits en
d�pit des r�sultats objectifs fournis par les m�thodes scientifiques.
On ne s�explique gu�re quelle constatation arch�ologique
a conduit P. Huard � faire la remarque suivante[19].
"B. F agg
a r�duit r�cemment quelque peu l�obstacle que ces datations opposent �
une future explication d�ensemble de la diffusion du fer dans l�Afrique
de l�Ouest en �crivant :
'On pense maintenant que la culture de Nok
est le produit d�une r�volution qui s�est produite autour de
l�introduction du fer et qui fut probablement florissante entre �400 (probablement
pas aussit�t que �900) et +200'. "Dans le contexte g�n�ral
de cette �tude, poursuit Huard, c�est �videmment la fin de cette
p�riode qui nous para�t seule recevable".
Nous ne voyions naturellement aucune raison de le suivre
dans cette opinion.
Dans la r�gion tchadienne, le bovidien r�cent, �poque �
laquelle l�usage du fer est attest�, est consid�r� comme datant du 1er
mill�naire BC. Or, P. Huard note que "dans le bovidien r�cent de
l�Ennedi, le style de Fada, que nous avons consid�r� comme ant�rieur au
fer, a livr� � Bailloud des lances � armatures". D�autre part, le
groupe C de Nubie (auquel un lancier accompagn� d�un troupeau de b�ufs,
figur� dans la corne nord-est de l�Ennedi, est apparent�) d�bute, selon
Arkell, � la fin du 3e mill�naire BC (entre �2300 et �2150) [20].
Ainsi, d�s 1967-68, l�analyse des faits et des arguments
me permettait de conclure :
1. que selon toute probabilit�,
la m�tallurgie du fer dans le continent africain est autochtone et n�y a
pas �t� introduite par des influences ext�rieures ;
2. que cette industrie ancienne
et traditionnelle est rest�e tr�s vivace jusqu�� l��poque de la
colonisation ;
3. que l�on a affaire � des
civilisations transitionnelles, sid�rolithiques (dans lesquelles les
industries de la pierre et du fer coexistent) selon l�expression de W.
Fagg ;
4. que l��tablissement d�une
chronologie pour l�Afrique noire n�en est encore qu�� ses premiers
balbutiements. L�impr�cision est telle que l�on pourrait aussi bien
consid�rer que l��ge du fer a pu d�buter au cours du 3e mill�naire BC,
qu�au cours du premier (Nok) ;
5. que les d�couvertes
arch�ologiques qui ont �t� faites jusqu�ici ont r�v�l�, comme principaux
sites d�une industrie sid�rolithique, le Nig�ria, le Mali, le Tchad, la
Zambie, la r�gion des Grands Lacs. Mais cette liste n�est nullement
limitative. Le professeur Hiernaux signale que la dimple based
pottery a �t� r�cemment d�couverte au Kasa� (Congo). Et William Fagg
�crit : "Il est bien possible que l�on ne connaisse pas certains
vestiges de cultures anciennes, profond�ment enterr�s et qui n�ont pas
la chance de se trouver au milieu de roches susceptibles d��tre
analys�es". Il exprime plus loin l�id�e que bien des civilisations
enfouies dans le sol de l�Afrique risquent de ne jamais revoir le jour.
Dans cet ordre d�id�e, un autre facteur qu�on ne saurait
surestimer est la vitesse de disparition par oxydation de tous les
objets en fer sous les climats chauds et humides d�Afrique ;
6. que, dans ces conditions, il
para�t tout � fait pr�matur� d�affirmer quels ont �t� les premiers
centres de diffusion du fer en Afrique et quelles furent les routes de
diffusion du fer � travers l�Afrique, d�autant que les diff�rents
centres m�tallurgiques d�j� trouv�s semblent se situer tous dans une
Antiquit� assez lointaine. Le professeur HIERNAUX a �crit en 1962 : "Si
nous sommes tent�s de regarder vers M�ro�, o� les scories de fer forment
des amas importants, lorsque nous cherchons le foyer de la m�tallurgie
en Afrique centrale et orientale, nous devons en fait attendre
des donn�es plus �toff�es, avant de pouvoir formuler des hypoth�ses
suffisamment �tay�es"[21].
S�il semblait donc prouv�, dans les ann�es soixante, que
la m�tallurgie traditionnelle du fer en Afrique �tait tr�s ancienne,
largement r�pandue et autochtone, il restait, par contre, � d�terminer
les foyers d�origine de cette m�tallurgie, leur datation exacte et les
hypoth�tiques routes du fer � travers le continent [22].
Toutes ces consid�rations n�emp�ch�rent nullement que
l�on continue � enseigner imperturbablement le trac� de la transmission
des techniques du fer depuis l�Afrique du Nord jusqu�au Soudan
occidental � travers le Sahara. On oublia m�me que c��tait Henri Lhote
qui d�couvrit les caract�res original et autochtone de l�industrie du
fer en Afrique occidentale.
2. Les
confirmations de l'invention autochtone
de la
m�tallurgie du fer
Malgr� l�accumulation des datations, lente il est vrai,
il faudra attendre le premier colloque international de l�arch�ologie du
Cameroun tenu � Yaound� du 6 au 9 janvier 1986, et dont les actes
viennent d��tre publi�s [23], pour trouver enfin la phrase
suivante :
"De longues et st�riles querelles ont conduit certains
chercheurs � s�opposer aux r�sultats �vidents des recherches
arch�ologiques. La cause semble bien, aujourd�hui, entendue. Les
fondeurs �taient des Noirs..." [24].
Encore l�auteur fait-il allusion, ici, surtout au cuivre.
