Aller au contenu

Guerre civile birmane depuis 2021

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Guerre civile birmane
Description de cette image, également commentée ci-aprÚs
Carte de la situation militaire actuelle en Birmanie.
Informations générales
Date Depuis le
(5 ans, 5 mois et 18 jours)[1]
Lieu Drapeau de la Birmanie Birmanie
Casus belli Coup d'État de 2021
Issue En cours :
Les groupes rebelles s'emparent d'environ 60 % de la Birmanie
Changements territoriaux Le contrĂŽle stable du SAC tombe entre 72 et 220 sur 330 cantons, bien qu'il continue de contrĂŽler la plupart des grands centres de population[2],[3]
89 villes capturées par les forces anti-SAC[4], dont dix-huit villes de niveau district ou supérieur (au 25 décembre 2024)[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14]
Plusieurs administrations rĂ©gionales sont dĂ©clarĂ©es, notamment l'État du Chinland[15] et le Conseil exĂ©cutif intĂ©rimaire de l'État Karenni
Belligérants
Drapeau de la Birmanie Gouvernement d'union nationale

Parti communiste de Birmanie

Organisations ethniques armées alliées :

Soutenu par :

Drapeau de la Birmanie Conseil administratif d'État

Soutenu par :


Commandants
Drapeau de la Birmanie Duwa Lashi La
Drapeau de la Birmanie Mahn Win Khaing Than
Drapeau de la Birmanie Yee Mon (en)
Bo Nagar (en)
N'Ban La
Saw Mutu Say Poe (en)
Nerdah Bo Mya
Bee Htoo
Pu Zing Cung
Peng Daxun
Tar Bone Kyaw
Twan Mrat Naing
Khin Maung
Maung Saungkha (en)
Drapeau de la Birmanie Min Aung Hlaing
Drapeau de la Birmanie Myint Swe
Drapeau de la Birmanie Mya Tun Oo (en)
Drapeau de la Birmanie Soe Htut (en)
Drapeau de la Birmanie Than Hlaing (en)
Drapeau de la Birmanie Aung Lin Dwe (en)
U Aung Kham Hti
SĂŁo Meim Liam
Thanglianpau Guite
Mohamed Ayoub Khan
Forces en présence
(PDF) > 65 000 (hors organisations ethniques armées et forces de défense locales)[23] 350 000 à 400 000 (Tatmadaw)[24]
Pertes
Plus de 75 692 morts au total (selon l'ACLED (en), au 4 février 2025)[25]
6 087 civils tuĂ©s et 28 051 arrĂȘtĂ©s (selon l'AAPP (en) au 31 dĂ©cembre 2024)[26]
3 206 800 à 3 484 300 personnes déplacées à l'intérieur du pays et 149 000 réfugiés (selon les Nations unies au 20 décembre 2024)[27]
83 746 propriétés civiles seraient brûlées ou détruites depuis février 2022 (selon les données de la Birmanie au 14 avril 2024)[28],[29]
440 maisons et bùtiments bouclés par le SAC (selon l'AAPP en février 2022)[30]
2 morts et 17 blessés au Bangladesh à la suite d'un débordement[31]

Conflit armé birman

Batailles

Prélude :
Théùtres :
Violences et affrontements précoces :
Campagne de 2021-2022 :
Campagne de 2023 :
Offensives de fin 2023-2025 :
Massacres et meurtres :

La guerre civile birmane (birman : ၂၀၂၁-ယခု မဌနá€șမာနိုငá€șငံ ပဌညá€șá€žá€°á€·á€á€Żá€á€¶á€á€œá€”á€șသလဟနá€șစစá€ș, littĂ©ralement guerre de rĂ©sistance du peuple birman), Ă©galement connue sous le nom de rĂ©volution du printemps de Birmanie, est un conflit armĂ© en cours depuis le , Ă  la suite des insurrections de longue date en Birmanie qui se sont considĂ©rablement intensifiĂ©es en rĂ©ponse au coup d'État militaire de 2021 et Ă  la violente rĂ©pression qui a suivi les manifestations anti-coup d'État[32],[33]. Le gouvernement d'unitĂ© nationale en exil et les principales organisations ethniques armĂ©es rĂ©pudient la Constitution de 2008 (en) et appellent Ă  la place Ă  un État fĂ©dĂ©ral dĂ©mocratique[34]. Outre l'engagement de cette alliance, le gouvernement au pouvoir du Conseil administratif d'État (SAC) est Ă©galement en conflit avec d'autres forces anti-SAC dans les zones sous son contrĂŽle[35]. Les insurgĂ©s sont rĂ©partis en centaines de groupes armĂ©s dispersĂ©s Ă  travers le pays[36].

En , les Nations unies estiment que depuis le coup d'État de , 17,6 millions de personnes en Birmanie ont besoin d'une aide humanitaire, tandis que 1,6 million sont dĂ©placĂ©es Ă  l'intĂ©rieur du pays et que plus de 55 000 bĂątiments civils ont Ă©tĂ© dĂ©truits[37]. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (UNOCHA) dĂ©clare que plus de 40 000 personnes ont fui vers les pays voisins, dont le Bangladesh, l'Inde et la ThaĂŻlande[38].

En , la Tatmadaw (armĂ©e birmane) contrĂŽle moins de 40 % du pays, tout en affirmant contrĂŽler environ les deux tiers des 330 cantons du pays[39],[40]. Au second semestre 2023, les Forces de dĂ©fense du Chinland, dans l'État Chin, ont conquis la majeure partie de l'État, avec quelques bastions dans les zones urbaines et le long de la frontiĂšre indo-birmane. En , la Tatmadaw commence Ă  faire face Ă  des problĂšmes d'effectifs, les dĂ©sertions et la baisse de moral Ă©tant extrĂȘmement courantes. Cela coĂŻncide avec une offensive majeure des Forces de dĂ©fense du peuple et de l'Alliance des Trois FraternitĂ©s dans l'ouest du pays, qui rĂ©ussit Ă  prendre 80 bases, 220 positions du SAC et plusieurs villes avant le [41].

Octobre et voient une sĂ©rie d'offensives anti-SAC simultanĂ©es, dont l'opĂ©ration 1111 (en) assiĂ©geant la capitale de l'État de Kayah Loikaw et un nouveau conflit par les forces anti-SAC dans le nord des États de Rakhine et Chin[42],[43]. Lors de l'opĂ©ration 1027, les forces anti-SAC prennent Laukkai, la capitale de la zone auto-administrĂ©e de Kokang (en), dĂ©but . Les combats dans le nord de l'État shan cessent avec le cessez-le-feu de Haigeng aprĂšs la chute de Laukkai. L'offensive de Rakhine se poursuit cependant dans le nord de l'État de Rakhine avec Mrauk U, entre autres, tombant aux mains de l'ArmĂ©e d'Arakan en . En , des milliers de soldats du SAC se rendent sans combattre, dont six gĂ©nĂ©raux de la Tatmadaw[44]. Le SAC a recours Ă  des tactiques terroristes contre la population, notamment des incendies, des dĂ©capitations, des mutilations, des viols de guerre, des incendies de villages et une campagne massive de bombardements aĂ©riens qui dĂ©place prĂšs de 3 millions de personnes[45]. L'armĂ©e de l'air birmane largue plus de bombes par habitant que celles larguĂ©es lors de l'invasion russe de l'Ukraine. Un groupe d'observateurs Ă©crit que les forces du SAC restent « formidables et bien Ă©quipĂ©es », avec « des alliĂ©s extĂ©rieurs et des ressources Ă©conomiques »[46],[47].

Fin , les forces anti-SAC dans le sud-est de la Birmanie capturent Demoso et Papun[48], portant le nombre de villes de niveau district capturĂ©es par les forces anti-SAC Ă  huit. La neuviĂšme ville de niveau district, Matupi, est capturĂ©e par la rĂ©sistance chin Ă  la mi-. Fin , l'Alliance des Trois FraternitĂ©s relance l'opĂ©ration 1027 aprĂšs avoir affirmĂ© que les forces de la Tatmadaw ont rompu le cessez-le-feu, capturant la dixiĂšme ville de niveau district, Kyaukme (en), Ă  la fin du mois. Le , deux autres villes de niveau district sont capturĂ©es par l'Alliance des FraternitĂ©s, Thandwe et Mongmit, portant le nombre Ă  douze. Le , l'ArmĂ©e de l'Alliance nationale dĂ©mocratique de Birmanie (MNDAA), dans le cadre d'un effort plus large de l'Alliance des Trois FraternitĂ©s et d'autres groupes de rĂ©sistance, capture Lashio, la plus grande ville du nord de l'État shan, ainsi que le siĂšge du commandement du Nord-Est (en) du SAC. Le , l'ArmĂ©e d'Arakan (AA) affirme avoir capturĂ© le quartier gĂ©nĂ©ral du commandement occidental de l'armĂ©e birmane (en) Ă  Ann, dans l'État de Rakhine, marquant ainsi le deuxiĂšme commandement rĂ©gional Ă  tomber aux mains des rebelles ethniques en cinq mois[49].

AprÚs le séisme meurtrier de 2025 en Birmanie, le NUG déclare une pause de deux semaines dans ses offensives[50].

Carte de l'activité des insurgés en Birmanie en 1948 (en haut) et 1953 (en bas)
 
Carte de l'activité des insurgés en Birmanie en 1948 (en haut) et 1953 (en bas)
Carte de l'activité des insurgés en Birmanie en 1948 (en haut) et 1953 (en bas)

Conflit interne en Birmanie

[modifier | modifier le code]

Les insurrections se poursuivent en Birmanie depuis 1948 et sont largement fondĂ©es sur l'ethnie. Les insurrections communistes (en) et l'Union nationale karen (KNU) sont les principaux acteurs de l'opposition au gouvernement central[51],[52]. Au cours du XXe siĂšcle, plusieurs organisations ethniques armĂ©es (EAO) importantes augmentent en influence et en contrĂŽle. Des factions rebelles plus importantes telles que l'ArmĂ©e de l'indĂ©pendance kachin se forment en rĂ©ponse au coup d'État birman de Ne Win en 1962 et Ă  sa rĂ©pression politique accrue. Le soulĂšvement de 1988 en rĂ©ponse au rĂ©gime totalitaire de Ne Win forme certaines des premiĂšres milices bamar Ă  partir de manifestants se dirigeant vers des zones sous contrĂŽle ethnique rebelle.

Au lendemain du soulĂšvement de 1988, le Conseil d'État pour la restauration de la loi et de l'ordre, devenu plus tard le Conseil d'État pour la paix et le dĂ©veloppement, forme une junte militaire. La Tatmadaw affaiblit gravement les groupes ethniques d'insurgĂ©s, dĂ©truisant la plupart de leurs bases et de leurs bastions dans les annĂ©es 1990[53]. Au moment des rĂ©formes politiques de la Birmanie de 2011 Ă  2015 (en), la junte reprend le contrĂŽle de nombreux bastions rebelles de longue date, notamment Kokang et l'État Karen contrĂŽlĂ© par la KNU[54],[55].

Dans le cadre de ses réformes politiques et de sa démocratisation, la Constitution de 2008 créer des zones auto-administrées dotées d'une autonomie accrue. En 2015, l'accord national de cessez-le-feu (NCA) est signé entre 8 EAO et le gouvernement central[56]. Cependant, dÚs 2018, le NCA avait déjà commencé à s'effondrer en raison de violations présumées de l'accord par des soldats de Tatmadaw entrant dans les territoires de l'EAO pour construire des routes[57]. De nombreux non-signataires poursuivent le conflit. Le plus connu au niveau international étant l'Armée du salut des Rohingya de l'Arakan dont le conflit en 2016 conduit au génocide des Rohingyas par le gouvernement central en 2017[58]. Fin 2016, quatre non-signataires du NCA forment l'Alliance du Nord, dont l'Armée de l'indépendance Kachin et l'Armée d'Arakan, engagées dans une guerre avec le gouvernement central et d'autres EAO[59]. AprÚs des attaques qui se sont poursuivies en 2020, un cessez-le-feu a été signé avec l'armée d'Arakan[60].

Coup d'État et manifestations de 2021

[modifier | modifier le code]

Le matin du , le Tatmadaw (l'armĂ©e birmane) dĂ©pose avec succĂšs le gouvernement Ă©lu de la Birmanie, formant une junte militaire. L'ancien prĂ©sident Win Myint, Aung San Suu Kyi et plusieurs autres membres de la Ligue nationale pour la dĂ©mocratie sont arrĂȘtĂ©s lors de raids matinaux et Min Aung Hlaing est nommĂ© commandant en chef des services de dĂ©fense et dirigeant de facto de la nation[61].

Les motifs exacts du coup d'État ne sont pas clairs, et le Tatmadaw affirme que les Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 2020 ont enregistrĂ© 8,6 millions d'irrĂ©gularitĂ©s Ă©lectorales dans les jours prĂ©cĂ©dant le coup d'État, mais n'ont prĂ©sentĂ© aucune preuve. On pense que le coup d'État a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© un moyen de rĂ©tablir le pouvoir de longue date de l'armĂ©e sur le pays, qui a pris fin dix ans auparavant[62].

La rĂ©pression sanglante des manifestations anti-coup d'État conduit Ă  la crĂ©ation de groupes armĂ©s pour combattre le Conseil administratif d'État, la junte militaire. RĂ©unies sous le nom de Force de dĂ©fense du peuple (PDF) et aux ordres du Gouvernement d'union nationale (NUG), formĂ© d'anciens parlementaires en fonction avant le coup d'État, la PDF et le NUG dĂ©clarent officiellement une « guerre dĂ©fensive » contre le rĂ©gime militaire en [63]. L'ACLED (en) estime qu'au , environ 23 521 personnes au total avaient Ă©tĂ© tuĂ©es dans les violences qui ont suivi le coup d'État de 2021[64],[65].

Dans les mois qui suivent le coup d'État, l'opposition commence Ă  se regrouper autour du Gouvernement d'unitĂ© nationale, qui lance une offensive contre le SAC. En 2022, l'opposition contrĂŽle un territoire substantiel, quoique peu peuplĂ©[66],[67],[68]. Dans de nombreux villages et villes, les attaques du SAC chassent des dizaines de milliers de personnes. À l'occasion du deuxiĂšme anniversaire du coup d'État, en , le prĂ©sident du SAC, Min Aung Hlaing, admet avoir perdu le contrĂŽle stable de « plus d'un tiers » des cantons. Des observateurs indĂ©pendants notent que le nombre rĂ©el est probablement bien plus Ă©levĂ©, avec seulement 72 cantons sur 330 restant sous le contrĂŽle de la Tatmadaw et les forces militaires alliĂ©es Ă  la junte. Cependant, les cantons sous contrĂŽle du SAC comprennent toujours tous les grands centres de population.

