Changement climatique en 2026
Le changement climatique en 2026 est l'ensemble des phénomènes climatiques observés en 2026 attribués ou en lien avec l'augmentation rapide de la température moyenne de la surface terrestre et de leurs impacts sur la planète et les habitants. Cet article traite des indicateurs caractérisant ce changement et des dynamiques scientifiques, politiques, économiques et sociales liées à l’évolution du climat au cours de l’année 2026.
Un réchauffement global de la planète est amorcé depuis l’ère industrielle et confirmée par l’évolution des températures moyennes mondiales, des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et de l’intensification des événements météorologiques extrêmes.
Indicateurs 2026 du changement climatique
[modifier | modifier le code]État des émissions de gaz à effet de serre
[modifier | modifier le code]Entreprises les plus polluantes : 32 entités émettent plus de la moitié du CO2 mondial
[modifier | modifier le code]| Entité | Émissions totales (MtCO2e) | Émissions de CO2 (MtCO2) | % des émissions mondiales de CO2 |
|---|---|---|---|
| Saudi Aramco | 1,786 | 1,653 | 4,28 % |
| Coal India | 1,684 | 1,513 | 3,92 % |
| CHN Energy | 1,679 | 1,509 | 3,91 % |
| National Iranian Oil Company | 1,387 | 1,208 | 3,13 % |
| Gazprom | 1,293 | 1,065 | 2,76 % |
L'ONG Influence Map publie en son classement annuel des émissions de gaz à effet de serre des entreprises les plus polluantes au monde, avec comme référence l’année 2024. 166 producteurs de pétrole, de gaz, de charbon et de ciment sont recensées dans la base de données Carbon Majors. L’ONG constate que leurs émissions totales ont augmenté de 0,8 % en 2024 par rapport à l'année précédente, une tendance portée par l’augmentation des entreprises publiques du secteur des combustibles fossiles, qui représentent 54 % des émissions, tandis que celles des entreprises privées se sont stabilisées. Les émissions sont de plus en plus concentrées parmi un nombre restreint d'entreprises[1],[2].
En 2024, seulement 32 entreprises étaient responsables de plus de la moitié des émissions mondiales de CO2 fossile, contre 38 cinq ans plus tôt. 8 des 20 premières entités sont chinoises. Les producteurs de charbon occupent une place particulièrement importante, avec sept représentants, dont six provenant de Chine et un d'Inde, ce qui souligne la dépendance continue de l'Asie à l'égard du charbon. Les cinq premières sont présentées dans le tableau ci-contre[2].
Carbon Majors attribue 1 436 GtCO2e d'émissions historiques cumulées entre 1854 et 2024 à 178 producteurs industriels. La part de CO2 de ce total équivaut à 70 % des émissions mondiales de CO2 issues des combustibles fossiles et du ciment depuis le début de la révolution industrielle en 1750. Plus d'un tiers de ces émissions mondiales de CO2 peuvent être attribuées à seulement 22 entreprises. Les trois entités les plus émetrices historiquement sont l'ancienne Union Soviétique (1900–1991), la Chine (charbon, 1945–2004) et Saudi Aramco[2].
Événements climatiques extrêmes
[modifier | modifier le code]Europe
[modifier | modifier le code]Canicules
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Les canicules européennes de 2026 sont des vagues de chaleur affectant particulièrement l'Europe du Sud, l'Europe de l'Ouest puis l'Europe centrale durant le printemps et l'été 2026. La première a lieu du au , la deuxième débute le [3],[4] et s'achève le , et une troisième se forme le même jour au Portugal et en Espagne et s'étend au reste du continent avant de se terminer (en France) le [5].
