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Grotte de Limousis

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Grotte de Limousis
Entrée de la grotte de Limousis.
Localisation
Coordonnées
Pays
Région
Département
Massif
Localité voisine
Caractéristiques
Altitude de l'entrée
450 m
Longueur connue
800 m
Période de formation
Type de roche
Signe particulier
Concrétions d'aragonite
Température
14 °C
Patrimonialité
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
(Voir situation sur carte : région Occitanie)
Géolocalisation sur la carte : Aude
(Voir situation sur carte : Aude)

La grotte de Limousis est une grotte creusée par une riviÚre souterraine qui se situe dans le département de l'Aude, sur la commune de Limousis.

Spéléométrie

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La dénivellation de la cavité est de 40 m, pour un développement[N 1] de 800 m[1],[2].

Géologie

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La cavité s'ouvre dans les calcaires dévoniens.

Géographie

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La grotte de Limousis est situĂ©e Ă  17 km au nord de Carcassonne, Ă  1 km du village de Limousis et Ă  600 m au nord du hameau de MarmoriĂšres. Elle fait partie intĂ©grante d’une bande calcaire se situant entre la vallĂ©e de la Clamoux et celle de la riviĂšre Orbiel, bande calcaire dans laquelle s'ouvre Lo Gaugnas, connu sous l'appellation touristique de gouffre de Cabrespine.

Les Ă©crits des naturalistes, spĂ©lĂ©ologues, historiens et les comptes rendus d’excursions de sociĂ©tĂ©s savantes, permettent de retracer l’histoire de cette cavitĂ© souterraine de plus en plus frĂ©quentĂ©e. DĂšs 1825, le conseil municipal Ă©tablit en faveur des pauvres de la commune, un droit d’entrĂ©e Ă  la grotte. C’est alors que l’on organise les premiĂšres visites sous la responsabilitĂ© d’un guide. Une premiĂšre adjudication est accordĂ©e en 1852 Ă  Michel Cordes, cultivateur de la commune qui hĂ©ritera de la gestion du site pour une durĂ©e de 4 ans Ă  compter du .

En 1902, c’est Étienne Delaur qui prend la grotte en fermage pour une pĂ©riode de 5 ans. DĂšs 1905, il propose au conseil municipal de construire Ă  ses frais une passerelle destinĂ©e Ă  faire dĂ©couvrir la partie inconnue de la grotte qui se trouve sur un lac et fait suite Ă  la partie dĂ©jĂ  visitĂ©e. Pour ce faire, il contacte Pierre Abrial, forgeron Ă  Limousis qui construit donc la passerelle d’une longueur de 38 mĂštres. Cette passerelle est toujours lĂ  de nos jours, seul le plancher primitivement en bois a Ă©tĂ© remplacĂ© par des plaques de fer en 1935. Ce n’est que 9 ans plus tard, en 1913, lors de travaux d’entretien effectuĂ©s par Pierre Abrial et Marius Tirafort, respectivement forgeron et maçon de Limousis, qu’une nouvelle importante dĂ©couverte est effectuĂ©e. Ces derniers observent que la bougie qui leur sert d’éclairage de chantier est soufflĂ©e assez rĂ©guliĂšrement par un fort courant d’air venant d’une barriĂšre stalagmitique. De lĂ  Ă  penser que la grotte se poursuit au-delĂ  de cette barriĂšre, il n’y a qu’un pas ou plutĂŽt un coup de marteau Ă  donner. Le passage est rĂ©alisĂ© au dĂ©but de l’annĂ©e 1913 et dĂ©bouche sur une dĂ©couverte majeure : le lustre d’aragonite de la grotte de Limousis.

L’annĂ©e 1935 restera ensuite comme une annĂ©e importante dans l’histoire de la grotte : c’est l’annĂ©e de son Ă©lectrification. Jusqu'alors, cette cavitĂ© ne pouvait se visiter qu’à la lueur des bougies ou des lampes Ă  pĂ©trole. L’électrification de la grotte permettra par la suite, un fort accroissement de la frĂ©quentation touristique.

En 1973, la municipalitĂ© confie la gestion de la grotte Ă  la sociĂ©tĂ© Gabriel Villa qui exploite dĂ©jĂ  la grotte de Clamouse dans l’HĂ©rault et peut donc mettre toute son expĂ©rience au service de la grotte de Limousis. Des efforts rapidement couronnĂ©s de succĂšs puisque dĂšs l’annĂ©e 1973, ce sont prĂšs de 18 500 visiteurs qui se pressent aux portes de la grotte ; ce chiffre atteindra les 27 000 visiteurs au cours des annĂ©es 1983 et 1984.

