POPULISME Est-ce que le terme « populisme » est un obstacle à une analyse sérieuse des transformations de la politique ? Quel contenu, signification, utile pourraint-on donner au terme « populisme » dans le cadre des « transformations »...
morePOPULISME Est-ce que le terme « populisme » est un obstacle à une analyse sérieuse des transformations de la politique ? Quel contenu, signification, utile pourraint-on donner au terme « populisme » dans le cadre des « transformations » modernes de la [du] politique ? La philosophe Catherine Colliot-Thelène, met en question, dans un article-entretien pour le Monde du 10/11/2016, le sens du terme « populisme » et son utilité explicative. Trois questions inquiètent la philosophe et le journaliste: Le populisme se réduit-il à la critique des élites ? Il-y-at -il un populisme de droite et de gauche ou seulement de droite ? Comment lutter en démocratie contre le populisme ?. Se plaçant clairement dans une perspective de « gauche » la philosophe (naturellement) réagi aux trois questions d'une façon assez sommaire. Elle aussi, sans s'en rendre compte (on présume) internalise les présupposés et analyses populistes. Ainsi dit-elle, « quand on qualifié B Sanders et D Trump de populistes ce terme se réduit à désigner la méfiance envers les élites politiques traditionnelles. Poursuivant son raisonnement, cette méfiance est fondée car ces élites ont conduit des « politiques économiques » ayant créé des inégalités sociales dans des proportions inédites depuis la fin de la seconde guerre mondiale ». A cela s'agrège la « désespérance sociale », « qui alimente la peur de l'étranger, les replis identitaires, l'indifférence aux principes de l'état de droit ». Elle accepte donc la distinction entre les « élites » et le « peuple » méfiant, distinction qui est au coeur du discours populiste. Cette « méfiance » est fondée nous dit la philosophe, car elle résulte de la « croissance des inégalités sociales ». Cet argument nous ramène aux arguments Piketty, qui fait de la « croissance des inégalités » le « fait » central autour de quoi toutes les problématiques sociales, politiques et économiques modernes se positionnent (comme dans un système planétaire) et fait, par inférence, de tout populisme une saine réaction du « peuple » aux disfonctionnements du capitalisme moderne. Ainsi la xénophobie, le racisme, l'homophobie, la misogynie, l'antisémitisme, l'islamophobie, le nationalisme exacerbé seraient le résultat des conditions sociales et économiques, des « inégalités croissantes», de la « désespérance sociale ». Qu'est-ce qui produit ces conditions ? Réponse simple : Le capitalisme, la globalisation, les politiques économiques des élites. Solution encore plus simple : Faisons la révolution (laquelle ?) qui effacera la « désespérance sociale » et ces maladies seront éradiquées (l'expérience soviétique ne constituant pas précèdent valable bien entendu). Voilà à nouveau émerger le refus de l'autonomie du politique greffé dans un vocabulaire flou mais évoquant clairement une racine marxiste ou matérialiste (l'infrastructure économique détermine tout évènement social ou politique). Dans cette critique ou discours de « gauche » on arrive donc à l'absurde thèse qui prétend que la victoire de Trump (un milliardaire) constitue, équivaut à, une critique-révolté des (contre) méfaits du capitalisme. Mais qu'est-ce que l'analyse du vote nous dit ? Il nous dit clairement le contraire de ce que la philosophe soutient. Cette victoire se doit au contraire, au fait qu'il prône la suprématie blanche (naturelle, darwinienne), celle de l'homme (légitimement prédateur, c'est dans sa nature de mâle) sur la femme (proie légitime, c'est la condition féminine), la subordination des minorités (aussi naturellement darwinienne), la défense du petit capitaliste (« small business » ; même si Trump lui-même même n'en est pas un) l'anti-globalisation, le refus de l'Etat providence (donc de la solidarité entre citoyens), l'individualisme anarchique (droit illimité de port d'armes qui refuse aussi le monopole de la violence de l'Etat comme soutenait Weber) ?. Ce ne sont pas les pauvres, ou les désespérés ou les minorités dominées qui ont voté pour Trump, ce serait plutôt la majorité raciale (blanche), plutôt masculine (même si les femmes blanches ont plutôt préféré voter Trump que Clinton), chrétienne, plus riche que pauvre, anti-Etat (comme les populistes sont en Europe anti-EU). Comment se fait-il qu'on trouve des intellectuels de gauche pour soutenir des pareilles contre-vérités ?