Manifestants armés

[modifier | modifier le code]

Fin mars, il est signalé que des dizaines de manifestants se sont rendus dans les zones frontaliÚres de la Birmanie pour s'enrÎler et s'entraßner dans l'un des nombreux groupes d'insurgés du pays[69], augmentant le risque d'une guerre civile à l'échelle du pays[70]. Le comité représentant Pyidaungsu Hluttaw propose également la formation d'une « force armée fédérale » pour combattre l'armée[71] et fin mars, l'armée d'Arakan (AA) menace de mettre fin à son cessez-le-feu avec l'armée si celle-ci « persistait à massacrer des civils »[72].

Fin mars, les manifestants s'arment de plus en plus d'armes artisanales, telles que des fusils, pour tenter de se défendre contre les attaques de l'armée. Simultanément, les affrontements avec les soldats et les attaques aux engins explosifs improvisés contre les bùtiments administratifs et les postes de police deviennent plus courants à mesure que la tendance des manifestants à utiliser la résistance armée augmentait[73].

Des milliers de manifestants participant Ă  un rassemblement anti-junte Ă  Rangoun, en .

AprĂšs une trentaine d'annĂ©es d'inactivitĂ©, l'ArmĂ©e populaire de libĂ©ration (APL), branche armĂ©e du Parti communiste birman (PCB), redevient active le lorsque des combattants communistes traversent la frontiĂšre depuis la Chine vers l'État kachin, oĂč l'ArmĂ©e pour l'indĂ©pendance kachin leur fournira des armes. En , le PCB créé une nouvelle branche armĂ©e pour lutter contre le SAC. Au cours des deux annĂ©es suivantes, l'APL renforce sa prĂ©sence dans la rĂ©gion de Tanintharyi, oĂč elle combat aux cĂŽtĂ©s du PDF, affirmant avoir 1 000 soldats actifs en .

Conflit ethnique renouvelé

[modifier | modifier le code]

Les troubles à travers le pays et le besoin accru de troupes de la junte dans des zones urbaines, auparavant pacifiques, renforcent les EAO. L'Armée de l'indépendance kachin (KIA) menait déjà une offensive contre les militaires depuis février et s'est emparée de la base militaire d'Alaw Bum prÚs de la ville de Laiza le [74]. Le lendemain, l'Armée Karen de libération nationale (KNLA) attaque une base militaire, tuant 10 soldats et en prenant d'autres en otage lors de la premiÚre attaque contre l'armée depuis le début des manifestations[75]. Le lendemain ont eu lieu les affrontements de Kalay en 2021, la premiÚre résistance ouvertement armée de manifestants dans la ville de Kalay contre la junte. Les manifestants utilisent des armes artisanales contre des soldats et des forces de sécurité attaquant un camp de protestation[76].

La junte militaire dĂ©clare qu'elle cesserait toutes les opĂ©rations militaires le et qu'elle tiendrait des nĂ©gociations bilatĂ©rales avec les groupes ethniques armĂ©s. Cependant, la KIA poursuit ses offensives en dĂ©clarant que l'armĂ©e de la Birmanie poursuivait ses opĂ©rations comme d'habitude. Sept groupes d'insurgĂ©s signataires de l'accord de cessez-le-feu national se sont alignĂ©s sur le comitĂ© reprĂ©sentant Pyidaungsu Hluttaw, notamment le Front dĂ©mocratique de tous les Ă©tudiants birmans (en) et l'Union nationale karen[77]. L'Alliance du Nord, composĂ©e de l'ArmĂ©e d'Arakan, de l'ArmĂ©e de libĂ©ration nationale Ta'ang et de l'ArmĂ©e de l'Alliance nationale dĂ©mocratique de Birmanie, a attaquĂ© un poste de police Ă  Naungmon, dans l'État shan, tuant au moins 10 policiers et indiquant son mĂ©pris pour l'appel Ă  un cessez-le-feu de la junte[78]. En rĂ©ponse, le , l'armĂ©e de la junte a lancĂ© une contre-attaque pour reprendre la base d'Alaw Bum, la base capturĂ©e par la KIA plus tĂŽt, en utilisant des frappes aĂ©riennes et des troupes au sol, mais a dĂ» battre en retraite au milieu de lourdes pertes[79].

Le , la bataille de Mindat est devenue l'un des premiers conflits Ă  grande Ă©chelle rĂ©sultant du coup d'État de 2021. La Force de dĂ©fense du Chinland (CDF) a commencĂ© la rĂ©sistance armĂ©e Ă  Mindat, dans l'État Chin. En rĂ©ponse, la junte a coupĂ© l'approvisionnement en nourriture et en eau et a dĂ©clarĂ© la loi martiale[80]. Les combats ont commencĂ© lorsqu'un groupe de manifestants devant la statue d'Aung San de la ville a demandĂ© la libĂ©ration de six de leurs collĂšgues arrĂȘtĂ©s, lorsqu'un soldat du rĂ©gime aurait tirĂ© sur quelqu'un, incitant les manifestants Ă  rĂ©agir[81]. Selon un travailleur humanitaire, plus de 10 000 personnes ont quittĂ© Mindat dans le sud de l'État Chin alors que l'armĂ©e de la Birmanie a lancĂ© une opĂ©ration tous azimuts pour rĂ©primer une rĂ©volte armĂ©e dirigĂ©e par des citoyens locaux[82]. En conclusion, la bataille a durĂ© quatre jours, tuant 30 soldats de la junte sans faire de victimes pour les CDF, et Mindat est depuis une ville fantĂŽme[83].

Chronologie

[modifier | modifier le code]

Début de la résistance formelle et de la guerre (-)

[modifier | modifier le code]

Le , le politicien pro-démocratie Min Ko Naing annonce la formation du gouvernement d'unité nationale, avec des membres de groupes ethniques minoritaires à des postes de direction et déclare que les dirigeants évincés Aung San Suu Kyi et Win Myint conserveront leurs fonctions et demande à la communauté internationale de reconnaßtre leur gouvernement plutÎt que celui du SAC[84],[85]. Tout au long du mois d'avril, les affrontements informels avec les manifestants s'intensifient, comme à Taze, lorsque les manifestants ripostent aux soldats avec des fusils de chasse et des bombes incendiaires le [86].

Le gouvernement d'union nationale déclare ensuite la formation d'une branche armée, les Forces de défense du peuple (PDF), le , date souvent citée comme le début de la guerre civile en Birmanie. Cette branche armée est créée pour protéger ses partisans des attaques de la junte militaire et comme premiÚre étape vers une armée de l'Union fédérale[87]. Les Forces de défense du peuple affrontent la Tatmadaw dans la ville de Muse le , tuant au moins 13 membres des forces de sécurité de la Birmanie[88],[89].

DĂ©but juin, des combats Ă©clatent dans le district de Myawaddy, oĂč l'armĂ©e et les gardes-frontiĂšres karens affrontent une force combinĂ©e karen et PDF, tuant des dizaines de soldats du SAC[90].

Des membres des Forces de dĂ©fense du peuple karenni (KPDF) dans l'État de Kayah capturent Ă©galement et dĂ©truisent plusieurs avant-postes de la Tatmadaw prĂšs de la capitale de l'État, Loikaw[91]. Vers la fin du mois de mai, la Tatmadaw utilise de l'artillerie et des hĂ©licoptĂšres pour frapper les positions des PDF et des KPDF Ă  Loikaw et Demoso[92]. Le , l'ArmĂ©e de l'IndĂ©pendance Kachin rejoint la PDF dans une bataille contre les troupes de la junte dans le canton de Katha, tuant huit soldats du rĂ©gime. Des combats Ă©clatent Ă©galement dans d'autres cantons de l'État kachin, notamment Ă  Putao (en), Hpakant et Momauk (en)[93].

Bien que le nombre de morts liĂ©es au conflit diminue entre mai et septembre, de nombreux affrontements armĂ©s persistent, avec une recrudescence dĂ©but juin[94]. Deux douzaines de responsables locaux nommĂ©s par l'armĂ©e sont assassinĂ©s tout au long du mois de juin, avec des centaines d'attentats Ă  la bombe contre des commissariats de police, des banques et des bureaux gouvernementaux[95]. Le , les forces du SAC, utilisant des vĂ©hicules blindĂ©s, attaquent un refuge des PDF Ă  Mandalay, arrĂȘtant plusieurs combattants[96]. Les forces de sĂ©curitĂ© birmanes tuent au moins 25 personnes lors d'un autre raid Ă  Tabayin[97]. Ces attaques ont lieu dans le centre de la Birmanie, Ă©galement connu sous le nom d'Anya, une rĂ©gion qui n'a rarement connu de violence armĂ©e ces derniers temps[98]. Le , les troupes attaquent plusieurs villages de la rĂ©gion de Sagaing et tuent 41 civils. Le Washington Post dĂ©crit comment la Birmanie glisse vers une « anarchie sanglante ».

Déclaration de guerre

[modifier | modifier le code]

Le , le NUG dĂ©clare l'Ă©tat d'urgence dans tout le pays et lance ce qu'il appelle une « guerre dĂ©fensive du peuple » contre la junte militaire[99],[100]. La dĂ©claration de guerre a augmentĂ© le nombre d'escarmouches et d'affrontements entre les milices PDF, les EAO et la junte militaire Ă  travers le pays[101]. Selon le NUG en , plus de 1 700 soldats du SAC sont tuĂ©s et 630 blessĂ©s lors des combats au cours des trois mois prĂ©cĂ©dents[102]. Plusieurs affrontements majeurs ont eu lieu de septembre Ă  octobre dans l'État Chin, la rĂ©gion de Sagaing, l'État de Kayah, la rĂ©gion de Magway et l'État shan[103],[104].

Le , l'armée nationale Pa-O, une milice pro-SAC active dans la zone auto-administrée Pa-O (en), aide le SAC à capturer une base de résistance prÚs d'Aungban (en)[105].

Fin , 8 000 habitants de la ville de Thantlang (en), dans l'État Chin, fuient vers le Mizoram, en Inde, aprĂšs que leurs maisons soient incendiĂ©es par le SAC[106]. Des embuscades des forces anti-SAC dans l'État shan tuent Ă©galement au moins 20 soldats[107]. Le , les forces du SAC envahissent et capturent le camp de base du PDF de Kalay dans le sud-ouest de la rĂ©gion de Sagaing, tuant 2 combattants et capturant 9 mĂ©decins[108].

Le , les médias contrÎlés par la junte rapportent qu'au moins 406 informateurs de la junte sont tués et 285 blessés depuis le lors d'attaques ciblées par les forces de la résistance[109].

Conflit initial (-)

[modifier | modifier le code]

Campagnes de la saison sĂšche 2021-2022

[modifier | modifier le code]

Selon l'analyste Matthew Arnold, l'élan de la guerre civile franchit un seuil critique à la fin de la saison sÚche de 2022, lorsque le sentiment révolutionnaire se transforme en une résistance sociale et armée plus large que le SAC ne peut plus réprimer[110]. Vers la fin de 2021, les affrontements armés directs cÚdent la place à davantage d'attentats à la bombe, d'engins explosifs et de mines terrestres. Les PDF, bénéficiant d'un fort soutien terrestre des communautés locales, attaquent des cibles gouvernementales vulnérables comme des postes de police, des avant-postes et des entreprises appartenant à l'armée. Grùce à cela, la résistance s'organise mieux : elle saisit des armes, suit des formations et communique entre ses unités grùce au NUG et aux EAO alliés. Selon l'Union nationale karen, environ 2 200 soldats et miliciens du SAC sont tués au cours du premier semestre de 2022[111].

Sud-est de la Birmanie
[modifier | modifier le code]
Réservoir de Mobye (en).

Le , des dizaines de forces de la junte tendent une embuscade et capturent un avant-poste des PDF de Mobye (en) dans le canton de Pekon (en), dans l'État shan, forçant les soldats des PDF, en infĂ©rioritĂ© numĂ©rique, Ă  battre en retraite[112]. Au moins quatre soldats du SAC sont tuĂ©s au cours d'un affrontement de quatre jours dans le canton de Hpruso avec les Force de dĂ©fense des nationalitĂ©s karenni (KNDF) et l'ArmĂ©e karenni (en)[113].

Le , environ 200 soldats de la Tatmadaw fouillent la ville de Lay Kay Kaw (en), contrĂŽlĂ©e par l'Union nationale karen (KNU), prĂšs de la frontiĂšre thaĂŻlandaise, arrĂȘtant des personnes soupçonnĂ©es d'ĂȘtre des militants ou des membres du PDF[114]. Le , les forces du SAC incendient dix-neuf maisons Ă  Kunnar, dans le canton de Loikaw, aprĂšs l'avoir prise aux KNDF la semaine prĂ©cĂ©dente[115].

Le , plus de 35 personnes sont massacrĂ©es lorsque leur convoi est pris en embuscade par les troupes de la junte Ă  l'extĂ©rieur du village de Mo So (en), dans l'État de Kayah[116]. Deux membres du personnel de l'organisation humanitaire Save the Children figurent parmi les victimes[117]. Le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies condamne l'attaque et appelle Ă  une « enquĂȘte approfondie et transparente » sur l'incident[118],[119].

Tout au long des mois de fĂ©vrier et , la junte mĂšne des frappes aĂ©riennes rĂ©pĂ©tĂ©es contre des cibles civiles dans des villages dans les États shan et de Kayah. Le seulement, une vingtaine de soldats du SAC et 20 combattants de la rĂ©sistance sont tuĂ©s lors d'affrontements Ă  Mobye, dans le sud de l'État shan[120]. Des tĂ©moins dĂ©crivent des soldats pillant systĂ©matiquement des bijoux, de l'argent liquide, des vĂ©hicules et d'autres objets de valeur. Amnesty International qualifie ces actions de punition collective contre les minoritĂ©s ethniques du pays[121].

Des combats Ă©clatent dans certaines parties de la ville de Loikaw le [122]. Le nombre de rĂ©fugiĂ©s Ă  la frontiĂšre thaĂŻlandaise augmente aprĂšs l'intensification des combats dans l'État de Kayin[123]. Le , les soldats de la junte subissent au moins 30 pertes aprĂšs avoir Ă©tĂ© repoussĂ©s par le KNLA lors de la bataille de Lay Kay Kaw[124].

Centre de la Birmanie
[modifier | modifier le code]
Les Forces de défense du peuple combattent dans la région de Sagaing, en 2022.

