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Manat

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La déesse al-Lāt accompagnée des déesses Manat et Uzza. Relief de Hatra (Irak), Ier – IIIe siècles. Musée national d'Irak.

Manat (مَنَاتُ prononcé en arabe : /mæˈnæːt/)[1] ou Manāh (مَنَاةٌ prononcé en arabe : /mæˈnæː(h)/) est la déesse du destin, vénérée en Arabie à l'époque pré-islamique.

Dans l'Antiquité

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Manat est la déesse de la destinée humaine et correspond à la déesse gréco-romaine Némésis. Son nom est mentionné dans huit inscriptions funéraires à Hégra, la plupart du temps juste après le nom de Dusarès, comme garante des contrats[2].

À Tayma, une dédicace en araméen qualifie Manat de « déesse des déesses » ou « la plus grande déesse ». À Palmyre, Manat est mentionnée dans le temple de Bêl sur une inscription datée du Ier siècle av. J.-C. et elle possédait un sanctuaire sur le djebel Muntâr où elle était vénérée conjointement avec Ba'al Hamon par les Benê `Ajrûd. Dans une inscription palmyrénienne du temple d'Arsu datée de , elle est mentionnée sous le nom de Qismaya parmi les « filles du dieu » (Allât, al-Uzzâ et Manât)[2].

À l'époque romaine, le culte de Manât/Némésis était très populaire. Selon l'archéologue Henri Seyrig elle était adoré dans quinze cités antiques situées entre Antioche et Jerash où elle était représentée, drapée et voilée, tenant une mesure-étalon et d'une roue du destin, avec un griffon à ses pieds[2].

À l'époque pré-islamique

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Manat est mentionnée dans le Coran (sourate LIII (53) An-Najm/L'Étoile, versets 19-22) avec les deux autres grandes déesses Allat et Uzza :

« Que pensez-vous d'al-Lat et al-'Uzzâ

et de l'autre, Manât, la troisième
Aurez-vous le garçon et Dieu la fille

Quel inique partage[3] !  »

Ce que l'on sait de Manat provient essentiellement du Livre des idoles de Hicham ibn al-Kalbi. Sa statue était érigée au bord de la mer aux environs d'al-Mushallal à Qudayd, entre Médine et la Mecque, dans le Hedjaz. Les habitants de ces deux villes ainsi que les Aws et les Khazraj lui présentaient des offrandes et lui faisaient des sacrifices. Des enfants étaient prénommés Abd-Manāh ou Zayd-Manāh.

Les Aws et les Khazraj, tribus arabes de Yathrib (actuelle Médine) avaient coutume de se rendre en pèlerinage dans des lieux déterminés où ils veillaient. À leur retour, ils visitaient le lieu de culte de Manat où ils se rasaient la tête avant de rentrer chez eux. Sans ce rite le pèlerinage n'était pas complet. Certains Arabes prenaient « Manat du lieu sacré de Khazraj » comme témoin de leurs serments.

Dans l'ouvrage collectif d'islamologie Le Coran des historiens (2019), Christian Julien Robin cite ce passage qui « a une notoriété universelle grâce aux fameux versets dits "sataniques", reproduits ci-dessous entre crochets, qui ont inspiré le romancier britannique d'origine indienne Salman Rushdie pour son ouvrage Les Versets sataniques (The Satanic Verses), publié en 1988. Ces deux versets auraient été déclamés, puis abrogés parce qu'ils ne s'accordaient pas avec le monothéisme radical de la prédication muhammadienne. La vulgate ne les reproduit pas, au contraire d'autres versets également abrogés, ce qui souligne la gêne qu'ils ont provoquée » :

"19. Avez-vous considéré al-Lat et al-Uzza

20. Et Manat, cette troisième autre?

20. bis [Ce sont les sublimes Déesses

20. ter. et leur intercession est certes souhaitée]

21. Avez-vous le Mâle et Lui la Femelle !"[4]

La huitième année de l'Hégire (année 630 dans l'année julienne), où il remporta la victoire définitive sur le reste des Quraysh lors de la conquête de La Mecque, Mahomet, ayant quitté Médine depuis quatre ou cinq nuits, aurait envoyé Ali détruire l'idole et s'emparer de ses trésors, au nombre desquels se trouvaient deux épées (Mikhdham et Rasūb), offrandes de al-Harith ibn-Abi-Shamir al-Ghassāni, roi Ghassānide. Le prophète les offrit à Ali. L'une d'elles serait peut-être sa célèbre épée Dhu-al-Fiqar.

Notes et références

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  1. ↑ Manat, en arabe manāt, مناة, le destin
  2. 1 2 3 Zayadine, Larché et Dentzer-Feydy 2003, p. 101.
  3. ↑ Le Coran, « L’Étoile », LIII, 20-23, (ar) النجم
  4. ↑ Christian Julien Robin, L'Arabie préislamique in Le Coran des historiens, Paris, Les éditions du Cerf, , 4372 p. (ISBN 978-2-204-13551-1), p. 113

Bibliographie

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  • Fawzi Zayadine, François Larché et Jacqueline Dentzer-Feydy, Le Qasr al-Bint de Pétra : L'architecture, le décor, la chronologie des lieux, Paris, Éditions Recherche dur les Civilisations, , 226 p. (ISBN 2865382877, lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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