Alexandre Nozal
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(Ă 76Â ans) Paris |
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La Lande d'or (d) |
Alexandre Nozal, né à Auteuil le et mort le dans le 16e arrondissement de Paris, est un peintre français.
Biographie
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Enfance et formation
[modifier | modifier le code]Alexandre Victor Nozal naĂźt le Ă Auteuil, il est le dernier des quatre enfants d'un nĂ©gociant en bois et charbon Ă Paris qui le destine Ă rejoindre l'affaire familiale oĂč son frĂšre ainĂ© LĂ©on â qui sera connu comme ayant Ă©tĂ© le principal mĂ©cĂšne d'Hector Guimard â travaille dĂ©jĂ . Mais passionnĂ© par le dessin dĂšs son plus jeune Ăąge, Alexandre Nozal fugue Ă 17 ans, imaginant rejoindre l'AmĂ©rique avec un ami. Il se retrouve pourtant seul sur le quai au Havre. N'osant revenir, il vit quelque temps d'expĂ©dients, joue dans une troupe de théùtre, fait la plonge dans les bistrots du port.
C'est lĂ que sa famille le retrouve aprĂšs avoir fait parler l'ami qui avait fait faux bond. Son frĂšre LĂ©on envoyĂ© pour le ramener, revient convaincu de sa vocation et plaide sa cause auprĂšs de leur pĂšre qui inscrit alors Alexandre dans l'atelier du peintre Ăvariste-Vital Luminais. Celui-ci lui fait dĂ©couvrir la rĂ©gion de la Brenne et c'est un de ses paysages d'eau, un Ătang de la Brenne qui sera la premiĂšre piĂšce exposĂ©e par le peintre au Salon de Paris de 1876.
Une vie consacrée à la peinture
[modifier | modifier le code]Alexandre Nozal enverra ses Ćuvres au Salon dĂšs lors chaque annĂ©e jusqu'en 1928. Il complĂšte sa formation auprĂšs d'Henri Harpignies, rencontre Camille Corot, Ernest Renan, Guy de Maupassant qui Ă©crit Ă son propos : « [âŠ] Alexandre Nozal, un jeune peintre en train de devenir un grand peintre.(article du Gaulois, 20 aoĂ»t 1880) ». Il est membre de la SociĂ©tĂ© des artistes français, de la SociĂ©tĂ© des pastellistes français, prĂ©side la SociĂ©tĂ© des peintres de montagne de 1909 Ă 1929. Il est distinguĂ© plusieurs fois au Salon en 1881, 1882, 1883, 1890, obtient une mĂ©daille de bronze Ă l'Exposition universelle de 1889 et une mĂ©daille d'argent Ă celle de 1900, reçoit la LĂ©gion d'honneur pour son Ćuvre en 1895. Il vit de son travail mĂȘme si la succession consĂ©cutive au dĂ©cĂšs de sa mĂšre en 1907 lui apporte un surcroĂźt d'aisance financiĂšre. Il reçoit des commandes de l'Ătat dĂšs 1886.
Il enseigne également et a pour élÚve Henri Biva (1848-1928). Il rencontre une jeune élÚve, Jeanne Busquet (1863-1895) qu'il épouse en 1884, avec laquelle ils ont deux fils, Jacques (1885-1932) et Louis (1893-1968). Ils peignent volontiers ensemble en extérieur quand elle ne se consacre pas à des portraits. « Le vrai talent, c'est elle qui l'avait[réf. nécessaire] » disait-il volontiers. La mort de son épouse de la tuberculose en 1895 l'affecte beaucoup et il ne se remarie pas. La peinture l'accapare désormais totalement.
Il meurt le dans le 16e arrondissement de Paris[1].
Un peintre voyageur
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Alexandre Nozal ne s'est passionnĂ© que pour le paysage, bien que quelques portraits de jeunesse rĂ©vĂšlent un talent dans ce domaine. Il a sillonnĂ© inlassablement la France en vĂ©lo, fait de multiples randonnĂ©es en montagne, accompagnĂ© de carnets ou de son chevalet quand il stationnait quelque part. Il est souvent repassĂ© dans les lieux qu'il apprĂ©ciait Ă la recherche de lumiĂšres diffĂ©rentes, en toute saison et Ă toute heure, parfois mĂȘme la nuit pour saisir un clair de lune, annotant volontiers ses peintures pour tĂ©moigner du point de vue ou de l'heure de l'observation.
Il a menĂ© une carriĂšre solitaire, se tenant Ă l'Ă©cart des courants artistiques, mais par son apprentissage et la pratique sur le motif, la filiation avec l'Ă©cole de Barbizon est souvent retenue. Certains observateurs l'ont Ă©galement rapprochĂ© des naturalistes en particulier lorsqu'il saisit les scĂšnes de pĂȘche et d'Ă©chouage Ă Berck-sur-Mer. D'autres ont fait appel au fauvisme, ou encore au post-impressionnisme dans son traitement vibrant de l'eau et des ciels. Mais par son goĂ»t du voyage, du tĂ©moignage sur le vif, de l'authenticitĂ©, des bateaux et de la mer, on retrouve aussi l'esprit des peintres-voyageurs notamment Ă travers ses carnets de voyage.