A propos, d�une industrie microlithique du nord-est du
Za�re, le pr�historien belge F. Van Noten a �crit [25] : "L�industrie
d�Ishango a �t� dat�e de 21 000 +/- 500 BP soit 19 000 BC, ce qui avait
paru trop vieux... Mais vu les dates obtenues � Matupi, ce r�sultat
semble aujourd�hui moins improbable". Voil� comment ont �t� �cart�s,
syst�matiquement, des faits et des dates qui ne cadraient pas avec la
vision qu�on a des choses. En 1984, dans leur important ouvrage "La
datation du pass�, la mesure du temps en arch�ologie"[26], R.
P. Giot et L. Langou�t sp�cifient que, contrairement � ce qu�on dit,
une seule date est d�j� une indication (mais qui n�cessite
confirmation), et que la qualit� de
l��chantillon, � tous points de vue, est l��l�ment essentiel.
Il faut souligner le fait que les d�p�ts de Nok ont
fourni des haches en fer "encore de la forme grossi�re de la pierre"[27].
D�o� l�appellation de civilisations "sid�ro-lithiques" que W. Fagg donne
� ces cultures qui passent directement de la pierre au fer et continuent
de d�velopper parall�lement ces deux industries.
D�autre part, en 1976, C.A. Diop commentait les datations
de Nok de la mani�re suivante :
"Des figurines de Nok trouv�es en place, � 12 m de
profondeur avec des scories, des tuy�res, ont pu �tre dat�es au 14C
gr�ce � des brindilles de bois carbonis� associ�es. Les �ges obtenus
sont les suivants : 3500 BC, 2000 BC, 900 BC. Ces dates sont peut-�tre
excessives pour l��ge du fer en Afrique, mais aucun des arguments
avanc�s pour les rejeter n�est scientifiquement valable, ou consistant.
Il convient donc de les prendre en consid�ration, sous r�serve que
d�autres faits viennent les confirmer ou les infirmer.

Fagg a omis de fournir un sch�ma intelligible de la mise
en place, par alluvionnement des brindilles (mat�riaux polluants) ; on
remarquera qu'il est impossible d'atteindre la zone (suppos�e) de
provenance des brindilles, en amont, sans arracher auparavant d'autres
brindilles contemporaines du ravinement, c'est-�-dire de l'�ge
conventionnel du fer (500 BC), et que l'on aurait d� trouver associ�es
avec les premi�res d'�ge plus ancien : ce qui n'est pas le cas.
L'id�e de Fagg, selon laquelle la m�thode du 14C n'�tait
pas encore au point au moment o� les dates ont �t� effectu�es, est
fausse et ne doit pas �tre retenue.
Le diagramme d'interpr�tation ci-dessus correspondrait, �
peu pr�s, � l'id�e que les inventeurs des dates se font de la mise en
place des mat�riaux, ainsi que cela a sembl� ressortir de la
conversation que j'ai eue avec le professeur Th. Shaw � ce sujet lors du
congr�s de l'U.I.S.P.P. en septembre 1976 � Nice.
Or, la fouille d�un tumulus au S�n�gal � 25 km de Kaolack
(Ndalane) a r�v�l� des faits qui ont �t� jug�s aberrants par leur
inventeur G. Thilmans, IFAN, Dakar [cf. C. A. Diop, "Datations par la
m�thode du radiocarbone, s�rie III", Bulletin de l�IFAN, t. XXXIV, s�rie
B, n� 4, 1972, pp. 678-701. Voir p. 690 DaK-110 et DaK-111.].
La datation crois�e par Dakar et Gif-sur-Yvette, dans des
conditions choisies par l�inventeur, de charbons recueillis en place, �
330 cm de profondeur, a donn� les r�sultats suivants :
DaK-110 = 4811 +/- 137 BP soit 2861 +/- 137 BC
GIF-2508 = 4770 +/- 115 BP soit 2820 +/- 115 BC
r�sultats d�autant plus significatifs si l�on sait que
Mme Delibrias, � Gif, n��tait pas au courant des valeurs que j�avais
obtenues.
Or, il importe de souligner que l�on a extrait de ce
tumulus tout un outillage en fer et en cuivre associ� � un N�olithique
finissant, de tradition capsienne. La difficult� vient du fait, qu�au
premier abord, on n�oserait pas faire remonter ce mat�riel � une �poque
aussi lointaine.
Bien que la m�thode de datation par la thermoluminescence
soit encore semi-empirique [28],
il serait int�ressant de l�utiliser pour tester les tuy�res de Nok et la
poterie du tumulus de Ndalane ; cela permettrait de trancher rapidement
la question.
Enfin, des datations que nous avons �tablies pour M.
ROSET, h�las dans de tr�s mauvaises conditions de pr�l�vement, que
celui-ci avoue, si elles sont confirm�es, feront passer l��ge du fer au
Sud-Sahara du 5e si�cle avant J.C. au 10e avant J.C. "massif du Termit".
DaK-145 = 2628 +/- 120 BP soit 678 BC
DaK-147 = 2924 +/- 120 BP soit 974 BC
DaK-148 = 1747 +/- 110 BP soit 203 apr�s J.C.
Les faits ci-dessus indiquent que nous allons peut-�tre
vers une remise en cause de l��ge du fer en Afrique noire.
[29] "
Depuis lors, de nouvelles recherches ont �t� men�es dans
diff�rentes r�gions et d�autres dates fournies.
