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Théophano Anastaso

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Théophano Anastaso
Fonction
Impératrice byzantine
-
Titre de noblesse
Impératrice consort (en)
Biographie
Naissance
Vers ou Voir et modifier les données sur Wikidata
Laconie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Après Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
ΑναστασώVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Père
Kratéros (d) ou Krateros (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Romain II (de à )
Nicéphore II Phocas (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants

Théophano Anastaso ou Theophanon (en grec Θεοφανώ) est une impératrice byzantine. Sa beauté, ses mœurs et comportements scandaleux ainsi que son utilisation des poisons sont restés célèbres.

La mue en impératrice d'Orient

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Solidus représentant Constantin VII et Romain II (sur la seconde face ; la première face représente le Christ).

Le récit des origines de Théophano Anastaso reste très largement marqué par la tradition historique issue de Jean Skylitzès. Celui-ci, qui cherche visiblement à la discréditer, la dit de basse extraction et en fait la fille d'un aubergiste. Selon Léon le Diacre, qui complète le récit de Skylitzès, elle serait parvenue à séduire le jeune Romain et ainsi à devenir son épouse, Romain ayant forcé la main à sa famille pour faire accepter l'union[1]. Toutefois, un autre récit, cette fois issu de Théophane continué, en fait la fille d'un certain Kratéros. S'il s'agit du nom de sa famille, alors Théophano se rattache à la lignée aristocratique des Kratéroi, particulièrement implantée dans la notabilité byzantine. Cette hypothèse paraît plus probable au regard des pratiques en matière de mariage au sein de la cour impériale byzantine.

Quoi qu'il en soit, c'est à l'occasion de son mariage avec Romain II qu'elle prend le nom de Théophano, de nature plus impériale que son prénom initial d'Anastaso[1].

Théophano apparaît dans le cérémonial impérial dès le règne de son beau-père, Constantin VII. Ainsi, quand celui-ci reçoit Olga de Kiev, représentante de la Rus' de Kiev à l'occasion de tractations diplomatiques, Théophano est aux-côtés de sa belle mère, Hélène Lécapène. Il est alors suffisamment rare qu'une réception de ce genre soit à l'attention d'une femme dirigeante et le protocole paraît adapté à la situation. Le De Ceremoniis rapporte ainsi qu'Hélène, assise sur le trône du tryklinos de Justinien II, reçoit d'abord sept épouses de hauts dignitaires puis Olga et sa suite. A ses côtés est également assise Théophano, qui agit en tant que future impératrice. Par la suite, Théophano est également mentionnée comme faisant partie de l'entourage de l'empereur qui reçoit Olga dans les appartements impériaux[2].

Le couple impérial formé par Théophano et Romain II a trois enfants[3] :

Théophano semble également avoir accouché d'une fille aînée, une certaine Hélène, qui aurait participé à l'un des banquets en l'honneur d'Olga de Kiev mais serait morte très jeune[3].

Le règne et la mort de Romain

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Mort de Romain II, manuscrit Skylitzès.

Quand Romain accède au trône en 959, Théophano devient impératrice. Les chroniqueurs lui ont souvent prêté une grande influence sur son mari, lequel se serait montré peu apte au gouvernement de l'Empire, bien que celui-ci connaisse d'importants succès militaires sous la conduite de différents généraux. Dans l'ensemble, il est toujours délicat d'interpréter les assertions de Skylitzès, selon lequel Théophano aurait eu le dessus sur son mari. Elle l'aurait ainsi possiblement convaincu de hâter la mort de Constantin VII en le faisant empoisonner. Une telle hypothèse demeure très fragile au regard du parti pris du chroniqueur[4].

En revanche, il est bien possible qu'elle ait essayé de pousser Romain II à renvoyer des appartements impériaux Hélène Lécapène, sans y parvenir puisque celle-ci se serait jetée en larmes aux pieds de son fils pour le convaincre de n'en rien faire. Si l'empereur revient bien sur sa décision, il aurait mis ses soeurs dans un couvent, là encore à la demande de Théophano, peut-être pour éviter qu'elles n'enfantent de potentiels concurrents aux propres enfants du couple impérial. Il est également possible que Théophano ait mal vu l'influence d'Hélène Lécapène sur Romain II[4].