Le cƓur historique de la zone sĂšche de Birmanie connaĂźt rarement de violence armĂ©e dans le conflit moderne en Birmanie depuis 1948 en tant que rĂ©gion agricole Ă  prĂ©dominance bouddhiste et bamar. Les combats dans le théùtre de la zone sĂšche (en) du centre de la Birmanie qui commencent en 2021 changent cette trajectoire. Sans la prĂ©sence des EAO, les groupes PDF bamar sont caractĂ©risĂ©s comme des cellules locales agissant de maniĂšre autonome vers des objectifs simples et dirigĂ©s vers le coup d'État de 2021. Au cours de la saison sĂšche 2021-2022, les PDF commencent Ă  travailler plus Ă©troitement ensemble et Ă  se coordonner vers des objectifs plus vastes[125]. DĂ©but 2022, les forces de rĂ©sistance combattent Ă  Monywa, la capitale de la rĂ©gion de Sagaing[126]. Les attaques de la rĂ©sistance contre le SAC voient le SAC riposter contre les civils[127]. Les attaques ciblĂ©es contre le personnel augmentent, tuant divers membres du SAC et dĂ©truisant du matĂ©riel[128]. La PDF subit Ă©galement des pertes, avec 12 combattants tuĂ©s dans une bataille dans le canton de Khin-U[129]. De nombreuses villes connaissent des affrontements violents lors du jour de l'Union de 2022[130]. Mandalay connaĂźt Ă©galement des combats, avec des victimes des deux cĂŽtĂ©s[131].

Nord de la Birmanie
[modifier | modifier le code]

Tout au long de la saison sĂšche 2021-2022, divers groupes du nord de la Birmanie tendent des embuscades contre des avant-postes et des convois militaires. L'ArmĂ©e pour l'indĂ©pendance kachin (KIA) et les PDF attaquent des convois dans les cantons de Mohnyin (en)[132] et de Hpakant[133]. En octobre, elles ferment Ă©galement partiellement les opĂ©rations d'extraction d'or menĂ©es par les alliĂ©s du SAC[134]. AprĂšs une embuscade prĂšs de Shwegu (en), la Tatmadaw riposte par des frappes aĂ©riennes et des attaques terrestres contre les bases de la KIA dans les cantons de Hpakant et de Mohnyin[135]. DĂ©but fĂ©vrier, la KIA attaque plusieurs bases militaires dans les États kachin et shan, et en incendie une dans le canton de Hpakant. Le SAC rĂ©agit en intensifiant ses frappes aĂ©riennes et en envoyant des renforts dans la zone[136].

La Force de défense du Chinland (CDF) et l'Armée nationale Chin (CNA) attaquent et tendent des embuscades aux avant-postes et aux convois dans les cantons de Matupi (en)[137] et de Mindat (en)[138]. En décembre, la Tatmadaw reprend la ville de Thantlang aux CDF lors d'une offensive qui détruit plus d'un quart des bùtiments de la ville[139].

Le , des unités du CNA pénÚtrent dans le village de Senam, au sud de Tamu, dans la région voisine de Sagaing, pour attaquer une base de l'Armée populaire de libération du Manipur (APL), basée en Inde. AprÚs plusieurs heures de combats, entre 10 et 20 rebelles manipuris et un combattant de l'APL sont tués[140].

Rangoun et autres régions
[modifier | modifier le code]

Durant cette période, plusieurs cas de guérilla sont signalés en Birmanie, utilisant des explosifs artisanaux, dont plusieurs accidents ayant entraßné la mort de résistants. Le , un véhicule militaire explose dans le canton de Tamwe (en), à Rangoun, tuant plusieurs militaires[141]. Le , les troupes de la Tatmadaw capturent 12 résistants présumés aprÚs l'explosion accidentelle de plusieurs bombes dans le canton de Hlaing Thar Yar (en), à Rangoun[142]. La guerre urbaine étant devenue moins efficace, les forces de résistance commencent à cibler les responsables proches du SAC. Selon des sources proches du SAC, 367 responsables nommés par le SAC sont assassinés lors d'attaques ciblées entre et [143]. Les forces de résistance commencent également à cibler les domiciles de pilotes du SAC à Rangoun en réponse aux frappes aériennes contre des civils[144].

Des combats ont Ă©galement lieu dans d'autres rĂ©gions Ă  majoritĂ© bamar. Le , au moins 36 soldats du SAC sont tuĂ©s dans des embuscades s'Ă©tendant sur trois jours dans les rĂ©gions de Magway, Sagaing et Tanintharyi, ainsi que dans les États Chin, shan et de Kayah[145].

Diminution de l'intensité des combats lors de la mousson de 2022

[modifier | modifier le code]
Soldats de la Force de défense des nationalités karenni, en .

L'intensitĂ© des combats diminue pendant la mousson. Les forces de rĂ©sistance sont avantagĂ©es par les prĂ©cipitations, car le SAC ne peut pas mener de frappes aĂ©riennes aussi facilement[146]. En juin, les groupes de rĂ©sistance prennent le contrĂŽle de 40 Ă  50 % du pays. L'ArmĂ©e d'Arakan affirme administrer la majeure partie de l'État de Rakhine avec un gouvernement indĂ©pendant. Le Front national Chin (en) et les CDF prĂ©voient d'Ă©tablir un nouveau gouvernement. La KIA et l'État Wa, une rĂ©gion neutre et indĂ©pendante de facto de la Birmanie, consolident des territoires Ă©tendus[147]. Cependant, l'armĂ©e birmane conserve un contrĂŽle Ă©troit sur presque toutes les villes de Birmanie et sur la plupart des ressources naturelles du pays, dont d'importantes mines de jade[148]. Pendant cette pĂ©riode, les PDF sont Ă©galement incapables de dĂ©passer les tactiques de guĂ©rilla rurale. Duwa Lashi La, prĂ©sident par intĂ©rim du NUG, cite le manque d'armes et de soutien international comme raisons de la prolongation du conflit.

Le , un attentat Ă  la bombe fait un mort et neuf blessĂ©s prĂšs de la pagode Sule Ă  Rangoun, la plus grande ville de Birmanie. Les mĂ©dias d'État accusent les Forces de dĂ©fense du peuple d'ĂȘtre responsables de l'attaque, ce que les PDF nient[149]. Un affrontement survenu en juillet dans le canton de Pekon, dans l'État shan, tue Ă©galement une quarantaine de soldats du SAC et 11 combattants des PDF[150].

Massacres et exécutions
[modifier | modifier le code]

L'armée déploie ses méthodes anti-insurrectionnelles éprouvées, selon ce qu'on appelle une « approche brutale », consistant à bombarder et à incendier des villages et à massacrer des civils pour débusquer les groupes rebelles. Cependant, cette approche s'avÚre inefficace, car elle ne réussit pas à consolider le pouvoir ni à dissuader la résistance.

Les forces militaires birmanes exécutent au moins 37 villageois lors du massacre de Mon Taing Pin (en) en aprÚs avoir bombardé le village de Mondaingbin (en), dans la région de Sagaing, avec de l'artillerie lourde[151]. Les forces du SAC entrent dans le monastÚre bouddhiste local, enrÎlent briÚvement de jeunes villageois avant de les exécuter, ainsi que d'autres captifs, prÚs d'un stupa[152].

Le , le Conseil administratif d'État annonce avoir exĂ©cutĂ© quatre prisonniers politiques, dont Zayar Thaw et Kyaw Min Yu (en), ce qui constitue la premiĂšre utilisation de la peine capitale en Birmanie depuis la fin des annĂ©es 1980[153]. Les hommes sont accusĂ©s d'aider le mouvement de rĂ©sistance[154]. L'Ă©vĂ©nement est largement perçu comme une provocation visant Ă  aggraver le conflit en cours par la Tatmadaw[155]. La communautĂ© internationale, dont le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies, les pays du G7 et l'Union europĂ©enne condamnent fermement les exĂ©cutions[156].

Selon un rapport spĂ©cial de Radio Free Asia, les soldats du SAC, Ă  la suite d'un raid dans le village de Se Zin, dans l'État kachin, en , incendient plus de 400 maisons, tuant au moins 15 personnes sur place, arrĂȘtent quelque 400 personnes Ă  Se Zin et dans ses environs, et environ 100 d'entre elles sont tuĂ©es (y compris lors d'un massacre extrajudiciaire) par les forces de sĂ©curitĂ© entre et , tandis que d'autres sont mortes en raison de conditions de dĂ©tention horribles[157].

Le , l'armée birmane tue 11 enfants et en blesse 17 autres lors du massacre de Let Yet Kone, dans le cadre d'une frappe aérienne menée contre une école de Let Yet Kone (en), dans la région de Sagaing[158]. L'armée affirme que le village abrite des combattants de la résistance de la KIA et des PDF[159]. L'attaque est largement condamnée par la communauté internationale, notamment par les Nations unies et l'Union européenne[160],[161].

Plus tard en , le gĂ©nĂ©ral de brigade Ă  la retraite Ohn Thwin, mentor du gĂ©nĂ©ral Soe Win, vice-prĂ©sident du Conseil administratif d'État, est assassinĂ© par des groupes de guĂ©rilla anti-SAC Ă  Rangoun. Cet assassinat entraĂźne un renforcement des mesures de sĂ©curitĂ© visant les hauts gradĂ©s du SAC[162].

Rupture du cessez-le-feu d'Arakan lors de la mousson de 2022

[modifier | modifier le code]

DĂ©but 2022, l'ArmĂ©e d'Arakan et la junte s'affrontent Ă  nouveau dans le nord de l'État de Rakhine. Le , elles s'affrontent Ă  au moins deux reprises Ă  Maungdaw, dans cet État. Les combats Ă©clatent le lorsque les troupes de la junte lancent une attaque surprise contre un avant-poste de l'AA prĂšs des monts Letpan, au nord-est du village de Mee Taik, tuant une sentinelle de l'AA, selon le porte-parole de l'AA, Khaing Thukha. Trois heures d'affrontements sont Ă©galement signalĂ©es le . Ces affrontements font craindre une rupture du cessez-le-feu informel entre l'AA et l'armĂ©e, en vigueur depuis [163]. De nouveaux affrontements dans le nord de Maungdaw, dans la nuit du , font deux morts parmi les civils[164]. Plusieurs soldats de la junte, dont un major, sont Ă©galement tuĂ©s lors de l'attaque[165].

La frontiĂšre entre le Bangladesh et la Birmanie.

Entre juin et , le cessez-le-feu informel conclu fin 2020 entre l'ArmĂ©e d'Arakan (AA) et la junte est rompu. L'AA a consolidĂ© son contrĂŽle pendant cette pĂ©riode, Ă©vitĂ© la violence initiale de la guerre et introduit de nombreux services publics et administrateurs locaux dans le nord de l'État de Rakhine. L'attention de l'armĂ©e Ă©tant dĂ©tournĂ©e vers la rĂ©sistance croissante ailleurs et le soutien populaire croissant Ă  une alliance avec le NUG, l'AA cherche Ă  Ă©tendre son influence dans le sud de l'État de Rakhine[166]. La rhĂ©torique du chef de l'AA, Twan Mrat Naing, devient plus provocatrice en juin, les porte-parole militaires dĂ©clarant que l'AA invite au conflit[167]. Les affrontements armĂ©s reprennent en juillet aprĂšs que la junte lance une frappe aĂ©rienne contre une base de l'AA dans l'État de Kayin, tuant 6 soldats de l'AA. L'AA riposte dans le canton de Maungdaw et dans l'ouest de l'État Chin fin juillet et dĂ©but aoĂ»t. Fin aoĂ»t, les dĂ©placements terrestres vers le nord de l'État de Rakhine nĂ©cessitent le passage d'une sĂ©rie de points de contrĂŽle et tous les navires de transport public cessent leurs opĂ©rations en raison de blocus fluviaux et terrestres[168].

Le , deux obus de mortier tirés par l'armée birmane atterrissent dans un camp de réfugiés rohingyas au Bangladesh, tuant un homme et en blessant cinq autres. Des hélicoptÚres de l'armée birmane pénÚtrent dans l'espace aérien bangladais pour attaquer l'Armée d'Arakan et tirer un obus dans l'espace aérien bangladais. Deux jours plus tard, le Bangladesh convoque l'ambassadeur de Birmanie, Aung Kyaw Moe, pour protester vigoureusement contre les violations terrestres et aériennes[169],[170]. En , le ministre bangladais des Affaires étrangÚres, AK Abdul Momen (en), déclare que les bombardements frontaliers menés par la Birmanie ont cessé aprÚs sa rencontre avec l'ambassadeur de Chine au Bangladesh, Li Jiming[171].

Escalade de la guerre civile (-)

[modifier | modifier le code]

Efforts de résistance accrus

[modifier | modifier le code]

À la mi-, le NUG publie une dĂ©claration appelant Ă  la victoire de la RĂ©volution du Printemps d'ici fin 2023. Cet appel Ă  l'action est suivi d'une intensification des combats par les forces de rĂ©sistance dans les zones urbaines et dans le sud-est de la Birmanie[172]. Cette Ă©volution a lieu Ă  la suite de l'incendie par la junte d'au moins 20 villages dans les rĂ©gions de Sagaing et de Magway, dans le cadre d'une stratĂ©gie des « quatre coupes (en) » visant Ă  attaquer les civils pour affaiblir les mouvements anti-rĂ©gime. Selon les porte-parole de la rĂ©sistance basĂ©s Ă  Sagaing, de nombreuses victimes d'incendies criminels rejoignent ensuite la rĂ©sistance[173]. L'urgence de la rĂ©sistance est probablement motivĂ©e par l'imminence des Ă©lections prĂ©vues par le Conseil administratif d'État. La nature fragmentĂ©e des Ă©lĂ©ments de base du PDF s'organise davantage en 2022 grĂące au commandement du NUG et Ă  la coopĂ©ration avec diverses EAO, en particulier l'ArmĂ©e pour l'indĂ©pendance kachin (KIA).

La Force de dĂ©fense des nationalitĂ©s karenni (KNDF) affirme en que 1 692 soldats du rĂ©gime et 211 combattants de la rĂ©sistance ont Ă©tĂ© tuĂ©s depuis le coup d'État de 2021, que 293 civils ont Ă©tĂ© tuĂ©s par le rĂ©gime et que 126 civils dĂ©placĂ©s sont morts en fuyant leurs foyers dans les États de Kayah et shan en 2022[174].

Attaques des Highlands
[modifier | modifier le code]
Une rue de Kawkareik.