En fait, dans l�ouest de la r�gion m�me de la culture de
Nok, � Taruga, des datations suppl�mentaires ont �t� obtenues, la plus
ancienne remontant au 9e si�cle BC [30]. Au nord de cette r�gion,
dans le district du massif de Termit, Niger oriental, l�abondance des
vestiges d�une m�tallurgie ancienne du fer (fourneaux, scories,
creusets, objets divers) permit � J. P. Roset et G. Qu�chon de faire
dater quatre �chantillons de charbons au laboratoire de l�IFAN � Dakar
(C.A. Diop), nous venons de le voir. Ils publi�rent les r�sultats en
1974 dans les cahiers de l�ORSTOM [31]. La date la plus ancienne
faisait remonter � 974 BC environ l��ge du fer dans le secteur ouest du
massif de Termit [32]. Ce que d�aucuns jug�rent peu plausible.
Mais � la suite de nouvelles fouilles effectu�es par G. Qu�chon,
d�autres datations ont �t� fournies par deux laboratoires des
Universit�s de Paris (J. Ch. Fontes et J. F. Sali�ge). De nouveau, on
constate non seulement qu�elles confirment les pr�c�dentes, mais
qu�elles situent l�Age du fer dans le 2 e
mill�naire BC, avant 1350 [33]. De telles dates excluent, bien
�videmment, la pr�tendue origine nord-africaine de la m�tallurgie du fer
en Afrique subsaharienne occidentale et confirment la justesse du
raisonnement de H. Lhote sur cette question.
Tout cela n�emp�che malheureusement pas C.
Coquery-Vidrovitch d��crire encore en 1993 que la civilisation de Nok
aurait appris la technologie du fer "� partir d�influences
carthaginoises", par l�interm�diaire du Sahara central [34],
�nonc� plus confirm� qu�infirm� par la phrase suivante, � propos de la
m�tallurgie de l�Afrique occidentale :
"les dates et le style des fours �tant plus anciens
que l�industrie du fer de M�ro�, on en a conclu que la technologie �tait
soit autochtone, soit, plus probablement, diffus�e � partir de
l�Afrique du Nord punique" [35]. (Soulign� par nous).
En outre, dans le Journal des Africanistes (62, 2,
1992 : pp. 55-68), en association avec F. Paris, A. Person et J.F.
Sali�ge, G�rard Qu�chon �crit :
" � dans la r�gion d�Egaro (Ouest de Termit), deux
poteries provenant de sites qui ont livr� des objets en fer, ont fourni
des dates encore plus anciennes : 2520 et 1675 BC et m�me
2900-2300 BC d�autre part. Ces dates ont �t� obtenues dans de
bonnes conditions de fiabilit�, en laboratoire (S ali�ge,
Lodyc, Univ. P. et M. Curie) comme sur le terrain (mission Paris
et Qu�chon, 1986)".
(Soulign� par nous).
" La probabilit� que l��ge calibr� soit
situ� dans cet intervalle de temps est de 95% (intervalle de confiance
2a). La table de calibration utilis�e est celle de Klein
et al. 1982"[36].
Certes les auteurs publient ces deux dates
"avec toutes les r�serves d�usage" et "en attendant confirmation par
d�autres r�sultats", mais le rapprochement avec la date obtenue �
Ndalane (S�n�gal) s�impose (cf. ci-dessus publication C. A. Diop,
in Notes africaines, n�152, octobre 1976, IFAN, Dakar),
ainsi qu�un r�examen des couches inf�rieures de Nok et des sites
environnants.

Figure 2 :
Localisation des sites dat�s les plus anciens de l'�ge du fer en Afrique
(entre 900 BC et 2900
BC).
Dans l�ouvrage, par
ailleurs clair, pr�cis et bien document� de Marianne Cornevin, qui
restitue habituellement l�historique des recherches, l�argumentation
pertinente de H. Lhote (1952) est totalement pass�e sous silence ainsi
d'ailleurs que l'article de C. A. DIOP, ci-dessus cit� (1976) et le mien
(1968). La suggestion d�une invention ind�pendante de la m�tallurgie du
fer au sud du Sahara et la mise en doute de la "th�orie carthaginoise" y
sont pr�sent�es comme datant de 1985, avec un article de D. W.
Phillipson dans African Archaeology ! (p. 119).
Dans sa contribution � M�tallurgies
Africaines [37], intitul�e "Les m�tallurgies du cuivre et
du fer autour d�Agadez...", D. Grebenart indique que l��ge du fer
ancien est repr�sent� par une quarantaine de sites implant�s au sud de
la falaise de Tigidit (p. 114). "Il commence � partir de 500 BC
environ et semble avoir eu une origine m�ridionale" (p. 110)
(soulign� par nous). Depuis, il a trouv� des dates plus anciennes (9e
si�cle).
Dans le Nord-Cameroun, A. Marliac a obtenu
un �ge du fer � 700 BC, couche plancher [38]. Il faudrait pouvoir
creuser plus profond�ment. Au Gabon, l��ge du fer d�bute vers 600 BC
[39], ou m�me peut-�tre plus t�t.
|
Dates calibr�es |
|
N� de labo |
Date BP |
av. et ap. JC |
Sites |
Associations |
|
Beta 14834
Gif 7130
Gif 7774
Beta 15067
Beta 15063 |
2640 +/- 70
2400 +/- 50
2310 +/- 70
2260 +/- 120
2130 +/- 110 |
-961 / -559
-752 / -401
-736 / -203
-740 / -38
-390
/ +72 |
Otoumbi 2a
Otoumbi 2a
Lop� 10
Otoumbi 5
Lop� 4 |
Four
Four
Four
C�ramique, scories
Four |
Tableau :
Mesures radiom�triques des stades n�olithiques et Age du Fer Ancien de
la moyenne vall�e de l�Ogou�. Extrait de The African
Archaeological Review, 10, 1992, Richard Oslisly et Bernard Peyrot,
"L�arriv�e des premiers m�tallurgistes sur l�Ogou�, Gabon".