Après près de quatre ans de règne, Romain II meurt subitement en mars 963, à l'âge de seulement 24 ans. Cela a donné lieu à des rumeurs rapportés par des chroniqueurs, impliquant Théophano dans sa mort. Selon Léon Diacre, Romain aurait été empoisonné à la ciguë après une partie de chasse. Pour autant, à l'instar de la mort de Constantin VII, rien ne permet d'affirmer l'implication de Théophano. Celle-ci devient alors la régente de ses jeunes fils, en lien avec l'eunuque Joseph Bringas, qui agit comme chef de gouvernement depuis le règne de Romain II[3].

L'alliance avec Nicéphore Phocas

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Entrée de Nicéphore Phocas à Constantinople (manuscrit Skylitzès).

Afin de stabiliser le trône, elle s'allia à Nicéphore II Phocas, général respecté dont le prestige, le soutien de l'armée et un coup de force dans les rues de Constantinople suffirent à lui faire accéder au pouvoir impérial. Il écarta Théophano un temps et l'envoya à la forteresse de Pétrion sur les hauteurs de la Corne d'Or. Théophano l'épousa peu après son accession au trône, le dans l'église palatine de la Néa et il y gagna la légitimité de la lignée macédonienne.

Une nouvelle trahison

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Peu après, lassée du vieux guerrier ascète et religieux, elle devint la maîtresse d'un jeune et brillant général, Jean Tzimiskès qu'elle fit revenir à Constantinople. Ils complotèrent tous deux contre Nicéphore II, qui est assassiné dans la nuit du 10 au .

Chute et exil

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Jean Ier Histamenon ; première face : le Christ, deuxième face : Jean Ier couronné et portant la crosse patriarcale, et la Vierge Marie.

Dans ses calculs, Théophano devait épouser Jean Tzimiskès, mais ce dernier, n'éprouvant que mépris pour elle, obéit au patriarche Polyeucte de Constantinople qui lui intima de se repentir, de punir les meurtriers de Nicéphore II (ses subordonnés et ses amis) et de soustraire Théophano de la cour ; Polyeucte invoqua pour raison officielle que Théophano avait déjà été mariée deux fois. Elle fut donc exilée sur l'île de Proti dans la mer de Marmara. Polyeucte mourut deux mois plus tard, mais Jean Ier Tzimiskès ne la rappela jamais d'exil.

Selon Jean Skylitzès : « Plus tard elle s'échappe secrètement et se réfugie à la Grande Église. Le parakimomène Basile l'en expulse et la relègue dans le thème des Arméniaques au monastère de Damideia que l'empereur venait de fonder non sans qu'elle eût auparavant couvert d'injures l'empereur et Basile qu'elle traita de Scythe et de barbare et dont elle martela les joues de ses poings. En même temps qu'elle on bannit sa mère Marie à Mantinée (monastère situé dans le thème des Bucellaires) »[5].

On sait que le , elle réagit depuis son exil au futur mariage d'Otton II du Saint-Empire et de Théophano Skleraina.

Retour en grâce

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Après la mort de Tzimiskès en 976, ses fils reprirent le pouvoir et l'autorisèrent à revenir d'exil. Elle vécut ainsi encore plusieurs années, rétablie dans les fastes de la cour impériale.

La date de sa mort est inconnue.

Littérature

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L'écrivain anglais Frederic Harrison est l'auteur d'un roman historique : Théophano : la croisade du Xe siècle (Theophano : The Crusade of the Tenth Century) (1904), qui dépeint Theophano comme la grande comploteuse de Constantinople qui a manipulé la Cour pour assurer sa position face à un pouvoir impérial incontrôlable (Constantin VII est vaniteux et distrait, Romain II est un ivrogne, Nicéphore Phocas est excessivement dévot) et aurait donc ainsi largement contribué au bien de l'État.

L'écrivain de fiction historique grec Kostas Kyriazis (vers 1920) a écrit une biographie intitulée « Theophano » (1963), suivie en 1964 de celle de son fils « Basile Bulgaroktonus ». Theophano y est décrite comme effectivement coupable de tous les meurtres dont on l'a soupçonnée. L'héritage d'une mère ayant assassiné à la fois son père et son beau-père aurait été un tel fardeau pour son fils Basile qu'il l'aurait conduit à se méfier des femmes et à éviter de se marier.

Notes et références

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  1. 1 2 Garland 1999, p. 126.
  2. ↑ Garland 1999, p. 126-127.
  3. 1 2 3 Garland 1999, p. 128.
  4. 1 2 Garland 1999, p. 127.
  5. ↑ Jean Skylitzès Synopsis Historiôn « Jean Tzimiskès » chapitre 2

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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