L'ArmĂ©e Karen de libĂ©ration nationale (KNLA) intensifie les combats, assiĂ©geant la ville principale de Kawkareik, Ă  la frontiĂšre thaĂŻlandaise, lors de la bataille de Kawkareik, le . La bataille dĂ©bute par des attaques surprises sur l'Asia Highway et contre des bureaux gouvernementaux dans la ville. Les forces de rĂ©sistance semblent prĂȘtes Ă  prendre la ville, mais se retirent finalement deux jours plus tard aprĂšs avoir subi des frappes aĂ©riennes de la junte et avoir stratĂ©giquement Ă©loignĂ© ses troupes des positions proches[175],[176]. Quatre jours plus tard, les forces dirigĂ©es par la KNLA prennent la base d'un bataillon d'infanterie lĂ©gĂšre de la junte dans le canton de Kyain Seikgyi[177].

Dans l'État shan, des affrontements entre les forces du PDF prĂšs du lac Inle et l'Organisation nationale Pa-O (PNO) Ă©clatent aprĂšs que la PNO contraigne des villages Ă  utiliser des hors-bords et Ă  recruter des miliciens[178].

Vue de la route Kalay-Falam.

Fin 2022, les forces de rĂ©sistance de l'État Chin utilisent des drones lors d'un siĂšge d'une semaine contre un avant-poste du canton de Falam (en), tuant 74 % des forces de la junte stationnĂ©es, mais ne parvenant pas Ă  prendre l'avant-poste face aux bombardements aĂ©riens[179]. En , la CNA capture le commissariat de police de Thantlang et prend le contrĂŽle de la ville[180]. Dans l'État kachin, l'ArmĂ©e des nationalitĂ©s Shanni (en) (SNA) s'allie plus activement Ă  la junte Ă  mesure que le conflit entre la SNA et la KIA s'intensifie. En aoĂ»t, la SNA et l'armĂ©e birmane incendient des centaines de maisons dans l'État kachin, forçant la KIA Ă  se retirer de la zone[181].

Les forces chins ciblent Ă©galement des convois sur les routes de l'État. En , la rĂ©sistance chin, composĂ©e de la CNA, du CNDF et des CDF, tend plusieurs embuscades Ă  un convoi du rĂ©gime entre Kalay, Falam et Hakha, capturant et dĂ©truisant plusieurs vĂ©hicules blindĂ©s[182]. Le NUG accorde aux forces chin combinĂ©es 400 millions de kyats pour la saisie de deux vĂ©hicules blindĂ©s. Le lendemain, les groupes attaquent un autre convoi de la junte transportant 80 soldats sur la route entre Matupi et Paletwa (en), tuant plus de 30 soldats de la junte[183]. En avril, le CNDF attaque une base de la junte sur la route Kalay-Falam prĂšs de Varr, dans le canton de Falam, tuant onze soldats du rĂ©gime et en capturant quatorze[184].

Attaques en plaine
[modifier | modifier le code]

En , la résistance s'intensifie dans la région de Bago. Dans le canton de Monyo (en), à l'ouest de la région, les PDF attaquent un bùtiment de police à l'aide de bombes à fragmentation[185]. Dans l'est de Bago, 15 soldats de la junte sont tués lors d'un raid des PDF de Bago contre un poste de police du canton de Yedashe (en)[186]. Des milliers de civils fuient également le canton de Shwegyin (en) lorsque les forces de résistance conjointes de la KNLA et du NUG s'emparent de trois avant-postes militaires[187].

Une zone rurale prÚs de Mawlaik, dans la région de Sagaing.

DĂ©but dĂ©cembre, une vidĂ©o montrant des membres des Forces de dĂ©fense du peuple en train de frapper et d'abattre une femme est diffusĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux. Le ministĂšre de la DĂ©fense du NUG dĂ©clare que l'incident s'est produit en juin Ă  Tamu, dans la rĂ©gion de Sagaing, et qu'une enquĂȘte est en cours aprĂšs l'arrestation des auteurs[188].

Début , des groupes PDF du canton de Kani (en), dans la région de Sagaing, attaquent des navires de ravitaillement de la junte, tuant au moins 25 soldats. La junte utilise de plus en plus les voies navigables pour s'approvisionner, évitant les routes dans les zones tenues par la résistance[189]. En , une force combinée de PDF des cantons voisins s'empare de la base de la colline de Tower Taing, dans le canton de Kani, tuant 30 soldats de la junte et s'emparant d'armes[190],[191].

DĂ©but 2023, les PDF de Mandalay annoncent leur intention d'intensifier leurs opĂ©rations militaires[192]. Aux cĂŽtĂ©s de la TNLA, ils s'engagent dans une sĂ©rie d'affrontements intenses avec les forces de la junte dans le canton de Nawnghkio (en), prĂšs de la frontiĂšre entre l'État shan et la rĂ©gion de Mandalay, tuant au moins 75 soldats de la junte et en blessant 60 autres[193]. Une force combinĂ©e d'au moins 900 soldats de la junte et des milices pro-junte attaque les positions de rĂ©sistance Ă  l'aide d'attaques d'artillerie et de frappes aĂ©riennes pendant les affrontements, mais est forcĂ©e de battre en retraite[194].

Attaques urbaines
[modifier | modifier le code]

En 2023, le nombre d'attaques en zone urbaine augmente. En , le groupe de guérilla urbaine Urban Owls assassine Minn Tayzar Nyunt Tin, un assistant juridique et chargé du blanchiment d'argent de la junte, lié à l'ancien commandant de l'armée de l'air, le général Myat Hein (en), à Thanlyin, prÚs de Rangoun. Minn Tayzar Nyunt Tin contribue à la rédaction de la loi répressive sur la cybersécurité, considérée comme une violation des droits numériques, de la vie privée et de la liberté d'expression[195].

Représailles et atrocités de la junte

[modifier | modifier le code]

En , les combats et les escarmouches s'intensifient, la junte commettant plusieurs atrocitĂ©s contre des civils. Le , les forces de la junte dĂ©capitent Saw Tun Moe, un professeur de lycĂ©e de Thit Nyi Naung (en), et empalent sa tĂȘte sur le portail Ă  pointes d'une Ă©cole administrĂ©e par le NUG aprĂšs avoir incendiĂ© et pillĂ© le village de Taung Myint (en), dans la rĂ©gion de Magway[196].

Canton de Mogaung (en), à l'est de Hpakant.

Deux jours plus tard, le , plus de 80 personnes sont tuées par une frappe aérienne dans le canton de Hpakant, au nord de la Birmanie, lors d'une célébration de l'anniversaire de l'Organisation pour l'indépendance kachin (en) (KIO). Au moins 80 civils sont tués, ce qui en fait l'attaque la plus meurtriÚre contre des civils depuis le début de la nouvelle guerre civile[197]. La junte nie toute victime civile, tandis que les Nations unies condamnent l'attaque[198].

En , la junte continue Ă  brĂ»ler des villages dans la rĂ©gion de Sagaing, y compris le village natal du cardinal Charles Maung Bo, chef de l'Église catholique en Birmanie (en)[199]. Les soldats de la junte se cachent Ă©galement dans des camions civils se faisant passer pour des travailleurs pour tendre une embuscade aux forces de dĂ©fense locales dans le canton de Shwebo (en)[200].

Le , Min Aung Hlaing impose la loi martiale dans 37 cantons oĂč sĂ©vissent une activitĂ© de rĂ©sistance, affectant des millions de rĂ©sidents[201].

Tactiques de la terre brûlée
[modifier | modifier le code]

En , la saison sĂšche permet un recours accru Ă  l'armĂ©e de l'air birmane pour affaiblir la capacitĂ© des forces de rĂ©sistance Ă  maintenir leurs positions stratĂ©giques et leurs avant-postes. Des bombardements aĂ©riens, des raids d'hĂ©licoptĂšres et des frappes d'artillerie suivent gĂ©nĂ©ralement les escarmouches une fois que les forces terrestres de la junte ont subi des pertes substantielles et se retirent. Une fois que les forces piĂ©gĂ©es sont soulagĂ©es par un soutien aĂ©rien, elles s'engagent dans une tactique de la terre brĂ»lĂ©e. Les vĂ©tĂ©rans de la Seconde Guerre mondiale dĂ©crivent les destructions comme pires que celles de la campagne de Birmanie de la Seconde Guerre mondiale en raison du ciblage dĂ©libĂ©rĂ© de villages civils[202]. Le recours intensif aux forces aĂ©riennes s'accompagne d'une diminution de la capacitĂ© de la junte Ă  combattre sur le terrain. Au cours de la semaine du , des attaques aĂ©riennes rĂ©pĂ©tĂ©es de la junte le long de la frontiĂšre entre la rĂ©gion de Sagaing et l'État kachin tuent 80 personnes et perturbent les chaĂźnes d'approvisionnement entre les deux rĂ©gions de rĂ©sistance[203]. La campagne de la terre brĂ»lĂ©e de la junte s'Ă©tend Ă  travers le nord de la Birmanie, brĂ»lant des bases et des villages qu'ils ne peuvent plus dĂ©fendre[204]. Des milliers d'habitants fuient pendant la campagne, tandis que des centaines de maisons sont dĂ©truites[205]. DĂ©but 2023, une campagne de terre brĂ»lĂ©e menĂ©e par la junte vise Ă  sĂ©curiser Ă  nouveau la mine de cuivre de Letpadaung (en), dans le canton de Salingyi (en), pour les travailleurs Ă©trangers chinois qui prĂ©voient de partir en vacances[206].

Le , les troupes de l'armée lancent une nouvelle offensive militaire dans la région de Sagaing, pillant et attaquant des villages au confluent de l'Irrawaddy et de la Mu. Au cours de cette offensive, les troupes de la 99e division d'infanterie légÚre exécutent au moins 17 villageois lors du massacre de Tar Taing[207].

Impasse temporaire (-)

[modifier | modifier le code]

Cessez-le-feu d'Arakan de

[modifier | modifier le code]
Champs dans le canton de Maungdaw, au nord de l'État de Rakhine.

Le , l'ArmĂ©e d'Arakan et la junte conviennent d'un cessez-le-feu temporaire Ă  compter du . Ce cessez-le-feu est nĂ©gociĂ© par Yƍhei Sasakawa de la Nippon Foundation. Les porte-parole de l'ArmĂ©e d'Arakan affirment avoir acceptĂ© ce cessez-le-feu pour des raisons humanitaires, et non sous la pression internationale. L'ArmĂ©e d'Arakan ne se retire pas des fortifications tenues au moment du cessez-le-feu[208]. Les porte-parole de la junte dĂ©clarent qu'il s'agit de la premiĂšre Ă©tape vers un cessez-le-feu permanent avec l'ArmĂ©e d'Arakan[209]. À la mi-dĂ©cembre, les tensions restent Ă©levĂ©es, les forces des deux camps restant dĂ©ployĂ©es dans le nord de l'État de Rakhine[210].

Nouveaux fronts ultérieurs

[modifier | modifier le code]

Le , l'armée lance une offensive majeure contre l'Armée de l'Alliance nationale démocratique de Birmanie (Kokang), utilisant des armes lourdes sur une base prÚs de Chinshwehaw (en), prÚs de la frontiÚre chinoise. Cette offensive se poursuit jusqu'au , mobilisant 500 soldats de la junte[211].

L'armĂ©e poursuit sa campagne dans le nord de l'État shan contre l'ArmĂ©e de libĂ©ration nationale Ta'ang (TNLA). Le , la junte lance une offensive terrestre contre la TNLA lors de la bataille de Namhsan (en), utilisant des bombes aĂ©riennes[212]. AprĂšs six jours de combats, la TNLA reprend quatre villages, tuant 70 soldats et en capturant 28 autres. Le , la junte se retire, affirmant avoir conclu un accord avec la TNLA et dĂ©clarant avoir eu l'intention de cibler les forces des PDF et non la TNLA. La TNLA rejette cette dĂ©claration[213]. La poursuite des affrontements fin dĂ©cembre contraint plus d'un millier de civils Ă  fuir vers Mogok[214].

Attaques de guérilla de 2023

[modifier | modifier le code]
Voiture en feu Ă  Lashio, en .

Selon les analystes, début 2023, la guerre civile est dans l'impasse. Malgré plusieurs combats réussis, une importante disparité de pouvoir subsiste entre les forces de résistance conjointes et la junte. Les PDF et les EAO sont confrontées à des contraintes de ressources, car elles dépendent principalement des dons pour leur financement et de canaux clandestins pour acquérir des armes. La résistance a également de plus en plus recours à des attaques coordonnées de drones, comme le , lorsque 11 groupes de résistance mÚnent conjointement des frappes de drones dans le canton de Sagaing (en), tuant 17 soldats[215].

DĂ©but avril, l'ArmĂ©e de Kawthoolei (KTLA) lance une offensive contre Shwe Kokko, la base des gardes-frontiĂšres (BGF) de l'État Karen, en reprĂ©sailles Ă  l'emprisonnement et Ă  l'assassinat du porte-parole du groupe par la BGF. AprĂšs la capture annoncĂ©e de cinq bases de la BGF[216] le , l'offensive commence Ă  s'essouffler. À la suite des contre-attaques de la junte et de la BGF, la KTLA est contrainte de battre en retraite, subissant de lourdes pertes. Par la suite, la KNU dĂ©clare qu'elle n'approuve pas ces attaques et qu'elle n'acceptera pas la prĂ©sence de la KTLA sur son territoire[217].

Début , le NUG annonce la formation du premier bataillon des PDF dans la région de Rangoun, le bataillon 5101[218]. Le , le groupe de guérilla Urban Owls assassine Ye Khaing, directeur des opérations et chef de la sécurité de l'aéroport international de Rangoun, et ancien major de l'armée de l'air, devant son domicile dans le canton de Mingaladon (en), à Rangoun. Ye Khaing fournirait des informations à la junte et détiendrait des militants anti-junte au principal aéroport international de Birmanie[219]. Urban Owls affirme également que Ye Khaing est un confident de Steven Law (en), le propriétaire de la société Asia World, qui exploite l'aéroport, et qu'il est un soutien majeur du régime avec le commandant en second, le général Soe Win[220].