"Au Gabon dans la moyenne vall�e de l�Ogou�, d�s ca
2600 BP, des fondeurs sont pr�sents mais de mani�re ponctuelle et isol�e
sur les sites d�Otoumbi 2 (2 640 +/- 70 et 2 400 +/- 50 BP) et de Lop�
10 (2 310 +/- 70 BP) ; ils ne laissent curieusement aucun vestige de
c�ramique (O slisly
1992a). Plus tard des fondeurs apparaissent � Moanda dans le Haut Ogou�
ca 2300 - 2100 BP (Schmidt et al. 1985), pr�s d�Oyem ca 2280 BP (Clist
1989) et dans l�est du pays � Makokou ca 2150 BP (Peyrot et Oslisly
1987)".
Les auteurs indiquent �galement que :
"sur les rives de la moyenne vall�e de l�Ogou�, c�est
vers 2300 - 2200 BP que l�on assiste � une nette expansion des fondeurs
de tradition Okandienne identifi�e sur les sites d�Otoumbi 5 (2 260 +/-
120 BP) et Okanda 2 (2110 +/- 70 BP), qui vont largement dominer
l�espace des enclaves savanicoles de la r�serve de Lop� / Okanda (sites
d�Okanda et Lindili) jusqu�� ca 1 900 - 1 800 BP".
Si nous nous portons en Afrique centre-orientale ou "interlacustre",
les travaux de Marie Claude Van Grunderbeek, �mile Roche et Hugues
DOUTRELEPONT y ont r�v�l� "des traces tr�s anciennes" de la m�tallurgie
du fer [40]. Les dates obtenues au Burundi (ca 1 230 BC au
site de Rwiyange I, ca 1 210 BC, au site de Mubuga V) sont mises
en parall�le avec les datations se rapportant aux sites bordant le lac
Victoria : ca 1470, ca 1250 et ca 1080 BC (�
Katuruka, rive sud du lac). Autrement dit, c�est au 13e si�cle BC et
peut-�tre au 15e que l��ge du fer est attest� dans cette r�gion. D�o� la
conclusion des auteurs :
"Au vu de la grande anciennet� de certaines datations,
les hypoth�ses �mises quant � la diffusion de la technologie du fer en
Afrique interlacustre m�riteraient d��tre reconsid�r�es".
Contrairement aux th�ories soutenues par M. Guthrie et
J.H. Greenberg (et g�n�ralement admises), F. Van Noten pense que la
connaissance du travail du fer n�est pas li�e � une "expansion Bantu",
car :
"On constate, en comparant, dans les langues bantu,
les termes en rapport avec la m�tallurgie, qu�il existe une grande
diversit� pour des termes importants du vocabulaire de la forge".
[41]
"Cependant,
poursuit-il, quelques reconstructions font penser � un usage du fer au
niveau du proto-bantu, tels forges, marteau et soufflet... Enfin,
d�autres termes de la m�tallurgie paraissent avoir une origine identique
dans les langues bantu et non bantu... il est difficile d�admettre que,
si les "Bantu" travaillaient le fer avant leur expansion, nous n�en
trouvions pas de traces linguistiques �videntes".
"En l�absence
d��criture, l�arch�ologie ne permet pas d��tablir de corr�lations
directes entre les documents de l��ge du fer et la notion linguistique
de bantu "[42].
Th. Obenga
[43] rappelle que maints peuples africains d�signent le fer "par la
m�me m�taphore que les clans �gyptiens" : m�tal du ciel. Ce qui repose,
en m�me temps, la question de l�origine du fer en �gypte pharaonique et
en Nubie, par rapport au fer de l�Afrique orientale, centrale et
occidentale. A ce sujet,
C.A. Diop �crivait :
"L�usage
du fer de minerai, par opposition au fer m�t�orique, est attest� en 2
600 avant J.C. en �gypte, par plusieurs sp�cimens de fer doux
[44]; on n�a jamais tir� les cons�quences de cette importante
d�couverte. Or, la fonte est un alliage de fer et de carbone contenant
environ 6 % de carbone ; c�est pour cela qu�elle est cassante. Le fer
doux, ou pur, est th�oriquement exempt de carbone, ce qui explique sa
mall�abilit�. On passe de la fonte au fer doux par �limination
progressive du carbone contenu dans l�alliage sp�cial qu�est la fonte ;
au cours de cette op�ration de r�duction du carbone, on passe par toutes
les concentrations interm�diaires de carbone dans le fer, correspondant
aux diff�rentes vari�t�s de fontes, puis d�acier : l�acier n��tant
lui-m�me qu�un alliage de fer et de carbone contenant moins de 0,85 % de
carbone" [45].
"Donc, qui
a fabriqu� du fer doux est pass� par l�acier ; tel �tait le cas des
�gyptiens des pyramides, tel est aussi le cas du forgeron de l�Afrique
noire. Il importe de distinguer deux types de forgerons :
a) Celui
qui produit la fonte � partir du haut fourneau et dont la t�che s�arr�te
l� ; il est le producteur du fer noir : wen bu nuul (en walaf)
[46]. C�est le forgeron m�tallurgiste.
b) Le
forgeron affineur qui, par un r�chauffage et un martelage appropri�s de
la fonte, r�duit le carbone jusqu�au taux voulu correspondant au type
d�acier ou de fer d�sir� ; son travail �quivaut � celui r�alis� dans un
convertisseur Bessemer, o� l�on r�duit la fonte en acier. L�acier ne
sort donc jamais d�un haut fourneau, ce serait trop beau ; il est
l��uvre du forgeron affineur.