Il adapta sa technique aux contraintes du dĂ©placement oĂč il faut Ćuvrer rapidement. Son support habituel Ă©tait le papier, spĂ©cifique pour l'aquarelle et le pastel, mais bien souvent pour la gouache de simples papiers d'emballage bruns dont il apprĂ©ciait la rĂ©sistance et la couleur. Les carnets de voyage sont exĂ©cutĂ©s au crayon ou Ă l'aquarelle, les peintures en extĂ©rieur sur chevalet au pastel ou Ă la gouache. Les huiles Ă©taient dĂ©veloppĂ©es l'hiver en atelier.
La construction la plus typique, toujours esquissée au crayon, présente un premier plan lumineux de graminées de sable ou d'eau, le sujet principal au second plan est décalé sur le cÎté pour laisser fuir le regard vers des reliefs lointains estompés par la distance. On y trouve généralement de menus personnages qui donnent l'ambiance et l'échelle du lieu, le tout dominé le plus souvent par un ciel agité que perce le soleil. Le réalisme évident de l'ensemble est cependant tempéré par l'analyse de détail qui révÚle des touches inventives, jouant avec maitrise des réserves du papier.
Distinction
[modifier | modifier le code]Alexandre Nozal est nommé chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur par décret du [2].
Ćuvres
[modifier | modifier le code]Peignant presque quotidiennement jusqu'Ă la fin de sa vie, Alexandre Nozal a laissĂ© une Ćuvre abondante. Certains endroits reviennent particuliĂšrement dans son travail.
L'ouest de Paris reprĂ©sente la moitiĂ© de ses peintures. Habitant la capitale quai de Passy puis quai d'Auteuil, il descendait facilement le cours de la Seine, rĂ©sidant souvent dans l'Eure prĂšs de Louviers chez sa belle-sĆur Louise Busquet-Poitevin. Il poussait encore rĂ©guliĂšrement jusqu'Ă la baie de Seine et Ătretat.
Ensuite, la Bretagne a Ă©tĂ© son pays d'adoption, plus particuliĂšrement Saint-Briac dont il fut une figure incontournable. Sa sĆur Marie y rĂ©sidait rĂ©guliĂšrement, et son fils Jacques s'y Ă©tait installĂ© en 1919 au retour de sa captivitĂ© en Allemagne en Ă©pousant la lithographe Julie Grandhomme.
Il dĂ©couvre Berck-sur-Mer en allant y faire soigner son fils Louis. Il a beaucoup peint les dunes et les bateaux de pĂȘche de la baie d'Authie, mais aussi Montreuil-sur-Mer, Ătaples, Le Touquet-Paris-Plage.
Le Berry lui fut rĂ©vĂ©lĂ© par son maitre Ăvariste-Vital Luminais, originaire de Nantes, qui possĂ©dait une maison Ă Douadic. Alexandre Nozal y fit des croquis d'apprentissage et retourna y peindre.
Le Midi l'attira aussi, avec des vues des salins de Palavas, de Saintes-Maries-de-la-Mer, la cÎte du Var, le massif de l'Esterel. Un voyage en Corse avec des amis en 1903 remplit un carnet de voyage et permis de développer quelques huiles a posteriori.
Il dĂ©couvrit les Alpes Ă bicyclette : le Jura, le DauphinĂ©, le Valais en Suisse. Mais aussi Ă travers des marches dans le massif des Ăcrins et dans celui de la Vanoise. Il sĂ©journa Ă Sisteron, dans la vallĂ©e du RhĂŽne de Condrieu au nord Ă Pont-Saint-Esprit au sud, avec des stations dans les gorges de l'ArdĂšche.
Il visita les PyrĂ©nĂ©es avec comme point d'ancrage BagnĂšres-de-Bigorre oĂč sa sĆur HĂ©lĂšne vivant Ă Pau finit par s'installer. il randonna en montagne, le long du Gave de Pau, dans le Haut-Languedoc.
L'Algérie fit l'objet d'un voyage en 1884. Il en rapporta un carnet de dessins dont il extrapola quelques peintures.
L'Antarctique fut le prétexte à quelques travaux d'imagination inspirés des plaques photographiques que son fils Jacques y avait réalisées pendant la campagne d'hivernage du Pourquoi Pas ? en 1908-1910.
De son vivant, ses tableaux ont fait l'objet de commandes de l'Ătat et de ventes en galerie[3].