Fin , une force de rĂ©sistance combinĂ©e du PDF et du KNLA prend le contrĂŽle de la route nationale 8 dans l'État MĂŽn, installant des points de contrĂŽle et arrĂȘtant le personnel de la junte[221]. Également en juin, le groupe de rĂ©sistance Ye Belu, basĂ© dans le canton de Ye (en), lance des attaques de guĂ©rilla successives contre la junte en . Le , ils attaquent un poste de contrĂŽle de sĂ©curitĂ© de la junte au pont de Chaung Taung, tuant quatre soldats et un fonctionnaire travaillant pour le ministĂšre de l'Immigration et de la Population (en) de la junte Ă  Lamaing (en)[222]. Le , le groupe assassine un chef de milice Pyusawhti (en) Ă  Duya (en), dans le canton de Ye[223]. Deux jours plus tard, ils tendent une embuscade Ă  un convoi militaire du commandement des opĂ©rations militaires no 19 de la junte, tuant cinq soldats et en blessant d'autres[224]. Les attaques provoquent une rupture de l'administration de la junte dans le canton de Ye. Tous les bureaux administratifs de trois villes (Lamaing, Khawzar (en) et Ye) ferment[225].

Le , les forces de la junte affrontent une coalition de plusieurs groupes rebelles à Thandaung, prÚs de Naypyidaw. Les forces rebelles visent à s'emparer du quartier général de la 606e division d'infanterie légÚre[226]. Le , des membres de la Force de défense du Thandaung du Nord, accompagnés de l'unité de drones Lethal Prop, attaquent la base militaire d'Aye Lar, prÚs de l'aéroport international de Naypyidaw, avec deux bombes artisanales. Il s'agit de la premiÚre attaque de drone documentée par les forces de résistance contre une base aérienne[227].

Les et , l'Armée révolutionnaire Zomi (en) (ZRA) attaque deux avant-postes de la Force de défense du Chinland (CDF) dans le canton de Tonzang (en), tuant deux soldats des CDF. Ces attaques ne sont pas les premiÚres entre la ZRA et la résistance chin, qui s'affrontent depuis 2021, et ont lieu malgré la déclaration publique de soutien de la ZRA à la résistance anti-junte publiée en 2021.

Offensives de la mousson de 2023

[modifier | modifier le code]

En , le NUG affirme que 3 012 soldats de la junte sont tuĂ©s entre janvier et [228]. Dans le seul État de Kayah, 667 soldats de la junte militaire et 99 membres de la rĂ©sistance sont tuĂ©s. Dans une interview de septembre, Duwa Lashi La affirme que les forces de rĂ©sistance ont pris le contrĂŽle effectif d'environ 60 % du territoire de la Birmanie[229].

DĂ©but , une force de coalition de la KNLA et d'autres forces de rĂ©sistance tende une embuscade aux forces de la junte aux points de contrĂŽle du pont Don Tha Mi, Ă  la frontiĂšre des États Karen et MĂŽn, infligeant de lourdes pertes[230]. Le lendemain, des groupes de rĂ©sistance attaquent le poste de police et les bureaux de la junte dans le canton de Kyain Seikgyi, dans l'État Karen, tuant 10 soldats de la junte et en blessant 15 autres. La junte riposte par des tirs d'artillerie et dĂ©ploie des hĂ©licoptĂšres d'attaque, tuant deux civils locaux et un moine.

Dans l'État de Kayah, le , le Front national de libĂ©ration du peuple karenni (FNKP), qui a conclu un cessez-le-feu avec la junte et est devenu une force de garde-frontiĂšres en 2009, rejoint ouvertement les forces anti-junte. Le FNKP commence Ă  attaquer les positions militaires birmanes, s'associant aux KA, KNDF, KNLA et PDF[231], et s'emparant des avant-postes de la junte lors de la bataille de Mese (en). Les forces combinĂ©es prennent le contrĂŽle du canton de Mese, dans l'est de l'État de Kayah[232]. 430 soldats du bataillon d'infanterie lĂ©gĂšre, dont leur lieutenant-colonel commandant, se rendent Ă  la rĂ©sistance[233]. Plus tard en juillet, les forces du KNLA et leurs alliĂ©s prennent la base de la junte sur la colline de Lat Khat Taung. Lors d'une tentative de reprise de la colline, 20 soldats de la junte sont tuĂ©s et 34 blessĂ©s[234].

De juillet à , l'Armée de libération nationale Ta'ang et les Forces de défense du peuple de Mandalay mÚnent conjointement l'opération Kanaung contre les forces de la junte dans la région de Mandalay. Au cours de cette période, 76 soldats de la junte sont tués, 19 blessés et une importante quantité d'armes et de munitions est saisie[235],[236].

Opération 1027 et offensives concomitantes (-)

[modifier | modifier le code]

Opération 1027 (Phase 1)

[modifier | modifier le code]
Équipement de la Tatmadaw capturĂ© Ă  Kawlin, en .
Carte des gains anti-junte de la phase 1 de l'opération 1027 au .

Le , l'Alliance des Trois Fraternités lance une offensive baptisée opération 1027, ciblant les postes de contrÎle et les bases de la junte prÚs de Lashio et le poste frontalier de Phaung Seik, prÚs de Chinshwehaw (en)[237]. Chinshwehaw tombe aux mains des armées ethniques. L'aéroport de Lashio et deux importants postes-frontiÚres sino-birmans, prÚs de Laukkai, sont fermés[238],[239]. Au cours des trois jours suivants, les forces de la coalition capturent 57 bases, ce à quoi la junte répond par des bombardements aériens[240]. Simultanément, l'AA engage le combat contre les forces de la junte dans le canton de Htigyaing (en), dans la région de Sagaing[241].

Le , Nawnghkio (en) tombe sous le contrĂŽle limitĂ© de la TNLA et des PDF de Mandalay[242] et 41 combattants de la junte Ă  Kunlong se rendent Ă  la MNDAA[243]. Le lendemain, les forces combinĂ©es de l'AA et de la KIA capturent la base de Gangdau Yang sur la route Myitkyina-Bhamo[244]. Un convoi de la junte arrive le lendemain pour renforcer Nawnghkio, mais les forces de la TNLA et des PDF font exploser un vĂ©hicule blindĂ©, emportent des armes et des prisonniers de guerre. Le convoi bat en retraite et Ă©tablit un camp dans le sud-ouest du canton de Nawnghkio (en), qui est attaquĂ© par les forces rebelles le lendemain matin[245]. La junte reconnaĂźt avoir perdu le contrĂŽle de trois villes du nord de l'État shan, dont Pang Hseng (en)[246]. La TNLA, la MNDAA et l'AA dĂ©clarent contrĂŽler quatre villes, dont Hsenwi[247].

La TNLA capture la ville de Namkham dans l'État shan.

Le , les forces de la TNLA saisissent des ponts et des portes routiĂšres prĂšs de Namkham, dans l'État shan, et prennent la ville aprĂšs un assaut de trois jours[248]. Kawlin (en) tombe Ă©galement aux mains de la coalition, marquant la premiĂšre capitale de niveau district saisie au cours de l'opĂ©ration[249]. Au cours des trois jours suivants, la coalition prend Khampat (en), Kunlong et Monekoe (en) dans le nord de la Birmanie, rĂ©tablissant les fonctions du gouvernement local aprĂšs avoir sĂ©curisĂ© les villes[250],[251],[252]. Ils prennent Ă©galement la base de Panlong dans le canton de Kunlong, tuant le gĂ©nĂ©ral de brigade Aung Kyaw Lwin dans la bataille[253], et le pont stratĂ©gique de Goktwin prĂšs du viaduc de Gokteik sur la principale autoroute Mandalay-Chine[254].

Le , la TNLA s'empare de la base de Sakhan Thit Kone, dans le canton de Namkham (en), mais la perd le lendemain lors d'une offensive de la junte. La TNLA accuse cette derniÚre d'avoir utilisé des bombes chimiques lors du contre-siÚge[255]. En décembre, la TNLA s'empare de Namhsan (en) et de Mantong (en), reprenant ainsi la zone auto-administrée Pa Laung (en), alors sous le contrÎle de la junte[256],[257].

Le , le Parti du progrĂšs de l'État shan (en) (SSPP) et le Conseil de restauration de l'État shan (RCSS) dĂ©clarent une trĂȘve entre leurs armĂ©es respectives en rĂ©ponse Ă  l'opĂ©ration, le SSPP dĂ©clarant que les deux armĂ©es « [avaient l'intention] de s'unir Ă  l'avenir »[258].

Début décembre, la Tatmadaw contacte la Chine pour qu'elle fasse pression sur l'Alliance des Trois Fraternités afin qu'elle mette fin à l'opération 1027[259]. Le , la Chine aide à organiser des pourparlers de paix entre la Tatmadaw et divers groupes rebelles, dont l'Alliance des Trois Fraternités[260]. L'Alliance des Trois Fraternités annonce plus tard le que ces pourparlers de paix « n'avaient duré que 10 minutes » et jure de poursuivre les combats[261].

Fin , BBC News déclare que « l'impasse sanglante de deux ans » de la guerre civile semble « avoir été brisée » avec le succÚs de l'offensive des trois armées ethniques dans le cadre de l'opération 1027.

Offensive de l'Armée d'Arakan
[modifier | modifier le code]
Paletwa (en) vu de la riviÚre Kaladan, en 2015.

Le matin du , dans le cadre de l'opĂ©ration 1027, l'ArmĂ©e d'Arakan (AA) attaque deux postes de police des gardes-frontiĂšres dans le canton de Rathedaung, rompant ainsi l'accord de cessez-le-feu de l'État de Rakhine entre la junte et l'ArmĂ©e d'Arakan. Le camp de Dong Paik est pris Ă  6 h 30. Le , la junte a dĂ©jĂ  abandonnĂ© une quarantaine d'avant-postes dans l'État de Rakhine aprĂšs les attaques de l'ArmĂ©e d'Arakan, mais peu d'entre eux passent sous son contrĂŽle immĂ©diat[262]. Des dizaines d'agents de sĂ©curitĂ© birmans se rendent Ă  l'ArmĂ©e d'Arakan le lendemain[263].

Le , l'ArmĂ©e d'Arakan lance une offensive dans le canton de Paletwa, dans l'État Chin voisin. Elle accuse la Tatmadaw d'avoir utilisĂ© des armes chimiques lors des combats qui suivent[264].

La nuit suivante, l'ArmĂ©e d'Arakan lance une attaque sur Pauktaw (en), s'emparant du poste de police du canton. Le lendemain matin, l'ArmĂ©e d'Arakan prend le contrĂŽle de la ville. La junte envoie deux hĂ©licoptĂšres de combat, soutenus par la marine, pour riposter, notamment sur des habitations civiles, Ă  l'aide de mitrailleuses lourdes. La proximitĂ© de Pauktaw avec Sittwe, la capitale de l'État de Rakhine, constitue une menace pour la junte[265]. Les forces de la junte arrĂȘtent une centaine d'habitants incapables de fuir et se positionnent pour encercler la ville, utilisant deux navires de guerre pour bloquer le port[266].

Le , l'Armée d'Arakan s'empare d'une importante base militaire dans le canton[267].

Bataille de Laukkai
[modifier | modifier le code]
Porte frontiĂšre Chine-Birmanie prĂšs de Laukkai.

Fin novembre et décembre, l'Armée de l'Alliance nationale démocratique de Birmanie (MNDAA) se rapproche de Laukkai, la capitale de la zone auto-administrée de Kokang (en). Elle prend plusieurs positions stratégiques aux forces de la junte lors de la bataille de Laukkai qui suit[268]. Les forces de la MNDAA attaquent les bases de la junte autour de la ville début décembre[269]. Le , quatre-vingt-dix soldats de la junte se rendent à la MNDAA[270] et, deux jours plus tard, les bombardements d'artillerie sur Laukkai cessent, la ville tombant en grande partie sous le contrÎle de la MNDAA[271]. Le , la MNDAA prend le contrÎle du quartier général du bataillon de la junte à Laukkai et prend le contrÎle total de la ville.

Quelques jours plus tard, l'Alliance des Trois Fraternités (3BA) affirme avoir capturé les villes de Kutkai (en) et Theinni le aprÚs avoir pris les postes militaires de la junte dans ces villes, y compris le quartier général du 16e commandement des opérations militaires à Theinni[272]. Le , la Tatmadaw condamne à mort trois des généraux de brigade qui se sont rendus à Laukkai et les trois autres à la prison à vie, en vertu de la loi militaire[273].

À la suite de ces gains et de la chute de Laukkai, le , la Chine annonce avoir nĂ©gociĂ© un autre cessez-le-feu entre la junte et le 3BA, connu sous le nom d'« accord de Haigeng »[274]. Les deux parties conviennent de dĂ©sengager le personnel et de ne pas compromettre la sĂ©curitĂ© des rĂ©sidents chinois frontaliers[275]. Cependant, le lendemain, la TNLA signale que la junte a rompu son accord en lançant des frappes aĂ©riennes dans les cantons de Lashio (en) et de Kyaukme (en)[276].

Réponse défensive de la Tatmadaw
[modifier | modifier le code]
Deux ATR-42 de l'armée de l'air birmane à l'aéroport de Mawlamyine (en).

L'Irrawaddy rapporte le que la Tatmadaw prépare 14 000 soldats pour la défense de Naypyidaw, notamment en déplaçant des troupes d'autres régions vers la capitale et en mobilisant des fonctionnaires. Ces préparatifs débutent peu aprÚs le lancement de l'opération 1027 contre la Tatmadaw. De plus, la Tatmadaw prépare 10 000 soldats pour la défense de Mandalay, Pégou et Rangoun. Des travaux de fortification commencent également, les commissariats de police de Naypyidaw « préparant également des blocs de béton, des sacs de sable et d'autres matériaux nécessaires pour transformer les bases défensives en quelques jours seulement »[277].

Ronan Lee (en), professeur Ă  l'universitĂ© de Loughborough, dĂ©clare que les rĂ©cents renversements stratĂ©giques, les pertes territoriales Ă  l'Ă©chelle nationale et le dĂ©clin Ă©conomique signifient que l'Ă©lan s'est fortement dĂ©tournĂ© de la junte birmane, et que la junte « pourrait dĂ©sormais ĂȘtre dans une spirale mortelle »[278].

Opérations simultanées

[modifier | modifier le code]
Convoi de la Tatmadaw prĂšs de Pyin U Lwin, en .