Cette série de vagues de chaleur est inédite en Europe, et notamment en France, à la fois par sa précocité, par son étendue, par son intensité et par sa durée cumulée. En France, c'est la première fois qu'une vigilance canicule est déclenchée au mois de mai (au niveau jaune le , puis au niveau orange le ) depuis la mise en place de ce dispositif en 2004[3],[6]. Des températures 11 à 15 °C au-dessus des normales de saison sont aussi enregistrées le au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne[7]. La vague de chaleur du mois de juin est la plus intense jamais enregistrée en France, avec une température moyenne de 29,9 °C le et 30 °C les et , dépassant les 29,4 °C enregistrés en août 2003 et en juillet 2019[8]. Le , 58 départements français, 16 villes d'Italie, le Pays Basque et le sud de l'Angleterre sont placés en vigilance rouge[9],[10]. Le , 72 départements français sont en vigilance rouge et 14 en vigilance orange, ce qui représente une nouvelle fois un record depuis la création des vigilances canicule[8]. Au , la France a connu 52 jours de vagues de chaleur, battant le record de 33 jours établi en 2022[11], et la troisième vague de chaleur de l'été, qui a duré du au , a égalé la plus longue jamais enregistrée, celle de juillet 1983, avec une durée de 22 jours[12].
Les mers et les océans européens subissent des canicules marines records avec une anomalie de température de 5,2 °C en moyenne dans le nord-ouest de la mer Méditerranée, jusqu'à plus de 7 °C localement et plus de 6 °C localement dans le golfe de Gascogne pendant le mois de juin[13],[14],[15].
Début septembre, Santé publique France fait état d'une surmortalité de plus de 8 000 personnes en lien avec les canicules de 2026[16].
Ces trois canicules rapprochées ont des conséquences importantes. Les écosystèmes sont mis à rude épreuve : cours d'eau à sec, sécheresse et feux de forêts, crise agricole majeure et surmortalité de la faune sauvage. Des millions d'animaux d'élevages sont décimés. Début septembre, près de 640 000 hectares ont brulé en Europe[17]. La distribution de l'eau est sous tension dans 99 départements français, dont 62 considérés comme « en crise »[18]. La durée des canicules a entrainé des vagues de chaleur marines « extrêmes », jusqu'au sud de la mer du Nord et certaines parties de la Manche, ce qui affecte la vie marine[19].
Au niveau social, le ressenti peut différer selon l'exposition ou la capacité d'adaptation de chacun[20] : les effets des canicules sont exacerbés par les inégalités, entre les personnes disposant de la climatisation et celles vivant dans des bouilloires thermiques et des îlots de chaleur urbains. Plusieurs milliers de personnes meurent à cause de la chaleur et les systèmes de santé de nombreux pays se retrouvent surchargés. Le sous-continent européen enregistre un taux de mortalité par habitant lié à la chaleur plus élevée que toute autre région du monde[21]. Les canicules ont également des conséquences économiques importantes : des infrastructures électriques subissent des pannes, la productivité diminue et de nombreux évènements, festivals et manifestations sont annulés.
Les débats publics ont porté plus sur l'adaptation au changement climatique que sur les efforts pour le contenir ou la trajectoire de réduction des émissions nettes. Ils ont ciblé en particulier la nature des toits, le manque de stores ou volets dans de trop nombreux bâtiments ainsi que sur les mesures palliatives comme la climatisation (et ses effets en ville). L'importance des vagues de chaleur en 2026, et leurs conséquences (décès, crise agricole, feux de forêts, restrictions d'eau, impacts sur le vivant…), après un hiver et un début de printemps pluvieux, concrétise l'impact du changement climatique en cours, annoncé depuis plusieurs décennies, mais souvent esquivé par de grands médias qui pratiquent le cadrage épisodique[22],[23] ou colportent des infox[24],[25].
Sécheresse
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La sécheresse de 2026 en Europe est un épisode de sécheresse historique en Europe continentale pendant l'été 2026 associé aux canicules à répétition[26].
Le manque d'eau se fait ressentir dès [27]. De nombreux cours d'eau sont à sec et les feux de forêt se multiplient. Selon un article du journal Le Monde, « l'été 2026 est en passe de devenir le plus chaud jamais enregistré en France[28] ».
Sans lien direct avec le phénomène El Niño dans le Pacifique, l'épisode, lié aux canicules, se traduit par les sols les plus secs connus localement et est le deuxième été le moins pluvieux après 2022[29].
Selon la météorologue Mariam Zachariah, « [l]e changement climatique a rendu cette sécheresse environ cinq fois plus probable dans l'ouest de l'Europe, et environ onze fois plus probable dans l'est de l'Europe »[30].