Avec l’ouverture en 1988 de la grotte de Cabrespine, l’environnement touristique de la grotte est totalement modifiĂ©, et ces chiffres de frĂ©quentation vont lentement s’éroder pour atteindre les 15 000 visiteurs en 2001. C’est en 2003, avec l’arrivĂ©e du nouveau concessionnaire, la sociĂ©tĂ© SETSN, gestionnaire par ailleurs du site voisin le gouffre gĂ©ant de Cabrespine, que la grotte de Limousis va connaĂźtre un nouveau souffle. La modernisation du systĂšme d’électrification de la grotte, la mise en place d’un son et lumiĂšre mettant en valeur le cĂ©lĂšbre lustre d’aragonite et la construction d’un confortable bĂątiment d’accueil va permette Ă  Limousis d’obtenir un pic de frĂ©quentation jamais atteint auparavant de 37 000 visiteurs en 2011. Les nĂ©gociations de renouvellement de concession n'ayant pas abouti entre SETSN et la mairie de Limousis, cette derniĂšre a, depuis le , la responsabilitĂ© de la gestion opĂ©rationnelle de la grotte.

Aujourd'hui, cette cavitĂ© qui fut la premiĂšre structure touristique de l’Aude, avant la citĂ© de Carcassonne, est dĂ©finitivement ancrĂ©e dans le paysage touristique de ce dĂ©partement.

Préhistoire et archéologie

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C’est l’amĂ©nagement de la grotte Ă  des fins d’exploitation qui est Ă  l’origine de la dĂ©couverte de vestiges prĂ©historiques. Ces derniers dĂ©montrent la frĂ©quentation de ces lieux par l’Homme prĂ©historique ainsi que tout au long des Ăšres historiques suivantes. Pour rendre la visite de la grotte plus confortable, la cavitĂ© est Ă©lectrifiĂ©e en 1935. Puis en 1936, on dĂ©cide d’abaisser partiellement le sol de l’entrĂ©e qui n’avait alors que 1,50 m de hauteur pour la dĂ©gager et lui donner ses dimensions actuelles : 2 m de hauteur pour 1,30 m de largeur. Cette opĂ©ration a permis de dĂ©couvrir une partie trĂšs antĂ©rieure Ă  la cavitĂ© et de reconnaĂźtre la prĂ©sence d’occupations prĂ©historiques successives dont les restes Ă©taient conservĂ©s dans les sĂ©diments accumulĂ©s dans ce secteur. Évidemment, cette Ă©vacuation de terre ne fut pas conduite selon les rĂšgles et mĂ©thodes stratigraphiques les plus Ă©lĂ©mentaires. Les vestiges et remblais furent extraits pĂȘle-mĂȘle et jetĂ©s sur le sentier extĂ©rieur.

C’est la visite fortuite d’un amateur d’archĂ©ologie, l’abbĂ© Émile Janard, alors curĂ© de Limousis qui permit heureusement de sauver quelques piĂšces de ce naufrage et de reconnaĂźtre l’intĂ©rĂȘt du site. PassionnĂ© devant la qualitĂ© de ces dĂ©couvertes, l'abbĂ© Janard effectua lui-mĂȘme quelques fouilles complĂ©mentaires d’avril Ă  . Celles-ci se dĂ©roulĂšrent dans la premiĂšre salle de la cavitĂ©. Ces fouilles ont pu permettre alors d’établir que la grotte connut des occupations se situant au cours de la PrĂ©histoire rĂ©cente : NĂ©olithique, Âge du cuivre et Âge du bronze. Il est Ă©galement intĂ©ressant de noter que l’Homme a continuĂ© de frĂ©quenter les lieux au cours de la Protohistoire (Âge du Fer), de l’AntiquitĂ© et du Moyen Âge.

Ce site a aussi constituĂ© au cours de temps trĂšs anciens, un havre pour les ours des cavernes : des dents d’ours, un crĂąne, des ossements ainsi que des traces de griffades sur les parois de la cavitĂ© attestent de sa prĂ©sence dans ces lieux Ă  l’époque quaternaire. Pendant six millĂ©naires au moins, du NĂ©olithique ancien jusqu'au Moyen Âge, la grotte de Limousis a donc Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement occupĂ©e par des groupes humains plus ou moins importants. À tout moment, dĂšs que la moindre crainte, les moindres troubles sociaux parcourent le pays, l’homme identifie la grotte comme un refuge, un lieu oĂč il pourra se replier loin des difficultĂ©s du moment. La caverne est aussi la halte du berger fatiguĂ©, le recours du chasseur surpris par l’orage, l’antre du bĂ»cheron chargĂ© d’éclaircir la forĂȘt, du charbonnier pourvoyeur de combustible, ou l’atelier du carrier briseur de calcite.