L'opĂ©ration 1027 est soutenue par plusieurs opĂ©rations simultanĂ©es menĂ©es par d'autres groupes anti-junte ailleurs dans le pays, notamment dans les rĂ©gions orientales de l'État shan et de l'État de Kayah. Dans le nord de l'État shan, le KNLA et le PDF affrontent la Tatmadaw autour de la ville de Kawkareik fin [279]. Dans le canton de Mese (qui fait partie de l'État de Kayah), le KNPLF, le KA (en) et le KNDF lancent une opĂ©ration militaire conjointe appelĂ©e opĂ©ration 1107 qui capture plusieurs postes frontiĂšres Ă  partir du [280],[281]. Quatre jours plus tard, ils lancent la grande opĂ©ration 1111 (en) contre Loikaw, la capitale de l'État de Kayah[282]. Les opĂ©rations militaires Ă  Kayah dĂ©placent des dizaines de milliers de civils, en particulier de Loikaw[283]. AprĂšs plus d'un mois de violents combats, les forces rebelles ont pris le contrĂŽle de 85 % de la capitale[284]. NĂ©anmoins, les combats se poursuivent en janvier[285]. Cependant, Ă  la fin du mois de janvier, l'offensive sur Loikaw est en grande partie au point mort[286].

D'autres forces anti-junte lancent l'opĂ©ration Taungthaman (en) dans le canton de Madaya (en), dans la rĂ©gion de Mandalay. Le , des combats Ă©clatent dans le village de Kinn, Ă  l'est du canton de Madaya, entre la TNLA et la junte, qui riposte par des frappes aĂ©riennes et d'artillerie, puis en incendiant le village[287]. Le , les forces des PDF et de la TNLA prennent une base de la junte dans le canton[288]. La TNLA soutient Ă©galement les opĂ©rations par des attaques dans les cantons de Nawnghkio (en) et de Kyaukme (en), dans le sud de l'État shan, afin d'empĂȘcher les renforts de la junte d'atteindre le village[289].

Offensive Chin

[modifier | modifier le code]
pic Kennedy (en), dans l'État Chin.

Le matin du , aprĂšs deux jours de combats, l'ArmĂ©e nationale Chin (CNA) et les unitĂ©s locales des Forces de dĂ©fense du Chinland (CDF) prennent la ville de Rikhawdar (en), Ă  la frontiĂšre indo-birmane[290]. Il s'agit de la premiĂšre ville prise par les forces de rĂ©sistance dans l'État Chin depuis le coup d'État. Au moins 40 soldats et policiers de la junte fuient vers l'État indien du Mizoram, oĂč ils se rendent et sont finalement rapatriĂ©s[291]. La Force de dĂ©fense nationale Chin (CNDF) prend un camp de la junte Ă  la frontiĂšre du Mizoram deux jours plus tard[292]. La semaine suivante, le , des unitĂ©s locales des PDF du Zoland prennent une base militaire sur le pic Kennedy (en), la deuxiĂšme plus haute montagne de l'État Chin[293]. La semaine suivante, la CNA et ses alliĂ©s capturent Lailenpi[294] et Rezua (en), dans le canton de Matupi (en)[295].

Le , le Front national Chin (en) ratifie la Constitution du Chinland, proclamant l'État du Chinland[296].

Le , le camp de Taingen sur la route de Falam menant à la frontiÚre indienne est capturé, les forces de résistance Chin s'emparant d'armes et de munitions[297]. Le , aprÚs que plus de 600 soldats de la junte et réfugiés traversent la frontiÚre indo-birmane, le gouvernement indien annonce un plan visant à clÎturer toute la frontiÚre[298].

Nouveau paysage conflictuel (-)

[modifier | modifier le code]

AprÚs la chute de Laukkai et les graves menaces pesant sur la junte de la part de l'Alliance des Trois Fraternités, la guerre se transforme en un paysage plus multipolaire, les zones frontaliÚres étant saisies par de puissants groupes anti-junte, ce qui a des conséquences importantes sur les relations extérieures de la Birmanie (en). Les groupes extérieurs à l'alliance profitent de la situation, mais restent limités par des relations tendues et une coordination limitée[299].

Intensification de l'offensive de l'État de Rakhine

[modifier | modifier le code]
Carte des gains réalisés par l'Armée d'Arakan depuis 2023.

Le , l'ArmĂ©e d'Arakan poursuit son offensive et s'empare de la base de Taung Shey Taung et de ses 200 soldats de la junte dans le canton de Kyauktaw, dans l'État de Rakhine. Le , l'ArmĂ©e d'Arakan s'empare de Paletwa (en), ville stratĂ©gique pour les projets d'infrastructures indo-birmans, et de l'ensemble du canton dans l'État Chin[300],[301]. Une semaine plus tard, l'ArmĂ©e d'Arakan s'empare de la ville de Pauktaw (en), dans l'État de Rakhine, mettant fin Ă  trois mois de combats[302].

Le , alors que les affrontements entre l'ArmĂ©e d'Arakan et la Tatmadaw s'intensifient Ă  Rakhine, des obus de mortier et plusieurs balles atterrissent sur le territoire du Bangladesh, blessant des rĂ©sidents locaux prĂšs d'Ukhia, Ă  Cox's Bazar[303]. Au moins 229 membres de la police des gardes-frontiĂšres de Birmanie (BGP) entrent au Bangladesh pour chercher refuge de l'AA, oĂč les gardes-frontiĂšres du Bangladesh (en) (BGB) les dĂ©sarment[304].

Entre le 4 et le , l'Armée d'Arakan lance des attaques contre les avant-postes du Rakhine BGP dans le canton de Maungdaw, alléguant plus tard, sans fournir de preuves, que l'Armée du salut des Rohingya de l'Arakan et l'Organisation de solidarité Rohingya (en) (RSO) combattent aux cÎtés du Rakhine BGP[305]. La RSO dénonce les accusations de l'AA, dont celle les qualifiant de « bengalis ». Plus tard en février, lorsque la junte commence à enrÎler des rohingyas déplacés, en grande partie non citoyens, vivant à Kyaukpyu, l'AA exhorte les rohingyas à fuir vers les zones contrÎlées par l'AA[306].

Chute de Mrauk U
[modifier | modifier le code]
Temples antiques de Mrauk U en 2017.

L'Armée d'Arakan capture la plupart des bases de la Tatmadaw restantes dans le canton de Minbya le [307]. L'Armée d'Arakan capture Kyauktaw (en) le lendemain et continue les combats à Mrauk U et Ramree (en)[308]. La Tatmadaw abandonne Myebon pour renforcer Kyaukpyu le , laissant des munitions derriÚre elle dans sa course et abandonnant le canton sud du district de Mrauk-U[309].

Le , l'AA s'empare de Mrauk U, chef-lieu du district, consolidant ainsi son contrÎle sur le canton. Au cours de la bataille, trois péniches de débarquement de la marine birmane sont coulées.

Au cours de la semaine suivante, l'Armée d'Arakan consolide son contrÎle sur le district en capturant Myebon le [310] et en capturant le reste du canton de Minbya le [311].

Nouveaux combattants de l'État shan

[modifier | modifier le code]
Montagnes du sud de l'État shan prùs de Hopong (en).

DĂ©but 2024 voit Ă©galement un nouveau théùtre rĂ©apparaĂźtre dans le sud de l'État shan lorsque la Tatmadaw et l'ArmĂ©e nationale Pa-O (PNA) tentent de confisquer les armes de l'ArmĂ©e de libĂ©ration nationale Pa-O (PNLA) le [312]. La PNLA, soutenue par les forces du KNDF et du PDF, attaque Hsi Hseng (en) et capture finalement la ville le [313]. L'aile politique de la PNLA rĂ©voque officiellement sa participation Ă  l'Accord national de cessez-le-feu, s'engage Ă  aider le NUG Ă  remplacer la junte par un systĂšme fĂ©dĂ©ral et exhorte l'aile politique de la PNA Ă  faire dĂ©fection.

Entre le et le , les bombardements de la junte tuent 40 civils dans la zone auto-administrée Pa-O (en), selon des militants locaux[314]. Vers la fin février, des affrontements entre les forces de la junte/PNA et les forces du PNLA éclatent à l'est de Hopong (en)[315] et le long de la route Taunggyi-Loilem (en)[316]. La junte reprend le contrÎle de Hsi Hseng fin mars[317], sur fond d'accusations d'utilisation de bombes chimiques selon le PNLA[318].

Entre le 26 et le , le MNDAA et l'ArmĂ©e de l'État shan (SSPP) (en) s'affrontent dans le canton de Hseni (en) aprĂšs le bombardement prĂ©sumĂ© des camps du SSPP par le MNDAA[319]. Le , le Parti du progrĂšs de l'État shan annonce que ses forces armĂ©es vont rejoindre les forces rĂ©volutionnaires, avant de se rĂ©tracter deux jours plus tard[320]. Le , aprĂšs un mois d'avertissements, la TNLA commence Ă  bloquer plusieurs villages du canton de Namhkam (en) et Ă  arrĂȘter les soldats du SSPP stationnĂ©s dans ces villages. En rĂ©ponse, le SSPP se retire des camps de Hsenwi, Kutkai (en) et Pang Hseng (en)[321].

Les Nations unies expriment leur profonde préoccupation face à la reprise des combats dans l'est de la Birmanie et aux allégations selon lesquelles les forces armées birmanes emploient des armes lourdes contre des civils, et enlÚvent et recrutent de force des enfants dans leurs rangs. Leur Conseiller spécial pour la prévention du génocide et son Conseiller spécial pour la responsabilité de protéger soulignent également la responsabilité de l'armée de protéger tous les citoyens[322].

Contre-offensive de la junte de l'Anyar

[modifier | modifier le code]
Les forces de défense du peuple locales protÚgent une manifestation contre la junte dans le canton de Kani (en).

Les forces de la Tatmadaw reprennent la capitale du district de Kawlin (en) le aprÚs prÚs de 10 jours de combats[323]. Les forces de la junte rasent la ville, détruisant la majorité des habitations de Kawlin (en) et des villages environnants[324]. Le , les forces de la junte tentent de reprendre la ville de Maw Luu (en) aux mains de la KIA et de l'ABSDF (en)[325]. Le , les forces de la junte prennent le village de Kampani, dans le canton de Kale, pour affaiblir les attaques anti-junte sur Kalay[326]. Malgré cette campagne, le , les forces de résistance capturent le village de Kyaung Taik, contrÎlé par les Pyusawhti (en), au nord de Kalay[327].

Alors que la junte lance ses contre-offensives, la résistance alliée lance une offensive pour capturer Kani (en), capturant environ 80 % de la ville le [328]. AprÚs presque 10 jours de combats, le , les rebelles sont contraints de battre en retraite aprÚs une résistance écrasante de la junte[329].

Le , les PDF lancent une attaque de drones sans précédent contre la base aérienne d'Aye Lar, principal quartier général de la Tatmadaw, et la résidence de Min Aung Hlaing à Naypyidaw, la capitale. PrÚs de 30 drones sont déployés, les forces de la junte affirment que 7 d'entre eux sont abattus[330], tandis que Myawaddy TV (en) indique que 13 drones sont abattus, sans faire de victimes ni de dégùts matériels. Le NUG qualifie l'attaque de « succÚs »[331]. Le , les Forces de défense du peuple locales affirment avoir tué plus d'une douzaine de soldats de la junte lors d'une autre attaque contre la base aérienne d'Aye Lar[332].

Le , les forces de la junte lancent une contre-offensive pour reprendre Shwe Pyi Aye, dans le canton de Homalin (en), aprÚs sa capture en [333].

Affaiblissement du contrĂŽle de la junte sur les karens

[modifier | modifier le code]
Journaliste devant un bĂątiment dĂ©truit dans l'État Karen.

AprĂšs l'opĂ©ration 1027 et la bataille de Kawkareik en , la KNLA continue Ă  faire des gains dans tout l'État Karen, l'État MĂŽn, la rĂ©gion de Bago et la rĂ©gion de Tanintharyi[334]. Le , les forces de la KNLA et du PDF abattent un Eurocopter AS365 de la Tatmadaw, tuant le gĂ©nĂ©ral de brigade Aye Min Naung de la 44e division d'infanterie lĂ©gĂšre[335]. Fin fĂ©vrier, les forces de la PDF et de la KNLA prennent la majeure partie de Myitta (en), dans la rĂ©gion de Tanintharyi[336]. Le , la KNLA et les forces alignĂ©es capturent la moitiĂ© du canton de Kawkareik, prenant le contrĂŽle du feu sur l'autoroute Myawaddy-Kawkareik[337]. La KNLA continue sa progression vers l'est sur l'autoroute[338], capturant le camp de Hpu Lu Gyi, au sud de Myawaddy, aprĂšs un combat de cinq minutes. Ce camp revĂȘt une importance stratĂ©gique et morale, car il sert de point de dĂ©part historique pour les attaques contre Manerplaw (en) et Kawmoora (en) aprĂšs sa prise par la junte en 1990[339]. Le lendemain, les forces de la KNLA prennent une base de la junte Ă  Kyeikdon[340]. Des combats Ă©clatent Ă©galement sur le territoire de la 7e brigade de la KNLA, prĂšs de Methawaw, forçant la junte Ă  battre en retraite[341].

Les tensions s'accroissent Ă©galement entre la junte et les gardes-frontiĂšres de l'État karen (BGF), qui refusent d'engager le combat et se retirent de leurs bases Ă  Papun[342]. Le , le commandant en chef adjoint Soe Win rencontre le chef des gardes-frontiĂšres karen, le colonel Saw Chit Thu (en)[343]. Les gardes-frontiĂšres karen annoncent qu'ils n'accepteront plus de salaires de la junte et resteront « neutres » dans le conflit. Plus tard, le , les gardes-frontiĂšres karen annoncent qu'ils se rebaptiseront « ArmĂ©e nationale karen (en) »[344].

Intensification du conflit kachin

[modifier | modifier le code]

Bien que la KIA soit un partenaire militaire et politique trÚs proche de l'Alliance des Trois Fraternités, faisant partie de l'Alliance du Nord, elle n'est pas affectée par le cessez-le-feu négocié par la Chine. Les forces combinées de la KIA, de l'ABSDF et des PDF kachin capturent la ville de Mongmit le et la ville voisine de Mabein (en) le 20. Le lendemain, elles prennent la base stratégique de Man Wein Gyi, prÚs de Ruili[345]. Cependant, la junte reprend Mongmit le [346].

La KIA intensifie également ses attaques dans le canton de Hpakant, en capturant un camp au sud-ouest de Hpakant le [347] et en menaçant la route Myitkyina-Hpakant avec la capture de l'avant-poste de Namtein le [348]. Il y a également des attaques dans le canton de Mansi (en), y compris la capture de la base de Si Kham Gyi, qui a été continuellement détenue par la junte pendant 30 ans.

Opération 0307
[modifier | modifier le code]
Poste frontiĂšre entre la Birmanie et la Chine Ă  Laiza, en 2015.