"Ainsi,
compte tenu du processus de fabrication, il serait absurde de dire que
les Africains n�ont pas connu l�acier et qu�ils n�ont su fabriquer que
du fer doux ; qui peut le plus peut le moins ; celui qui a fabriqu� du
fer doux aurait pu s�arr�ter en cours de r�duction pour obtenir de
l�acier ; s�il a fabriqu� du fer "dur" ou de l�acier doux, c�est que les
usages domestiques l�exigeaient. La performance technique c�est donc
bien plus la fabrication du fer pur que celle de l�acier : aujourd�hui,
les sp�cialistes se perdent en conjectures devant les deux sp�cimens de
fer pur (d��poques plus r�centes que le fer des pyramides) trouv�s en
Inde et en Chine. Comment expliquer pour l��poque un tel pouvoir
r�ducteur qui donne du fer absolument pur ?
"A quelle
�poque remonte cet �ge du fer en Afrique ?"
Les �l�ments
r�unis semblent devoir conduire dans un tr�s proche avenir � remettre en
question l��ge du fer en Afrique noire.
La ma�trise
de la m�tallurgie du fer par les �gyptiens 2600 BC est attest�e ; �
l��poque, ce fer ne pouvait pas provenir de l�Orient, l��gypte n�ayant
pas de minerai de fer, celui-ci ne pouvait venir que de la Nubie et du
reste de l�Afrique Noire. D�s l�Ancien Empire, les �gyptiens avaient
l�habitude d�installer dans ces r�gions, en Nubie et au pays de Koush,
des factories pour traiter les mati�res premi�res extraites du sol sur
place. Ainsi fabriquait-on des meubles de luxe au c�ur de l�Afrique
noire. Le m�me proc�d� a d� �tre employ� pour le traitement du minerai
de fer � une �poque tr�s ancienne qui reste � d�terminer. Ce n�est que
lorsque les recherches seront plus avanc�es que l�on saura, de l��gypte
ou de l�Afrique int�rieure, qui a influenc� l�autre. Cela donne, � nos
yeux, un regain d�int�r�t � quelques d�couvertes importantes, mais dont
l�interpr�tation a �t� escamot�e (L epsius,
Denkm�ler aus Aegypten und Aethiopien, Dritte ABTEILUNG, BI 117)"
[47].
En ce qui concerne la Nubie, il faut distinguer la r�gion
nord, entre la premi�re et la quatri�me cataracte, et la r�gion situ�e
au sud de la cinqui�me cataracte. Dans la revue Mero�tic Studies,
Mero�tica 6, S. 17-18, Berlin 1982, Peter L. Shinnie et Fran�ois J.
Kense (Calgary) ont publi� un important article intitul� : "Mero�tic
Iron Working", qui indique que des objets en fer datant de la 18e
dynastie (1580-1320 BC), existaient sporadiquement en �gypte :
"They are not necessarily proof that iron was being
smelted in Egypt and it may have come from western Asia in lingot form
and have been forged into objects of use or ritual in Egypt",
notent-ils, sans imaginer qu'il pourrait aussi venir du
Soudan central (Termit). En Nubie "a few iron objects were founds in
royal tombs from at least the time of Taharqa" (p. 20), c�est � dire
d�but 7 e
si�cle BC
(r�gion de Napata, en aval de la quatri�me cataracte). A M�ro� (entre la
cinqui�me et la sixi�me cataracte)
"The earliest fragment of slag from iron smelting was
found in a level which carbon 14 dates suggest is to be dated somewhere
in the late sixth century BC".
Mais la technique r�v�l�e par les vestiges des fourneaux
et soufflets est diff�rente de celle qui �tait pratiqu�e en �gypte. Sauf
� trouver sur des sites non encore explor�s, ou en profondeur, des
vestiges plus anciens de la m�tallurgie du fer en Nubie, dans l��tat
actuel des recherches, M�ro� ne peut plus �tre consid�r�e comme un
centre possible de diffusion du fer � travers l�Afrique, puisqu�en
Afrique occidentale et en Afrique orientale interlacustre, la pr�sence
du fer est attest�e entre le
13e et le 15e
si�cle BC, soit six � sept cents ans avant qu�elle ne le soit en Nubie,
sans m�me �voquer les sites de Nok, Ndalane et les dates les plus
anciennes du massif de Termit (3e
mill�naire BC). En fait, chaque r�gion a des types particuliers de
fourneaux et de soufflets (cf. annexe). Cependant, dans les
premiers si�cles de notre �re, ceux de M�ro� sont, selon R. F. Tylecote
(London), apparent�s aux fourneaux romains [48]. Mais, lors d�une
r�cente soutenance de th�se consacr�e � des fourneaux centrafricains, il
a �t� observ� que les forgerons fondeurs modifiaient leurs fours et
leurs proc�d�s selon les n�cessit�s et les circonstances (qualit� et
nature du minerai, usage auquel la mati�re � sortir du fourneau est
destin�e�). Dans ces conditions, il para�t difficile d��tablir une
typologie serr�e des fourneaux. Parent�s et diff�rences changent alors
de signification. Les crit�res de classification sont de ce fait tr�s
complexes.
Nous ne savons toujours pas o� la m�tallurgie du fer a
d�but� en Afrique. Mais sa technique a pu se r�pandre de proche en
proche, sans d�placement massif de peuples.
S. Lwanga-Lunyiigo (Ouganda), co-auteur du chapitre 6 du
vol. III de l�Histoire g�n�rale de l�Afrique (Unesco 1990),
expose son opinion en ces termes (pp. 186-187) :
"En appuyant mes conclusions sur
des preuves arch�ologiques, j�ai r�cemment �mis l�hypoth�se que les
populations de langues bantu occupaient depuis des temps tr�s anciens
une large bande de territoire allant de la r�gion des Grands Lacs
d�Afrique orientale au littoral atlantique du Za�re, et que leur
pr�tendue migration depuis l�Afrique occidentale vers l�Afrique
centrale, orientale et m�ridionale n�avait jamais eu lieu.