Les débats publics ont porté plus sur l'adaptation au changement climatique que sur les efforts pour le contenir ou la trajectoire de réduction des émissions nettes, ainsi que sur la disponibilité des moyens aériens de lutte contre l'incendie[31].
Feux de forêt
[modifier | modifier le code]Les feux de forêt de 2026 en Afrique du Nord et en Europe se produisent à partir de dans certaines parties de ces régions touchées par plusieurs vagues de chaleur et une sécheresse rendant les conditions propices à leur déclenchement par la foudre ou une cause humaine. Les principales zones sinistrées sont en France et en Espagne, mais plusieurs autres pays sont également touchés.
Amérique du Nord
[modifier | modifier le code]Sécheresse
[modifier | modifier le code]Le bassin du Colorado est touché par une pénurie d'eau grave à l'été 2026, notamment du fait du manque de pluie et de neige l'hiver précédent[32]. À ce sujet l'administration Trump — ouvertement climato-dénialiste — reconnait une variabilité climatique et un manque d'eau mais pas leur origine anthropique[32].
Science et recherche en 2026
[modifier | modifier le code]7e cycle d'évaluation du GIEC
[modifier | modifier le code]Le 7e cycle d’évaluation du GIEC a officiellement été lancé au cours de la 59e réunion plénière du GIEC, réunie du 25 au à Nairobi, au Kenya[33]. La structure des travaux à venir du Giec a été adoptée en [34]. Le rapport final doit comprendre trois parties issues des travaux de trois groupes de travail :
- groupe de travail I, « Les bases scientifiques physiques » du réchauffement climatique,
- groupe de travail II, « Impacts, adaptation et vulnérabilité »,
- groupe de travail III, « Atténuation des changements climatiques ».
Il doit être complété par trois rapports thématiques scientifiques : « le changement climatique et les villes », « méthodes de captage et stockage du CO2 » et « méthodologie pour mieux évaluer les émissions et l'impact des polluants à courte durée de vie » (méthane, oxyde d'azote et particules).
La première réunion conjointe des auteurs principaux qui s'est tenue à Paris du 1 au constitue le lancement officiel de la rédaction des contributions de chaque groupe[35],[36],[37]. Le calendrier 2026 est le suivant[38] :
- du 12 au , à Oslo, 3ème réunion consacrée au rapport thématique sur les villes résilientes ;
- du 24 au , à Bangkok, 62e session plénière ;
- du 3 au , 4ème réunion consacrée au rapport thématique sur les villes résilientes.
Ce calendrier s'inscrit dans une feuille de route plus large visant à publier le rapport final d’évaluation AR7 probablement en 2029.
Contexte géopolitique et économique
[modifier | modifier le code]Gouvernance climatique internationale
[modifier | modifier le code]Retrait des États-Unis d’organisations internationales et notamment de la CCNUCC
[modifier | modifier le code]Dans la continuité de l'annonce en 2025 d'un nouveau retrait des États-Unis de l’Accord de Paris qui devient effectif le , déclarant l’Accord de Paris comme une « escroquerie injuste et unilatérale » qui désavantage les États-Unis au profit de la Chine[39],[40], Donald Trump annonce le retrait de son pays de 66 organisations, dont une moitié liée à l’ONU et notamment la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ou encore son équivalent pour la biodiversité, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Les modalités juridiques de ce départ ne sont toutefois pas précises. Sur le plan international, cette décision affaiblit financièrement et symboliquement le système onusien, encourage une fragmentation accrue des politiques climatiques et de développement et renforce l’idée qu’un acteur majeur peut se soustraire sélectivement aux règles communes. Elle fragilise le budget de certaines institutions comme le GIEC qui était financé jusqu'à présent par les États-Unis à hauteur d’un tiers[41].
