Col (topographie)



Un col est en topographie et topologie une forme de relief « en selle de cheval » constituĂ©e par l'intersection d'une ligne de crĂȘte et de deux talwegs face Ă face. Il constitue Ă la fois le point le plus bas entre deux sommets appartenant Ă la mĂȘme arĂȘte, et le point de passage sur la ligne de crĂȘte le moins haut entre deux versants de montagne. C'est parfois le seul lieu alentour relativement horizontal, avec nĂ©anmoins des approches depuis les talwegs constituant les secteurs les plus pentus du cheminement.
Suivant sa facilitĂ© d'accĂšs et son dĂ©nivelĂ©, le col est souvent utilisĂ© pour relier deux vallĂ©es mitoyennes d'une mĂȘme montagne faisant obstacle aux Ă©changes. Les chemins d'accĂšs aux cols les plus accessibles sont souvent amĂ©nagĂ©s de routes ou de voies ferrĂ©es et parfois percĂ©s de tunnels. Certains cols constituent des buts ou des Ă©tapes d'itinĂ©raires en tant que tels, notamment lors de compĂ©titions sportives cyclistes ou mĂ©caniques ; au fil du temps, certains acquiĂšrent une renommĂ©e touristique, historique ou mĂȘme spirituelle comme c'est le cas des cols de la route des Grandes Alpes en France, du col du Grand-Saint-Bernard Ă la frontiĂšre entre l'Italie et la Suisse, le col Chilkoot au Canada ou encore le col de HáșŁi VĂąn au Vietnam.
Dénomination
[modifier | modifier le code]Certains cols de montagne s'appellent « pas » dans les Alpes (ex. : pas de Morgins), « port » (ex. : port d'Envalira) ou « hourquette » (ex : Hourquette d'Ancizan) dans les PyrĂ©nĂ©es. Le terme « forcla(z) » est Ă©galement frĂ©quent dans les Alpes, de la Savoie aux Grisons ; il dĂ©rive de la mĂȘme Ă©tymologie que hourquette, « petite fourche », dĂ©signant la forme en « V » du col vu sur la ligne de crĂȘte. Au Pays basque, en Soule et en Basse-Navarre plus particuliĂšrement, le mot port est synonyme des pĂąturages de haute montagne ou de l'estive[1].
Franchissement
[modifier | modifier le code]DiffĂ©rentes infrastructures existent suivant les intĂ©rĂȘts sociaux, Ă©conomiques ou touristiques[rĂ©f. nĂ©cessaire] de chaque col : route (et Ă©ventuellement voie ferrĂ©e si les pentes le permettent), piste, sentier, « sans »[pas clair]. Pour les cols routiers ou muletiers, un tunnel d'altitude permet quelquefois d'Ă©viter le passage au point haut. Il arrive Ă©galement que seule la partie basse des routes soit revĂȘtue.
Les 2 roues, 4 roues et plus peuvent emprunter les routes et pistes sauf interdictions particuliÚres liées au gabarit ; une version « tout terrain »[2] est recommandée pour circuler sur les pistes mal entretenues. Les vélos tout-terrain peuvent également passer sur les sentiers pour peu qu'ils soient cyclables, contrairement aux véhicules à moteur qui sont interdits de circulation. Les cols de montagne, aux sentiers escarpés ou sans sentiers, se franchissent uniquement à pied (randonnée ou alpinisme), voire à ski ou raquettes s'ils sont neigeux ou enneigés[pas clair].
Histoire
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Les cols ont influencé le développement de leurs vallées voisines, que ce soit pour les échanges commerciaux ou les flux migratoires de population.
Lieux stratégiques militaires en raison des possibilités de défense, ou en tant que points de passage frontaliers, de nombreux cols ont joué des rÎles importants lors des guerres et conflits passés.
RÎle dans les écosystÚmes
[modifier | modifier le code]Les cols d'altitude sont deux fois par an des points de passage obligĂ©s pour de nombreux animaux migrateurs. Le cas des oiseaux migrateurs est le plus connu, mais il concerne aussi par exemple des chauves-souris ou des papillons migrateurs pour lesquels les cols jouent une fonction essentielle de connectivitĂ© Ă©cologique entre leurs zones de reproduction et d'hivernage. Les espĂšces qui ont besoin de se dĂ©placer pour se nourrir, ou recoloniser des territoires d'oĂč elles ont disparu, ou encore par exemple pour remonter vers le nord pour Ă©chapper aux changements climatiques sont Ă©galement particuliĂšrement dĂ©pendantes des cols.
Les cols situĂ©s sur des chaĂźnes montagneuses orientĂ©es est-ouest sont particuliĂšrement importants de ce point de vue : certains cols des PyrĂ©nĂ©es voient passer une grande partie des migrateurs qui doivent aller de la France vers l'Espagne et inversement (l'autre partie des oiseaux longeant la cĂŽte, un grand nombre traversant la MĂ©diterranĂ©e Ă Gibraltar. Idem pour la chaĂźne des Alpes, alors que les Rocheuses amĂ©ricaines sont globalement orientĂ©es nord-sud, ne gĂȘnant pas les migrations saisonniĂšres ou de recolonisation post-glaciaire, ou d'adaptation par remontĂ©e vers le nord aux changements climatiques. Les cols Ă©tant souvent dĂ©pourvus de forĂȘts, ce sont des lieux de vulnĂ©rabilitĂ© pour les oiseaux qui y sont plus facilement chassĂ©s par l'Homme et/ou par leurs prĂ©dateurs naturels. Pour cette raison, l'amont et l'aval de certains cols qui sont de vĂ©ritables goulets d'Ă©tranglement ont concentrĂ© les installations et tirs de certains chasseurs, par exemple de palombes dans le sud de la France, au risque de menacer les espĂšces chassĂ©es sur ces sites.
Les cols de l'Himalaya, des Alpes et des PyrĂ©nĂ©es, et de nombreuses autres chaĂźnes montagneuses remplissent donc des fonctions Ă©cologiques discrĂštes mais essentielles. Ă ce titre, les phĂ©nomĂšnes de pollution lumineuse, de dĂ©rangement, d'occupation militaire et de dĂ©gradation de l'Environnement mĂ©riteraient d'y ĂȘtre particuliĂšrement limitĂ©s, en raison de leur fonction de corridor, Ă l'Ă©chelle du rĂ©seau Ă©cologique paneuropĂ©en et des rĂ©seaux Ă©cologiques nationaux.