Les faits connus indiquent que des peuples de type
physique n�gro�de occupaient l�Afrique subsaharienne depuis l��ge de
pierre moyen et que les populations de langues bantu descendent de cette
souche n�gro�de. Il se peut que les langues bantu se soient d�velopp�es
sous l�effet de l�interaction de diverses collectivit�s noires
primitives, se faisant des emprunts mutuels qui ont abouti �
l�apparition de nouvelles langues bantu � partir de ces amalgames
linguistiques vari�s. Cela n��limine pas, assur�ment, le facteur
g�n�tique tendant � d�montrer l�origine unique des populations de
langues connexes, mais on doit souligner que le facteur g�n�tique avanc�
par les linguistes pour expliquer l�origine ou les origines des Bantu
n�est en aucune fa�on exclusif.
Les vestiges arch�ologiques t�moignent de la pr�sence en
Afrique subsaharienne de plusieurs zones d��tablissements noirs
primitifs� En Afrique de l�Ouest, la preuve la plus ancienne de la
pr�sence noire vient d�Iwo Eleru au Nig�ria occidental, o� a �t� exhum�
un cr�ne "proto-noir" remontant au d�but du 10e mill�naire (�9250) avant
l��re chr�tienne...".
Je partage ce raisonnement. Il est d�ailleurs corrobor�
par les consid�rations linguistiques de F. Van Noten et de Th. Obenga,
expos�es ci-dessus.
En Zambie, le fer est pr�sent au moins au d�but de l��re
chr�tienne. En Afrique du Sud (rive m�ridionale du Limpopo) la
m�tallurgie du fer est attest�e au 3e si�cle AD.
La pr�sence m�me de cette industrie du fer qui se
d�veloppe, en Afrique subsaharienne, parall�lement � celle de la pierre
et des autres m�taux (cuivre, or, �tain, bronze,...) implique, notons-le
au passage, une population relativement nombreuse. Le commerce existait
d�j� en Afrique noire � cette haute �poque (cf. les exp�ditions du chef
de caravane �gyptien Herkouf, d�j� mentionn�es � la fin de la IV e
dynastie, vers 2400 BC). De plus, "un certain nombre d�objets trouv�s
en fouilles montrent que, d�s l��ge du fer ancien, il existait de vastes
r�seaux d��change" [49]. F. Van Noten observe que ce commerce
devait �tre "principalement limit�" aux zones proches des grands
fleuves, car les sites �loign�s des axes fluviaux ou de la r�gion
interlacustre fournissent fort peu d�objets import�s.
3. Conclusion
Depuis une trentaine d'ann�es, plusieurs dates
particuli�rement importantes ont �t� acquises qui permettent de pr�ciser
tr�s notablement l'anciennet� de la m�tallurgie du fer en Afrique noire.
Le point de nos connaissances sur le d�but de l'�ge du fer en Afrique se
pr�sente comme suit :
1. Une m�tallurgie du
fer certaine entre le 13e et le 15e si�cle BC
- d'une part dans la r�gion du massif de
Termit (entre le lac Tchad et l'A�r)
- d'autre part, � l'ouest du lac
Victoria-Nyanza et sur sa rive sud.
Cette m�tallurgie est donc tr�s ant�rieure au
fer carthaginois, voire plus ancienne que le fer hittite ;
2. Des �chantillons de
fer doux, non m�t�orique, datent, en �gypte, de 2600 BC environ
(�poque des pyramides), alors que l'on ne trouve pas de mines de
fer en �gypte ;
3. Une probabilit� de
m�tallurgie du fer se situant entre 3000 et 2000 BC existe
a - dans la r�gion du massif de Termit
(Niger)
b - dans la r�gion de Kaolack (Ndalane) au
S�n�gal
c - dans la r�gion de Nok (Nig�ria) ;
4. Une industrie du fer
est attest�e � Taruga au 9e si�cle BC (r�gion de Nok) ;
5. Vers 700-600 BC, le
fer est �galement trait� d'une part au Cameroun et au Gabon,
d'autre part dans la r�gion du Nil moyen (Nubie). Il l'est aussi
pr�s d'Agad�s (bordure sud) � quelque 300 km � l'ouest du massif
de Termit. Des fouilles plus approfondies sont esp�r�es dans ces
diff�rents sites ;
6. Des r�seaux
d'�changes �tendus existaient au 3e mill�naire BC
(rappelons sur ce point les quatre exp�ditions conduites par
l'�gyptien Herkouf au 24e si�cle BC) � ce qui rend
possible un commerce du fer entre les diff�rentes r�gions de
l'Afrique. Les modes de d�signation du fer sont apparent�s dans
les langues soudanaises et bantoues et en �gyptien ancien. Le
fer a pu arriver en �gypte � partir du Soudan occidental et
central par l'Ennedi o� une attestation ancienne de lances a �t�
remarqu�e par P. HUARD (cf. ci-dessus). On ne peut donc formuler
aucune conclusion s�re � cet �gard actuellement. Seule la
multiplication des fouilles et des datations permettra d'en
savoir plus, quoique la vitesse de disparition du fer sous les
climats chauds et humides emp�che probablement de d�couvrir
exactement ce qu'il en a �t� dans bien des cas. Cependant, les
vestiges de poteries associ�es, de fourneaux et de tuy�res,
datables par la thermoluminescence, devraient fournir
prochainement une nouvelle moisson de dates significatives. Il
faudrait notamment dater les mines de Telenugar (Tchad) et
entreprendre des investigations dans la r�gion du Fertit
(nord-est de la R�publique Centrafricaine).
Puisse cette conclusion susciter des vocations, des
m�c�nats et l'organisation de nouvelles campagnes de fouilles.
