Allergie médicamenteuse
Une allergie médicamenteuse est une allergie à une substance, souvent à un médicament, et est une forme d'effet indésirable. La suspicion d'une réaction allergique nécessite une intervention médicale immédiate.
Une réaction allergique ne survient pas lors de la première exposition à une substance: au premier contact, le corps produit des anticorps et des lymphocytes mémoires pour l'antigène, ce qui peut mener à une sensibilisation et provoquer une réaction allergique ultérieure. Cependant, certains médicaments peuvent contenir des substances, telles que des colorants, auxquelles le patient pourrait déjà être sensibilisé, provoquant alors une réaction allergique à la première prise du médicament.
Une allergie médicamenteuse est différente d'une intolérance médicamenteuse. Une intolérance, souvent une réaction légère, non liée à la médiation immunitaire, ne dépend pas d'une précédente exposition.
Symptômes et signes
[modifier | modifier le code]Les symptômes d'une réaction hypersensible à une substance peuvent ressembler à ceux des effets indésirables non allergiques.
Les symptômes fréquents incluent[1] :
- Urticaire
- Démangeaisons
- Éruption cutanée
- Fièvre
- Œdème facial
- Dyspnée, à cause de la constriction temporaire des voies respiratoires ou des dommages à long terme sur le tissu pulmonaire
- Choc anaphylactique, une réaction allergique potentielle fatale (produisant la plupart des symptômes cités, en plus d'une baisse de la tension artérielle)
- Symptômes cardiaques tels que des douleurs thoraciques, un essoufflement, des palpitations, des vertiges ou une syncope (pour un rare cas de réaction, la myocardite éosinophilique)
Causes
[modifier | modifier le code]Certaines catégories de médicaments ont des taux de réactions médicamenteuses plus élevés que d'autres. Ces groupes incluent: les antiépileptiques, les antibiotiques, les antirétroviraux, les AINS, et les anesthésiants généraux et locaux[2].
Facteurs de risque
[modifier | modifier le code]Les facteurs de risque des allergies médicamenteuses peuvent être attribués à la substance elle même ou aux spécificités du patient.
Les facteurs relatifs à la substance incluent la dose, le mode d'administration, la durée du traitement, l'exposition répétée au produit, et les interactions avec des pathologiques adjacentes.
Les facteurs relatifs au profil du patient incluent l'âge, le sexe, l'atopie, les polymorphismes génétiques spécifiques, et la prédisposition aux réactions médicamenteuse à diverses substances (syndrome d'allergie médicamenteuse multiple)[3]. Le développement d'une allergie médicamenteuse est plus probable avec des doses élevées et des périodes d'exposition continues[réf. nécessaire].
Les personnes atteintes de pathologies auto-immunes, comme le VIH et la mucoviscidose[2], d'une infection au EBV, au cytomégalovirus ou à l'herpès de type 6[4], sont plus sujettes aux réactions hypersensibles à une substance[2]. Ces pathologies abaissent le seuil de stimulation des lymphocytes T[4].
Mécanismes
[modifier | modifier le code]Il existe deux mécanismes pour qu'une allergie médicamenteuse survienne: allergie avec médiation IgE ou sans médiation IgE.
Lors d'une réaction IgE-médiée, aussi connue sous le nom d'allergie induite par les IgE, les allergènes de la substance se lient aux anticorps IgE, qui sont attachés aux mastocytes et aux basophiles. S'ensuit une réticulation, une activation cellulaire et une libération de nouveaux médiateurs chimiques[5].
La plupart des substances ne provoquent pas de réactions d'elles mêmes, mais par la production d'haptènes[2].
Types
[modifier | modifier le code]De façon générale, les allergies médicamenteuses ou hypersensibilités médicamenteuses peuvent être divisées en deux types : les réactions immédiates et les réactions différées/tardives.
Les réactions immédiates surviennent dans l'heure suivant l'exposition et sont induites par les IgE, tandis que les réactions différées peuvent apparaître des heures, voire des semaines après l'exposition, et sont induites par les lymphocytes T.
Le premier type est majoritairement induit par les IgE, le second est spécifiquement induit par les lymphocytes T.[2]
Gestion
[modifier | modifier le code]La prise en charge d'une allergie médicamenteuse consiste principalement en l'arrêt ou l'évitement de la substance concernée[6].
Les soins sont majoritairement à visée symptomatique ou de support[6]. Le traitement peut comprendre des corticostéroïdes topiques et des antihistaminiques oraux pour les symptômes cutanés, tels que l'urticaire et les démangeaisons[6]. Les réactions modérées peuvent être contrôlées avec des antihistaminiques seulement. Toutefois, les antihistaminiques ne peuvent pas inhiber l'histamine active déjà été libérée des mastocytes[7] Pour les allergies médicamenteuses sévères, des corticostéroïdes peuvent être administrés par voie orale ou intraveineuse[6].
Les corticostéroïdes sont limités par leur délai d'action, qui est de plus de 45min, car ils agissent par régulation de l'expression du gène[7]. Si un choc anaphylactique survient, de l'épinéphrine injectable est requise[6],[8].
Si une personne est allergique à une substance n'ayant pas d'alternative connue, une désensibilisation à cette dernière peut être envisagée. Pour ce faire, la substance est administrée à très petites doses afin de développer une tolérance à l'allergie médicamenteuse[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « Drug allergy - Symptoms and causes », sur Mayo Clinic (consulté le )
- 1 2 3 4 5 S. T. Holgate, Allergy, Elsevier Saunders, (ISBN 978-0-7234-3658-4)
- ↑ (en) « Drug Allergy: An Updated Practice Parameter », Annals of Allergy, Asthma & Immunology, vol. 105, no 4, , p. 259–273.e78 (ISSN 1081-1206, DOI 10.1016/j.anai.2010.08.002, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Middleton's allergy: principles and practice, Elsevier/Saunders, (ISBN 978-0-323-08593-9)
- ↑ (en) Charles Slonim, « Treatment Options for Ocular Allergies and Inflammation », Allergy & Clinical Immunology International - Journal of the World Allergy Organization, vol. 19, no S1, , p. 27–28 (ISSN 0838-1925, DOI 10.1027/0838-1925.19.s1.27, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 (en) Richard Warrington, Fanny Silviu-Dan et Tiffany Wong, « Drug allergy », Allergy, Asthma & Clinical Immunology, vol. 14, no S2, (ISSN 1710-1492, DOI 10.1186/s13223-018-0289-y, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) Benno Schnyder, « Approach to the Patient with Drug Allergy », Immunology and Allergy Clinics of North America, vol. 29, no 3, , p. 405–418 (DOI 10.1016/j.iac.2009.04.005, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Stephen F. Kemp, Richard F. Lockey et F. Estelle R. Simons, « Epinephrine: The Drug of Choice for Anaphylaxis-A Statement of the World Allergy Organization », World Allergy Organization Journal, vol. 1, no Supplement, , S18–S26 (ISSN 1939-4551, DOI 10.1097/WOX.0b013e31817c9338, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]- Évènement indésirable médicamenteux
- Syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse
- Toxidermie
- Syndrome de Stevens-Johnson
- Syndrome de Lyell
- Érythème pigmenté fixe
- Œdème de Quincke
- Pustulose exanthématique aiguë généralisée
- Ressources relatives à la santé :