Le , la KIA lance simultanĂ©ment des attaques sur plus de dix avant-postes de la junte dans l'est de l'État kachin. Les combats ont principalement lieu le long de l'autoroute entre Bhamo et la capitale de l'État kachin, Myitkyina, ainsi qu'autour de Laiza. Ces attaques marquent le dĂ©but d'une offensive plus vaste dans l'État kachin, familiĂšrement appelĂ©e opĂ©ration 0307 (en)[349]. Le , la KIA s'empare de trois bases importantes de la junte et de plusieurs avant-postes, dont Hpyun Pyen Bum, la base avancĂ©e de la junte la plus proche du quartier gĂ©nĂ©ral de la KIA Ă  Laiza[350]. La KIA et l'AA dĂ©fendant Laiza affirment que les frappes aĂ©riennes de la junte ont atterri du cĂŽtĂ© chinois de la frontiĂšre (en), Ă  l'est de Laiza[351]. Au cours des combats, le chef de la « milice populaire de Wuyang (en) » lisu, alignĂ©e sur la junte, U Shwe Min, est tuĂ©[352]. Le , la KIA affirme avoir capturĂ© plus de 50 avant-postes militaires et 13 bases de la junte stratĂ©giquement importantes autour de la route Myitkyina-Bhamo[353].

En avril, la KIA a capturĂ© Lweje (en), plaque tournante commerciale clĂ© de la frontiĂšre chinoise[354], coupĂ© une route principale vers Hpakant[355] et capturĂ© Sezin[356] et Hsinbo (en). À Hsinbo, ils coupent la route Bhamo-Myitkyina et encerclent Bhamo[357]. La KIA lance ensuite des offensives simultanĂ©es dans tout le canton de Waingmaw (en) et autour de Sumprabum (en), capturant plusieurs bases, camps et centres de commandement de la junte[358]. Le , ils ont capturĂ© 11 quartiers gĂ©nĂ©raux de bataillon dans tout l'État[359] et capturĂ© le canton de Sumprabum (en)[360].

Pendant le reste du mois de mai, la KIA capture Momauk (en) aprĂšs la retraite des soldats de la junte[361], attaque un pont Ă  l'entrĂ©e de la capitale de l'État, Myitkyina[362], et rĂ©alise des gains Ă  Mansi[363] et Tanai (en)[364]. La KIA prend une douzaine de bases de la junte supplĂ©mentaires dans le canton de Waingmaw Ă  partir du , sĂ©curisant leurs positions[365].

Poursuite de l'offensive de Rakhine

[modifier | modifier le code]
Mosquée de Buthidaung en 2015.

ParallÚlement, l'offensive de Rakhine se poursuit tout au long du mois de mars. Le , l'Armée d'Arakan s'empare de Ponnagyun (en) et menace la capitale régionale, Sittwe, située à seulement 33 kilomÚtres[366]. Le , les assauts continus de l'Armée d'Arakan s'emparent de Rathedaung (en) et de son canton, coupant Sittwe du reste de l'Arakan par voie terrestre[367].

Le , aprÚs 85 jours de combats, l'Armée d'Arakan s'empare de la ville de Ramree (en). Cette prise place la quasi-totalité de l'ßle de Ramree sous son contrÎle, à l'exception de la ville portuaire de Kyaukpyu[368].

Le , l'ArmĂ©e d'Arakan lance une offensive dans le centre de l'État de Rakhine, parallĂšlement Ă  son offensive sur Sittwe, lançant des attaques sur Ann, le quartier gĂ©nĂ©ral du commandement occidental (en) de la junte. Au nord d'Ann, l'ArmĂ©e d'Arakan lance des attaques sur le canton voisin de Ngape, dans la rĂ©gion de Magway. L'emplacement d'Ann est stratĂ©giquement important, car il relie l'État de Rakhine Ă  Magway via la route Minbu (en)-Ann Ă  travers les monts Arakan et constitue une porte d'entrĂ©e empĂȘchant l'ArmĂ©e d'Arakan d'attaquer le sud de l'État de Rakhine[369]. En avril, l'ArmĂ©e d'Arakan s'empare d'une portion de la route Ann-Minbu, coupant Ann de la ville voisine de Padein[370], et s'empare de bases au sommet des collines du canton d'Ann (en)[371].

Les offensives du nord de l'Arakan ne changent guÚre de territoire jusqu'au , lorsque l'Armée d'Arakan capture le quartier général de la police des gardes-frontiÚres dans le canton de Maungdaw à Kyee Kan Pyin[372], forçant au moins 128 soldats de la junte à traverser la frontiÚre vers le Bangladesh[373]. Buthidaung (en) et son canton environnant tombent aux mains de l'Armée d'Arakan le [374]. AprÚs sa capture, les militants rohingyas accusent l'Armée d'Arakan d'avoir incendié et ciblé les maisons des rohingyas dans la ville, une affirmation que l'Armée d'Arakan nie[375].

Le , la junte et les soldats alliés de l'Armée de libération de l'Arakan (en) tuent plus de 70 villageois à Byian Phyu, prÚs de Sittwe, en raison de sympathies présumées pour l'Armée d'Arakan dans le village[376].

De fin mai à début juin, l'Armée d'Arakan lance des attaques sur le reste du canton de Maungdaw. Le , l'Armée d'Arakan exhorte les habitants de Maungdaw à évacuer la ville, affirmant que toutes les bases de la junte dans le canton ont été capturées ou encerclées, et qu'ils attaqueront la ville[377]. En réponse, la marine bangladaise déploie des navires de guerre sur l'ßle contestée de Saint-Martin (en), qui a été la cible de plusieurs tirs de la junte[378]. Le , l'Armée d'Arakan entra dans Maungdaw, attaquant le dernier bastion de la junte dans la ville[379].

Prise de Papun et Myawaddy

[modifier | modifier le code]
Fumée s'élevant de Myawaddy en .
Civils fuyant vers la ThaĂŻlande pendant le siĂšge de Myawaddy, en 2024.
Pont d'amitié entre la Thaïlande et la Birmanie vu depuis Mae Sot, en Thaïlande.

Le , l'ArmĂ©e Karen de libĂ©ration nationale et ses alliĂ©s du PDF commencent Ă  assiĂ©ger la ville de Papun, capitale du district de Hpapun (en), dans l'État Karen. Huit jours plus tard, la ville est prise, les combats se dĂ©plaçant vers les collines environnantes.

AprÚs un siÚge prolongé et plusieurs jours de négociations, le , plus de 600 soldats de la junte et leurs familles à Myawaddy se rendent à la KNU et se retirent de l'autre cÎté de la frontiÚre vers Mae Sot[380], ne laissant que le 275e bataillon d'infanterie légÚre (LIB) prÚs de l'entrée ouest pour défendre la ville. Le , les troupes du KNLA et du PDF capturent la base du LIB, les 200 soldats du LIB se retirant vers le 2e pont de l'amitié entre la Thaïlande et la Birmanie, à la frontiÚre. Cela incite la Thaïlande à déployer la 3e armée le long de la frontiÚre[381]. La junte envoie des renforts pour reprendre la ville, mais ils sont bloqués à Kyondoe[382]. Le , les responsables thaïlandais et la KNU confirment la prise de Myawaddy[383]. La junte riposte par des frappes aériennes, bien que les habitants ne signalent aucune présence du KNLA dans les rues[384].

Malgré le rÎle majeur du KNLA dans la bataille, ils cÚdent le contrÎle de la ville à l'Armée nationale karen (en) (KNA) pour assurer la sécurité[385] et apparemment en raison du rÎle du KNA dans les négociations pour la reddition initiale[386].

Le , la KNLA attaque les derniers soldats du 275e bataillon de la LIB qui résistent encore sous le deuxiÚme pont de l'amitié entre la Thaïlande et la Birmanie. La junte riposte par des frappes aériennes, tuant plusieurs civils et obligeant la KNLA à retarder toute nouvelle attaque[387],[388].

Bataille continue pour Myawaddy
[modifier | modifier le code]

AprÚs la capture de Myawaddy, la junte lance l'opération Aung Zeya, une contre-offensive visant à reprendre la ville. Elle est menée par la 55e division d'infanterie légÚre (DIL), forte d'environ 1 000 hommes et apparemment dirigée par Soe Win, commandant en second de la junte. Le , la DIL 55 tente de franchir la chaßne de Dawna (en)[389], mais est constamment interceptée par la KLNA et ses alliés, la forçant à battre en retraite et subissant de lourdes pertes[390].

Au début de la contre-offensive, les forces de la KNLA se retirent de la majeure partie de Kawkareik[391]. Le , un convoi de la junte est mis en déroute dans le canton de Kawkareik[392], mais les forces de la junte réussissent à reprendre Kawkareik le lendemain malgré la perte de véhicules au profit de la KNLA[393].

Le , la KNA aide les soldats du 275e LIB abrités sous le 2e pont de l'Amitié à reprendre leur base à l'ouest de Myawaddy[394]. Le lendemain, le porte-parole de la KNU déclare qu'ils se « retireront temporairement » de Myawaddy, mais jure de poursuivre les attaques de guérilla le long de l'AH1[395].

L'avancée du LID 55, bloquée par la chaßne de Dawna, atteint la cascade de Taw Naw le [396]. Cependant, la contre-offensive est de nouveau bloquée, sans gains majeurs le mois suivant. Les habitants rapportent que l'Armée nationale kenyane a aidé des centaines de soldats de la junte à atteindre Myawaddy par des sentiers forestiers[397].

Résistance des mÎns et des karennis

[modifier | modifier le code]
L'armĂ©e de l'air birmane bombarde une Ă©glise dans l'État de Kayah, en .

La rĂ©sistance karenni se poursuit avec l'opĂ©ration 1111 (en) visant Ă  capturer l'État de Kayah et sa capitale Loikaw. Le , les forces conjointes karenni capturent Pekon (en) dans l'État shan voisin. Le , la Force de dĂ©fense des nationalitĂ©s karenni (KNDF) capture la ville de Mawchi (en)[398]. Le , les forces combinĂ©es de l'ArmĂ©e Karenni (en) (KA) et de la KNDF capturent la ville de Shadaw aprĂšs prĂšs d'un mois de bataille, marquant ainsi le deuxiĂšme canton Ă  ĂȘtre complĂštement capturĂ© dans l'État[399]. Les forces karenni capturent Hpasawng (en) et la majeure partie du canton de Hpasawng le [400]. Dans une dĂ©claration conjointe du , le KNDF et ses alliĂ©s annoncent qu'ils contrĂŽlent prĂšs de 90 % de l'État de Kayah, aprĂšs avoir capturĂ© 65 positions de la junte dans tout l'État et six des neuf villes de Kayah (Ă  l'exclusion de Mobye (en) dans le sud de l'État shan).

Maisons en feu dans le canton de Kyaikmaraw (en), dans l'État Mîn.

Le , les forces de rĂ©sistance locales du canton de Ye (en), dans l'État MĂŽn, intensifient leurs attaques, annonçant leur intention de capturer Ye[401]. Le , le Parti du Nouvel État MĂŽn (Dictature anti-militaire) (en) (MNLA-AMD) se sĂ©pare de l'ArmĂ©e de libĂ©ration nationale MĂŽn (en) (signataire de l'Accord national de cessez-le-feu) et dĂ©clare effectivement la guerre Ă  la junte[402]. Vers le , les groupes de rĂ©sistance de l'État MĂŽn commencent Ă  inspecter les vĂ©hicules prĂšs de Kaleinaung (en), ce qui incite la junte Ă  fermer les routes[403]. Le , le MNLA-AMD et ses alliĂ©s prennent le poste de police de Kawt Bein dans le canton de Kawkareik, dans l'État Karen[404]. En rĂ©ponse, les forces de la junte bombardent la rĂ©gion de Kawt Bein[405] et reprennent finalement la zone aprĂšs une bataille le [406].

Le , les forces du MÎn PDF lancent des attaques de drones contre le quartier général du Commandement du Sud-Est à Mawlamyine, en présence du commandant en chef adjoint de la junte, Soe Win. On ignore si Soe Win est touché[407].

Le , les forces de la junte lancent une offensive pour reprendre Loikaw de la résistance karenni, qui contrÎle environ 80 % de la ville depuis . Les colonnes de la junte avancent sur Loikaw[408], atteignant le village de Kayan Tha Yar à 10 kilomÚtres au nord de Loikaw le lendemain[409] puis l'intersection Loikaw-Mobye-Hsi Hseng (en) le avant de caler. Le , la résistance karenni capture la colline de Maesalawng, prÚs de Bawlakhe, aprÚs une offensive de six jours[410].

Contre-offensives de la junte dans le sud de la Birmanie
[modifier | modifier le code]

Du 8 au , les forces de la junte ont également mené une offensive dans le canton de Thayetchaung, la plus longue de ces offensives dans la région de Thanintharyi depuis le coup d'état. L'offensive a déplacé 5 000 civils de 8 villages[411].

Fin mai, les forces de la junte ont capturé l'avant-poste de Pedak sur la route entre Dawei et Myeik[412]. Début juin, environ 600 soldats de la junte ont été envoyés pour reprendre des zones (en) de l'autoroute Ye - Dawei aux forces Karen, Mon et PDF qui avaient capturé l'autoroute en mars. La junte a utilisé l'artillerie lourde et la résistance a averti les civils d'éviter la route, accusant la junte d'utiliser des boucliers humains et des renforts déguisés en civils[413]. Le , les forces de la junte ont lancé une offensive sur le secteur du village de Zardi, dans le canton de Yebyu, pour tenter de reprendre les zones entourant la zone économique spéciale de Dawei.

DeuxiÚme phase de l'opération 1027 et reprise des avancées rebelles (-)

[modifier | modifier le code]
Map of anti-junta gains made during Operation 1027 as of September 2024
Gains anti-junte réalisés durant l'opération 1027 en

En , le cessez-le-feu de Haigeng de l'Alliance des Trois FraternitĂ©s avec la junte a Ă©tĂ© rompu, entraĂźnant la destruction des bataillons de la junte et la chute de plusieurs villes de l'État Shan et au-delĂ  aux mains de la rĂ©sistance, aboutissant Ă  la capture de la capitale de l'État Shan du Nord et des chefs du commandement du Nord-Est, Lashio, en [414]. En dehors de l’État Shan, l’armĂ©e du Myanmar a subi des pertes importantes dans l’État de Rakhine, dont l’armĂ©e d’Arakan a pris le contrĂŽle presque total en . À Mandalay, l’Alliance des Trois FraternitĂ©s et d’autres groupes armĂ©s ont intensifiĂ© leurs attaques, se rapprochant de Mandalay. MalgrĂ© ces revers, l'armĂ©e a poursuivi ses efforts pour rĂ©affirmer son contrĂŽle, notamment en formant de nouvelles milices et en intensifiant la conscription Ă  travers le pays[415]. Bien que l'opĂ©ration 1027 ait commencĂ© dans l’État Shan, une escalade gĂ©nĂ©ralisĂ©e a radicalement modifiĂ© l’équilibre des pouvoirs, permettant aux groupes armĂ©s ethniques dans d’autres rĂ©gions de rĂ©aliser des gains importants et de paralyser la junte militaire avec des dĂ©parts de personnel et des niveaux historiques de dĂ©fections[416].