Annexe :
Datation par le Carbone 14 (14C)
Deux ph�nom�nes
principaux sont � la base de cette m�thode qui est, de loin, la plus
utilis�e :
1 -
Le Carbone 14 contenu dans l'atmosph�re est absorb� par les organismes
vivants ;
2 -
Apr�s leur mort, la radioactivit� du Carbone 14 qu'ils ont fix� de leur
vivant, commence � d�cro�tre de fa�on r�guli�re et mesurable.
La radioactivit� du Carbone 14 diminue de
moiti� en 5730 ans � 40 ans. On dit que sa p�riode de
demi-d�sint�gration est de 5730 ans � 40 ans. La limite utile des
mesures est habituellement de l'ordre de 40 000 ans mais atteint 60 000
ans si les installations sont tr�s perfectionn�es. Cependant, la
concentration en Carbone 14 dans les organismes, durant leur vie, a
vari� avec l'intensit� des rayons cosmiques. On observe donc des
irr�gularit�s par rapport � la chronologie absolue, surtout entre 2500
et 1500 avant J.-C. D'o� la n�cessit� d'utiliser la dendrochronologie
pour corriger les �carts et calibrer les dates obtenues par le
radiocarbone. Des tables de correction ont �t� �tablies, faciles �
utiliser. Elles ont �t� contr�l�es et affin�es gr�ce au magn�tisme
thermor�manent et aux diff�rences saisonni�res dans les feuillets
s�dimentaires (varves) d�pos�s dans les lacs p�riglaciaires.
Le r�sultat des mesures est aussi affect�
par les fluctuations statistiques, comme dans toutes les mesures de
radioactivit�, car les impulsions (ou d�sint�grations) �mises par
l'�chantillon sont distribu�es au hasard du temps. Le r�sultat fourni
est donc une moyenne assortie des �carts �valu�s par des calculs
standardis�s.
Conventionnellement, les dates sont d'abord
donn�es "Before Present" (BP), c'est-�-dire avant
l'ann�e 1950, prise au d�part comme ann�e de r�f�rence. Selon
le nombre obtenu, ces dates sont donc soit "Before Christ" (BC,
avant J.-C.), soit AD, anno domini,
c'est-�-dire des ann�es du seigneur, autrement dit, de notre �re. Les
publications britanniques notent en lettres minuscules les dates non
corrig�es : b.p., b.c., a.d., et r�servent les majuscules pour
les dates corrig�es. Mais les conventions internationales s'en tiennent
aux majuscules pour les dates non corrig�es. Il faut alors utiliser les
tables de calibration 1, et savoir que les dates brutes, dites "conventionnelles",
sont bas�es sur l'ancienne estimation de la p�riode de
demi-d�sint�gration de Carbone 14 (demi-vie) : 5568 � 30 ans, au lieu de
5730 ans � 40 ans, de sorte que la date brute doit �tre multipli�e par
1.03. Ces dates sont g�n�ralement publi�es dans la revue Radiocarbon,
�dit�e par The American Journal of Science, (Yale University, New
Haven, Connecticut, USA). Mais certains laboratoires n�gligent
aujourd'hui d'envoyer leurs listes r�centes, ce qui est regrettable.
Les dates concernant l'Afrique sont souvent
publi�es par les inventeurs des �chantillons et des chercheurs dans les
diverses revues consacr�es � l'Afrique. Par convention internationale,
toute date radiocarbone brute est pr�c�d�e du sigle servant � d�signer
le laboratoire qui a effectu� la datation, et ce sigle est suivi du n�
d'ordre, dans ce laboratoire, de la dite date, c'est-�-dire de
l'�chantillon ; par exemple Gif- 5469, Dak-148.
Notes
1.
Ainsi que l'indique, par exemple, le r�cent ouvrage de T. SHAW, B.
SINCLAIR, B.W. ANDAH, A. OKPOPO, "Archaeology of Africa, Food, Metal
and Towns", dont le chapitre 17, r�dig� par Augustin HOLL,
s'intitule "The Transition from Late Stone Age to Iron Age in the
Sudan-Sahelian Zone : a case study from the Peri-chadian Plain".
2 .
H. LHOTE, "La connaissance du fer en Afrique occidentale", in
Encyclop�die mensuelle d'Outre Mer, 25 septembre 1952, pp.
269-272.
3 .
Cf. L. M. DIOP, "M�tallurgie traditionnelle et Age du fer en Afrique",
in Bulletin de l�IFAN, t. XXX, s�rie B, 1968, n� 1, pp.
10-38.
4 .
et quelques
dixi�mes, en fait (fouilles post�rieures).
5 .
MAUNY, "Histoire de m�taux en Afrique occidentale", in
Bulletin de l�IFAN, t. XIV, 1952, p. 578.
6 .
MAUNY, Encyclop�die d'Outremer, avril 1953, fasc. 32, p. 110 (fin
de l'article).
7 .
Mauny,
Bulletin de l'IFAN, t. XIV, 1952, p. 578.
8 .
Par exemple
Aoudaghost (en Mauritanie) sous l'empire de Ghana au 10e si�cle ;
Teghazza gouvern�e par le Mondzo (fonctionnaire songha�) du temps de
l'Askia Mohammed, au 16e si�cle.
9 .
Cit�s longuement par P. Huard, Bulletin de l�IFAN, juillet -
octobre 1964 (p. 376 en particulier).
10 .
Bulletin de l�IFAN, juillet - octobre 1964, s�rie B, p. 297 �
397 : "Nouvelle contribution � l'�tude du fer au Sahara et au Tchad".
11 .
