Peut-on à la fois lutter contre la faim dans le monde tout en limitant le réchauffement climatique à 1,5 °C, comme prévu dans l’accord de Paris sur le climat de 2015 ? Dimanche 10 décembre, depuis la 28e conférence mondiale sur le climat (COP28) à Dubaï, aux Emirats arabes unis, l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a présenté une feuille de route d’actions à entreprendre pour répondre à ces deux enjeux, parfois présentés comme antagonistes.
Il n’y a plus de temps à perdre, martèle la FAO dans ce document, qu’elle présente comme un « tournant » et qui se veut l’équivalent pour l’agriculture et l’alimentation de la feuille de route de l’Agence internationale de l’énergie, lancée en 2021, qui avait fait grand bruit en appelant à  stopper les investissements dans les énergies fossiles. « On ne veut pas opposer l’objectif de nourrir toute la population mondiale et celui de ne pas compromettre l’avenir de la planète », fait valoir David Laborde, économiste à la FAO.
Elaborer des plans d’actions nationaux
Depuis plusieurs années, les indicateurs de malnutrition progressent ; plus de 9 % de la population mondiale souffre de faim chronique et un tiers se trouve en insécurité alimentaire modérée ou sévère. L’agriculture est par ailleurs fortement affectée par le réchauffement climatique, qui menace la pérennité des cultures, tout en étant un des contributeurs majeurs au dérèglement du climat, représentant un tiers des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.
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