Réunions intergouvernementales
[modifier | modifier le code]Forum économique de Davos (janvier 2026)
[modifier | modifier le code]Le Forum économique mondial de Davos (Suisse) s'est tenu du 19 au [42]. Les discussions ont été dominées par la question du Groenland et de ses ressources stratégiques (terres rares, minerais, hydrocarbures) et des enjeux géopolitiques et sécuritaires en Arctique, reléguant les sujets climatiques au second plan[43],[44]. Le rapport mondial sur les risques 2026, la publication phare du Forum sur les risques mondiaux, qui s’appuie sur les opinions de plus de 1 300 dirigeants et experts internationaux issus du monde universitaire, des affaires, des gouvernements, des organisations internationales et de la société civile, est publiée le et confirme un climat d’incertitude et de fragmentation accrue de l’ordre mondial, mais sans avancée majeure sur le climat[45]. Le rapport analyse les risques à trois horizons : immédiat (2026), à court et moyen terme (sur les deux prochaines années) et à long terme (sur les dix prochaines années). Les risques environnementaux ont perdu de leur importance dans les préoccupations à court terme. Ainsi les évènements météorologiques extrêmes sont passés de la deuxième à la quatrième place par rapport au rapport de l'année précédente, la pollution de la sixième à la neuvième place, tandis que les changements critiques des systèmes terrestres et la perte de biodiversité ont perdu respectivement sept et cinq places. À court terme, les conflits armés, la militarisation des outils économiques et la fragmentation de la société arrivent en tête. A long terme, les événements météorologiques extrêmes sont toutefois considérés comme le risque majeur qui risque d'impacter l'économie et cinq thématiques environnementales figurent dans les 10 premiers risques cités[46].
Al Gore déclare que les politiques climatiques pourraient connaître une regression dans de nombreux pays, mais que la transition énergétique se poursuivra à un rythme soutenu, portée par la baisse des coûts des énergies renouvelables et des batteries. Il souligne qu'en 2025, 93 % de toute la nouvelle production d'électricité installée dans le monde provenait des énergies renouvelables, et que « la seule chose dont le prix baisse plus rapidement que celui des panneaux solaires est celui des batteries à usage industriel, car leur production double chaque année [...] il n'y a donc pas de ralentissement dans le mouvement vers cette transition énergétique »[47]. Par ailleurs une controverse autour de l’éolien est déclenchée par des critiques de Donald Trump, à laquelle la Chine répond en défendant sa stratégie et ses capacités industrielles, illustrant à quel point l’énergie bas-carbone est devenue un sujet de puissance autant que de climat[48].
Autres réunions
[modifier | modifier le code]Le calendrier 2026 des autres réunions intergouvernementales est le suivant :
- Sommet du G7 : 14-, à Évian-les-Bains, France[49],[50] ;
- Sommet du G20: États-Unis hôte, sommet prévu au Trump National Doral Miami (près de Miami, Floride), date exacte encore à confirmer[51],[52] ;
- Sommet BRICS+ (18ᵉ sommet) : sera organisé par l’Inde, lieu précis non encore officialisé. L'Inde avait accueilli pour la dernière fois le sommet des BRICS en 2021[53].
Conférence internationale sur la sortie des combustibles fossiles
[modifier | modifier le code]Décidée lors de la COP 30 à l'initiative de la Colombie, une conférence internationale sur la sortie des combustibles fossiles se tiendra les 28 et dans la ville de Santa Marta, une ville côtière du nord de la Colombie. Elle réunira près de 80 pays signataires de la « Déclaration de Belém » pour accélérer la sortie des fossiles[54],[55].
Réunions préparatoires à la COP d'Antalya
[modifier | modifier le code]COP d'Antalya
[modifier | modifier le code]La conférence d'Antalya de 2026 sur les changements climatiques, ou COP31, organisée par l'Organisation des Nations unies, se déroule du 9 au à Antalya, en Turquie. Elle est la 31e conférence des parties et réunit les pays signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Elle se tient dans un contexte climatique difficile, avec une trajectoire de réchauffement global amorcée depuis l’ère industrielle et confirmée par l’évolution des températures moyennes mondiales, des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et de l’intensification des événements météorologiques extrêmes et une conférence à Belém qui s'est soldée par un quasi-échec avec l'abence de mention de la sortie des énergies fossiles dans la décision finale.
Politiques nationales
[modifier | modifier le code]Mobilisation sociale et opinion publique
[modifier | modifier le code]Bibliographie publiée en 2026
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
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