Id., p. 371 : "parce que l'aire des sagaies, group�es dans
la m�me main s'�tend jusqu'au Nil dans les temps modernes, d'autre part
parce que le dictionnaire touareg du P. de Foucauld contient le terme
eskek�s pour d�signer une petite javeline particuli�re aux Teda.
Il aurait fallu que l'introduction pr�sum�e de l'arme libyco-berb�re ait
abouti � une transformation assez marqu�e pour appeler la cr�ation d'un
terme nouveau par ses initiateurs".
12 .
Id., p. 335.
13 .
Id. , p. 349 et 350.
14 .
Id., p. 356.
15 .
P. HUARD, op. cit., p. 390.
16 .
On sait que la civilisation yoruba pr�sente des analogies, presque
des similitudes saisissantes, avec la civilisation �gyptienne
pharaonique.
17 .
L.M. Diop, Bulletin de l�IFAN, t. XXX, B, 1968, n� 1, p. 31.
18 .
B. Davidson, op. cit., 1962, p. 146.
19 .
p. 386 du Bulletin de l�IFAN, juillet-octobre 1964.
20 .
A History of the Sudan from Earliest Times to 1821, by A. J.
Arkell, 1955, Londres, chap. III, p. 46.
21 .
Communication in Actes du Quatri�me Congr�s Panafricain de
Pr�histoire et d'�tude du Quaternaire, section III, Tervuren,
Belgique, 1962, pp. 381-387.
22 .
L. M. Diop, "M�tallurgie traditionnelle et �ge du fer en Afrique",
in Bulletin de l�IFAN, tome XXX, s�rie B, n�1, 1968, pp.
36-37.
23 .
J.M. Essomba, L�Arch�ologie au Cameroun, Karthala, 1992.
24 .
Communication de J. Devisse, p. 27. Voir aussi, 1993, Augustin Holl,
in The Archaeology of Africa, Food, Metals and Towns, T. Shaw, P.
Sinclair, B. Andah and A. Okpopo, ed. Routledge, London.
25 .
in Histoire G�n�rale de l�Afrique, vol. 2, p. 676.
26 .
Revue d�Arch�om�trie, Universit� de Rennes : GMPCA, 1984, p.
112
27 .
W. Fagg, Merveilles de l�art nig�rien, Paris, �ditions du
Ch�ne, 1963, p. 13.
28 .
en 1976
29 .
C.A. Diop, "L�usage du fer en Afrique", in Notes
africaines, n� 152, IFAN, Dakar, octobre 1976, pp. 94-95.
30 .
Cf. Vall�es du Niger, ouvrage collectif, Paris,
�dition de la R�union des Mus�es Nationaux, 1993, p. 73, 2e colonne et
p. 337, 1�re colonne, d�apr�s Bernard Fagg, 1969, "Recent work in
West Africa : New light on the Nok culture", World Archaeology,
n� 1, pp. 41-50.
31 .
Cahiers de l�ORSTOM, vol. XI de la s�rie sciences humaines,
n� 1, pp. 85-104.
32 .
Cf. C.A. Diop, Bulletin de l�IFAN, t. XXXIX, s�rie B, n� 3,
1977, p. 466 et t. XXXXIII, 1981, n� 1 et 2, p. 11.
33 .
G. Qu�chon, Communication au colloque de Maghnia (Alg�rie), "La fin
du n�olithique et les d�buts de la m�tallurgie dans le massif de Termit
(Niger)", � para�tre, cit� par M. Cornevin, 1993, et dans l'ouvrage
collectif Vall�es du Niger, Mus�es Nationaux de France, 1993, p.
73. Ce colloque tenu en d�cembre 1988 et dont on attend la publication
des Actes, traitait de l�homme et de l�environnement depuis 100
000 ans en Afrique du Nord et au Sahara. Je remercie vivement G. Qu�chon
d�avoir bien voulu me faire parvenir le texte de sa communication.
34 .
Histoire des villes d�Afrique noire des origines � la colonisation,
Albin Michel, 1993, p. 53.
35 .
Id., p. 61.
36 .
F. PARIS, A. PERSON, G. QU�CHON, J. F. SALI�GE, "Les d�buts de la
m�tallurgie au Niger septentrional, A�r, Azawagh, Ighazer, Termit",
in Journal des Africanistes, 62, 2 1992, pp. 55-68.
37 .
N. Echard, M�moires de la Soci�t� des Africanistes, n�9,
1983, Paris.
38 .
A. Marliac, L�Age du fer au Cameroun septentrional, 1988, a
et b, Paris, ORSTOM, et th�se.
39 .
Cf. le tableau des mesures radiom�triques effectu�es.
40 .
"L�Age du fer ancien au Rwanda et au Burundi. Arch�ologie et
environnement", in Journal des Africanistes, 52, 1982,
p. 54.
41 .
Hist. G�n. de l�Afrique, Unesco, vol. 2, p. 689.
42 .
Id., p. 688.
43 .
L�Afrique dans l�Antiquit�, Pr�sence Africaine, 1973, p. 34.
44 .
C. A. Diop (1973), "La m�tallurgie du fer sous l'ancien Empire
�gyptien", Bulletin de l�IFAN, tome XXXV, s�rie B, n� 3, pp.
532-547.
45 .
C. A. Diop, Notes africaines, n� 152, octobre 1976, Dakar,
IFAN, pp. 93-95.
46 .
En �gyptien ancien : bia kem = fer noir, "m�tal noir".
47 .
C. A. Diop, 1976, id.
48 .
"Metal Working at Meroe, Sudan", in Mero�tic Studies,
Meroitica 6, S. 29-42, Berlin 1982 et discussion pp. 43-49, sp�cialement
pp. 44 et 45.
49.
F. Van Noten, Histoire g�n�rale de l�Afrique, Paris, UNESCO, tome
2, p. 690. |