La grotte de Limousis fut Ă©galement le théùtre d’occupations plus rĂ©jouissantes : jusque dans les annĂ©es 1950, la population de Limousis, venait traditionnellement lors de la fĂȘte locale, effectuer quelques pas de danse dans une galerie profonde de la cavitĂ© baptisĂ©e « salle de Bal ». Chaque annĂ©e pour la fĂȘte locale du village, l’accordĂ©oniste assurait la mĂ©lodie tandis que la grosse caisse rythmait le pas des danseurs.

Description

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Le « lustre d'aragonite »
Le « lustre d'aragonite »

La grotte de Limousis s’ouvre dans des calcaires d’ñge primaire (DĂ©vonien) qui sont dolomitisĂ©s, c’est-Ă -dire qu’ils contiennent en proportion variable un carbonate double de calcium et de magnĂ©sium, le calcaire Ă©tant du carbonate de calcium. La grotte de Limousis fait vraisemblablement partie du mĂȘme rĂ©seau souterrain que les grottes de Trassanel et le gouffre gĂ©ant de Cabrespine qui alimentent la rĂ©surgence du Pestril situĂ©e Ă  Lastours. La grotte de Limousis dĂ©bute par une salle de dimension modeste dans laquelle les vignerons du Cabardes et du Minervois font patiemment vieillir leur cuvĂ©e AmĂ©thyste. Faisant suite Ă  cette salle, une autre salle beaucoup plus grande appelĂ©e « salle des Colonnes » situĂ©e en contrebas permet l’accĂšs a une galerie de direction sud nord qui mĂšnera le visiteur jusqu'Ă  « la salle du Lac Vert ». AprĂšs avoir traversĂ© la « salle du Bal », une barriĂšre stalagmitique permet l’accĂšs Ă  la « salle du Grand Lac » oĂč les premiers bouquets d’aragonites se dĂ©voilent aux visiteurs. AprĂšs avoir surplombĂ© le Grand lac grĂące Ă  une passerelle mĂ©tallique conçue en 1913, on accĂšde enfin dans la grande salle du Lustre. Cette derniĂšre salle est la plus vaste et la plus belle du rĂ©seau et permet au visiteur d’admirer le trĂ©sor de la grotte de Limousis : « le lustre d’aragonites » c’est une concrĂ©tion remarquable, masse d’aragonites de plusieurs mĂštres cubes.

La grotte de Limousis fait partie de l'ensemble de 24 grottes à concrétions du Sud de la France inscrite par l'UNESCO en 2000 sur la liste indicative du patrimoine mondial naturel, antichambre de la liste du patrimoine mondial[3],[4].
La grotte est inscrite au titre des sites naturels depuis 1947[5].

Notes et références

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  1. ↑ En spĂ©lĂ©ologie, le dĂ©veloppement correspond Ă  la longueur cumulĂ©e des galeries interconnectĂ©es qui composent un rĂ©seau souterrain.

Références

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  1. ↑ Bigot Jean-Yves, « SpĂ©lĂ©omĂ©trie de la France. CavitĂ©s classĂ©es par dĂ©partement, par dĂ©nivellation et dĂ©veloppement. », Spelunca MĂ©moires n° 27,‎ , p. 160 (ISSN 0249-0544).
  2. ↑ « Grotte de Limousis », sur comitĂ© dĂ©partemental de spĂ©lĂ©ologie de l'Aude.
  3. ↑ UICN – Union mondiale pour la nature, « Évaluation UICN des propositions d’inscription de sites naturels et mixtes sur la Liste du patrimoine mondial », sur whc.unesco.org, (consultĂ© le ).
  4. ↑ « Ensemble de grottes Ă  concrĂ©tions du Sud de la France », sur whc.unesco.org (consultĂ© le ).
  5. ↑ « Grottes (Limousis) » [archive du ], sur site.din.developpement-durable.gouv.fr via Internet Archive.

Bibliographie

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  • Jean Guilaine, JosĂ© Thomas, Guy Rancoule, La grotte de Limousis de la PrĂ©histoire Ă  l’Histoire.
  • Claude CapĂ©ra, La grotte de Limousis de l’habitat prĂ©historique au site Touristique.

Articles connexes

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Liens externes

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