AprĂšs sa mort en 1929, une vente Ă l'hĂŽtel Drouot Ă Paris mit 133 tableaux aux enchĂšres. Des galeristes l'ont mis Ă l'honneur Ă Honfleur et Ă Saint-Briac.
Une exposition rĂ©trospective de ses Ćuvres a eu lieu en 1972 Ă Beauvais au musĂ©e dĂ©partemental de l'Oise, qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© d'un prĂȘt des hĂ©ritiers Nozal.
D'autres expositions ont eu lieu Ă Saint-Briac, Dinard, Vernon et Montreuil.
Ćuvres dans les collections publiques
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Ses Ćuvres sont conservĂ©es aux musĂ©es de Saint-Malo, Caen, Dieppe, Bourges, ChĂąlons-en-Champagne, Gray, Montpellier, Louviers, Pontoise, Ă Montreuil au musĂ©e d'Art et d'Histoire Roger-RodiĂšre, Ă Paris au Petit Palais et au musĂ©e Carnavalet, ainsi qu'au palais des Beaux-Arts de Lille.
- Beauvais, musée départemental de l'Oise.
- Brest, musée des Beaux-Arts de Brest[4] :
- Moulin breton, huile sur toile, 41 Ă 24 cm ;
- Ăpaves ensablĂ©es, huile sur toile, 33 Ă 46 cm ;
- L'Avant-port de Concarneau, huile sur toile, 33 Ă 55 cm ;
- Concarneau, les thoniers vus du Rouz, toile marouflĂ©e sur toile, 27 Ă 46 cm ;
- Concarneau, vaches au Rouz, huile sur toile, 27 Ă 46 cm ;
- Concarneau, la ville clos vue du Passage, huile sur toile, 27Â ĂÂ 46Â cm.
- Gray (Haute-SaĂŽne), musĂ©e Baron-Martin : Ătretat : les champs Ă l'Ă©poque des rĂ©coltes, huile sur toile, 100 Ă 150 cm.
- Lille, Palais des Beaux-Arts de Lille.
- Paris :
- musée Carnavalet.
- Petit Palais : L'Embùcle de la Seine entre AsniÚres et Courbevoie, 1891, pastel.
ĂlĂšves
[modifier | modifier le code]- Henri Biva (1848-1928).
- Florence Esté (1859-1926)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â « acte de dĂ©cĂšs n°314 d'Alexandre Victor Nozal », sur Archives de Paris (consultĂ© le ), p. 2.
- â « Dossier LĂ©gion d'honneur », sur Leonore sur culture.gouv.fr (consultĂ© le ).
- â Notamment Ă l'International Art Gallery, 1 rue de Berri Ă Paris en 1910.
- â Renaissance du MusĂ©e de Brest, acquisitions rĂ©centes : [exposition], MusĂ©e du Louvre, Aile de Flore, DĂ©partement des Peintures, 25 octobre 1974-27 janvier 1975, Paris, , 80 p..
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Pierre Cabannes et GĂ©rald Schurr, Dictionnaire des Petits Maitres de la Peinture, Ăditions de l'Amateur, 2003.
- Jacqueline Duroc, Alexandre Nozal, Peintre de nos paysages, Saint-Briac-sur-mer, 2004.
- LĂ©o et Madeleine Kerlo, Saint-Briac peint par Alexandre Nozal, Ăditions Le Vieux Moulin, 1992.
- LĂ©o Kerlo et Jacqueline Duroc, Peintres des Cotes de Bretagnes, tomes 1 Ă 5, Ăditions du Chasse-MarĂ©e, 2004-2005.
- Henri Belbeoch, Les peintres de Concarneau, Ăditions du Chasse-MarĂ©e, 1991 (ISBN 2-9504685-5-1).
- Jean Bridenne, Les peintres de Berck, Editions du Chasse-Marée, 1990.
- Michel Boudard, Alexandre Nozal, le peintre de Saint-Briac, Association Histoire et Patrimoine du pays de Dinard-Rance-Emeraude, 2017.
- René Le Bihan, « Alexandre ou la mémoire perdue », Ar Men, n° 66, .
- Bruno Montamat et Jean-Pierre Raffin, Les Nozal, mécÚnes d'Hector Guimard [archive], revue Histoire de l'art, n°88/2021 .
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la recherche :
- Ressource relative à la vie publique :
- « Alexandre Nozal » dans la base Joconde.
- Peintre français du XIXe siÚcle
- Peintre français du XXe siÚcle
- Peintre postimpressionniste français
- Peintre de montagne
- Ăcole de Berck
- Enseignant Ă l'Ăcole nationale supĂ©rieure des beaux-arts
- Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1895
- Naissance en août 1852
- Naissance dans le département de la Seine
- DécÚs en janvier 1929
- DécÚs dans le 16e arrondissement de Paris
- DécÚs à 76 ans