Opération 1027 (Phase 2)

[modifier | modifier le code]

S'il a fallu attendre juin pour que le cessez-le-feu de Haigeng soit complĂštement rompu, les tensions ont commencĂ© dĂšs le mois de mars. Le cessez-le-feu a Ă©tĂ© officialisĂ© le lors d'une rĂ©union Ă  Kunming au cours de laquelle la junte aurait acceptĂ© de reconnaĂźtre l'autoritĂ© du MNDAA sur le Kokang[417]. Mais dĂšs le , les forces de la junte ont tentĂ© d'envahir le territoire de la MNDAA prĂšs de Lashio, mais ont Ă©tĂ© repoussĂ©es[418]. À la suite de cela, l'ambassadeur de Chine au Myanmar a rencontrĂ© le ministre des Affaires Ă©trangĂšres de la junte pour discuter de la fin des affrontements[419].

Les tensions ont recommencĂ© Ă  s'intensifier dans le nord de l'État de Shan le aprĂšs que la junte a lancĂ© des frappes aĂ©riennes sur les positions du TNLA dans le canton de Mongmit. Le TNLA accuserait la junte de violer le cessez-le-feu[420]. Jusqu'Ă  la mi-juin, les forces de la junte se sont rassemblĂ©es prĂšs des territoires contrĂŽlĂ©s par l'Alliance des 3 FraternitĂ©s et ont dĂ©truit les routes de la rĂ©gion[421],[422].

Le , la junte a affrontĂ© l'ArmĂ©e de l'Alliance nationale dĂ©mocratique du Myanmar (MNDAA) prĂšs de Lashio[423] et avec le TNLA autour des cantons de Kyaukme, de Nawnghkio et de Mogok le [424]. Le , le TNLA a annoncĂ© avoir repris l'opĂ©ration 1027 dans le nord de l'État Shan[425], et encerclĂ© Kyaukme[426].

Le , la majeure partie de Nawnghkio a été capturée par les forces du PDF et du TNLA[427]. Le , le TNLA avait capturé la majeure partie de la capitale du district, Kyaukme, et continuait à attaquer les bases de la junte autour de la ville[428].

Offensives du sud de l'Arakan

[modifier | modifier le code]
Plage de Ngapali, juste à l'extérieur de Thandwe

ParallĂšlement, dĂ©but juin, l'armĂ©e d'Arakan a rĂ©alisĂ© des progrĂšs significatifs dans le sud de l'État d'Arakan. Le , des affrontements ont Ă©clatĂ© sur l’autoroute Thandwe-Taungup et prĂšs de la plage de Ngapali, dans le canton de Thandwe[429], piĂ©geant les visiteurs de la station[430]. Au cours de la semaine suivante, les combats se sont rapprochĂ©s de Thandwe, obligeant l'aĂ©roport de Thandwe Ă  fermer[431].

Le , l'armée d'Arakan a affronté les forces de la junte prÚs de Taungup[432] et sur la route Taungup-Pandaung[433]. AprÚs des mois de paix relative dans la région, de violents affrontements ont éclaté à l'extérieur de Kyaukpyu le alors que les forces de la junte quittaient la base navale de Danyawaddy[434].

Le , les forces de l’AA ont capturĂ© l’aĂ©roport de Thandwe, le premier aĂ©roport Ă  ĂȘtre capturĂ© par les forces de la rĂ©sistance depuis le coup d’État de 2021[435]. La capture de l'aĂ©roport n'a Ă©tĂ© confirmĂ©e qu'une semaine plus tard, l'AA affirmant que 400 soldats de la junte Ă©taient morts dans la bataille[436]. L'AA a commencĂ© Ă  attaquer la plage elle-mĂȘme le [437]. Le , les forces AA ont capturĂ© Thandwe aprĂšs trois semaines de combats[438].

Poursuite de l'offensive et des luttes intestines des chins

[modifier | modifier le code]

Divers acteurs chin ont poursuivi la guerre contre la junte dĂ©but 2024, les efforts de rĂ©sistance s’intensifiant en mai. Cependant, en juin, les groupes de rĂ©sistance Chin ont commencĂ© Ă  entrer en conflit les uns avec les autres alors, les luttes intestines s'intensifiant en juin. Les signes de luttes intestines ont commencĂ© dĂšs janvier lorsque les CDF et la CNA se sont affrontĂ©s avec la Force de DĂ©fense du Maraland (MDF), membre de la CBA[439]. Les belliggĂ©rants luttes intestines dans l’État Chin se sont largement divisĂ©es entre ceux qui sont alignĂ©s sur la ConfrĂ©rie Chin (CBA) et le Conseil du Chinland (CC), dominĂ© par l’ArmĂ©e nationale Chin (CNA). Les Forces de DĂ©fense du Chinland (CDF) sont gĂ©nĂ©ralement alignĂ©es sur la CBA, bien que certaines, comme la CDF-Mara, soient alignĂ©es sur la CNA[440].

Le , des groupes alignés sur la CBA ont capturé la ville stratégique de Kyindwe, dans le canton de Kanpetlet (en), avec l'aide de l'Armée d'Arakan à l'issue de la bataille de Kyindwe (en), qui a duré quatre mois[441]. Le CC tenterait alors de prendre Tonzang (en) à la junte et à son alliée Armée Révolutionnaire Zomi (ZRA) (en)[442], en capturant la ville et la ville voisine de Cikha (en) avant le [443].

La semaine suivante, la CBA s'est dĂ©placĂ©e vers la ville voisine de Tedim[444]. À la mi-juin, la junte a repoussĂ© la rĂ©sistance de Tedim, repris des positions le long de la route Tedim-Kalay et a repris Kennedy Peak[445]. Les forces de la junte ont poussĂ© jusqu'Ă  reprendre le village stratĂ©gique de Tainngen[446] avant de perdre Kennedy Peak et Taingen face aux contre-offensives menĂ©es par le Conseil du Chinland et de se retirer Ă  Khaing Kham le [447]. Le , la CNA et la ZRA se sont rencontrĂ©es Ă  Aizawl pour des nĂ©gociations de paix[448].

Le , le CDF-Matupi a capturĂ© le bureau administratif du district sur la route Matupi-Hakha dans le canton de Matupi (en)[449]. Le , les CDF se sont affrontĂ©s avec les forces de la junte Ă  l'extĂ©rieur de Hakha, la capitale de l'État Chin. La junte a ripostĂ© en incendiant les maisons de la ville[450]. Le , dans le cadre de l'opĂ©ration Rung, les CDF-Hakha ont capturĂ© le commissariat principal de Hakha, libĂ©rant 62 dĂ©tenus[451].

Opération Confrérie Chin
[modifier | modifier le code]
Matupi, capturée lors de l'opération Confrérie Chin le

Le , la CBA, l'Armée d'Arakan et l'Armée Yaw basée à Magway ont lancé l'opération Confrérie Chin en attaquant Matupi[449]. Peu de temps aprÚs cette annonce, le CC a publié une déclaration demandant à l'armée d'Arakan de s'abstenir de toute opération militaire et administrative au Chinland[452]. Cela s'est produit quelques jours aprÚs que l'Organisation mondiale Khumi a exhorté l'armée d'Arakan à ne pas commettre de violations des droits humains contre le peuple Khumi Chin du canton de Paletwa (en)[453].

L'opération Confrérie Chin s'est poursuivie avec les forces alignées sur la CBA capturant l'une des deux bases du bataillon de la junte à l'extérieur de Matupi le [454]. Des affrontements entre la CBA et les troupes du CC ont éclaté lors de la poussée vers la base finale, entraßnant la mort de 2 combattants de la CBA[455]. La CNA (CC) a été contrainte de se retirer de la région de Matupi le [456]. Le , le CBA a capturé la base restante de la junte prÚs de Matupi et a pris le contrÎle de la ville[457].

Les combats internes se sont poursuivis avec la CNA arrĂȘtant d'autres soldats de la Force de dĂ©fense Yaw[458] tandis que le MDF et l'AA prennent Lailenpi, le canton de Matupi (en), aux mains du CDF-Mara et de la CNA[459].

Théùtre kachin

[modifier | modifier le code]

Le , de nouveaux affrontements ont Ă©clatĂ© Ă  l'extĂ©rieur de Momeik[460]. Une semaine plus tard, les forces de la KIA ont pris la route Waingmaw-Sadon (en)-Kanpaikti (en), coupant ainsi la capitale de l'État, Myitkyina, de la frontiĂšre[461].

Le , les forces de la junte ont lancé une offensive pour reprendre les zones proches de Momauk[462]. Un mois plus tard, le , les forces de la KIA ont capturé la derniÚre base de la junte à Momauk, achevant ainsi leur prise du canton[463]. Peu de temps aprÚs, les forces de la junte ont lancé une autre contre-offensive pour reprendre la ville, mais ont été bloquées dans le village d'Aung Myay[464].

Combats karenni

[modifier | modifier le code]

Le , les forces de la junte ont commencé à attaquer les positions de la KNDF au sud de Pinlaung (en), tentant de lever le siÚge karenni sur Pekon (en)[465]. Début juillet, les combats se sont encore intensifiés à Loikaw alors que la résistance karenni tentait de reconquérir des zones de la ville dont elle avait été contrainte de se retirer auparavant. The Irrawaddy a rapporté le que les combats s'intensifient aprÚs l'arrivée de renforts de 500 soldats pour aider les 1 500 soldats de la Tatmadaw déjà stationnés[466].

À la mi-juillet, dans le canton de Hpasawng, de nouveaux combats intenses ont Ă©tĂ© signalĂ©s. Les Karenni affirment que la Tatmadaw a utilisĂ© des gaz empoisonnĂ©s contre les combattants de la rĂ©sistance[467]. Pendant ce temps, Ă  Loikaw, des sources pro-Tatmadaw confirment des combats Ă  Loikaw, Pekhon (en) et Mobye. En outre, elles affirment que la Tatmadaw progresse en direction de l'universitĂ© de Loikaw[468].

Bataille de Lashio

[modifier | modifier le code]
Carte de la bataille de Lashio de juillet Ă 
Nuage de fumée s'élevant de Lashio aprÚs le bombardement en

Le , l’ArmĂ©e nationale de libĂ©ration Ta’ang (TNLA) et la Myanmar National Democratic Alliance Army (MNDAA) lancent une offensive pour prendre la ville de Lashio[469], siĂšge du commandement nord-est de la junte[470]. Les combattants de la TNLA y capturent la base d'un bataillon militaire, avant d'ĂȘtre repoussĂ©s par des frappes aĂ©riennes de la junte[470].

Le , la MNDAA a dĂ©clenchĂ© la bataille de Lashio, capitale fortement dĂ©fendue et plus grande ville du nord de l'État Shan. Le TNLA a rejoint l'offensive le lendemain avec les deux armĂ©es attaquant quatre bases de la junte entourant Lashio. Les chaĂźnes Telegram pro-junte ont accusĂ© le Parti du ProgrĂšs de l'État Shan (en) de s'ĂȘtre joint Ă  l'offensive[471]. Le , les forces de la TNLA sont entrĂ©es dans Lashio proprement dite par le sud[472]. Le lendemain, la MNDAA a capturĂ© le village de Nampawng au sud de Lashio, encerclant la ville, et a commencĂ© Ă  lancer des attaques sur Lashio[473].

ParallÚlement, les forces de la MNDAA ont affronté les forces de la junte dans le canton de Mongyai (en)[474] et la TNLA a commencé à lancer des attaques sur Momeik[475].

Les tensions et les diffĂ©rends se sont accrus entre la TNLA et l'ArmĂ©e de l'État Shan (SSPP) (en), les deux parties demandant une mĂ©diation Ă  l'ArmĂ©e unie de l'État Wa (UWSA)[476]. Le , alors que les combats se poursuivent autour de Lashio, l'ArmĂ©e de libĂ©ration nationale des Ta'ang s'empare de Nawnghkio (en) dans l'État Shan situĂ© dans le nord du pays[470]. Ce point stratĂ©gique est situĂ© le long de l'autoroute reliant Mandalay, la deuxiĂšme ville de Birmanie, Ă  la province chinoise du Yunnan, permettant Ă  la rĂ©bellion de couper une ligne cruciale d'approvisionnement pour la junte[470]. Le mĂȘme jour, la TNLA a attaquĂ© les positions de la junte prĂšs de Tangyan (en)[477]. Suite Ă  un accord avec la Tatmadaw, l'UWSA, neutre, a dĂ©ployĂ© des milliers de soldats autour de Tangyan pour empĂȘcher les affrontements de s'Ă©tendre Ă  la rĂ©gion[478]. Le , les forces du SSPP ont occupĂ© Mongyai (en), les habitants affirmant que des affrontements pourraient Ă©clater dans la ville en raison de l'accord apparent entre le SSPP et la junte[479].

Le , lors d'une « victoire historique », la MNDAA a affirmĂ© avoir capturĂ© le quartier gĂ©nĂ©ral du Commandement du Nord-est (en) de Lashio, le premier quartier gĂ©nĂ©ral de commandement rĂ©gional Ă  ĂȘtre capturĂ© par les forces de la rĂ©sistance[480]. Le , les forces du MNDAA ont tendu une embuscade aux renforts de la junte qui tentaient d'atteindre Lashio, leur infligeant de lourdes pertes[481]. Le , la prise de Lashio et du quartier gĂ©nĂ©ral du Commandement du Nord-Est a Ă©tĂ© confirmĂ©e, avec la capitulation de centaines de soldats birmans. Le Commandement du Nord-Est avait exilĂ© ses dirigeants Ă  Muse, qui reste alors le dernier bastion de la junte dans la rĂ©gion en raison de sa proximitĂ© avec la frontiĂšre chinoise[482].

Le , Lashio tombe aux mains des mouvements rebelles et des responsables militaires sont faits prisonniers[483].

Tentatives de cessez-le-feu et « Shan-Man »

[modifier | modifier le code]

Le , la MNDAA a instituĂ© un cessez-le-feu prĂ©caire de quatre jours aprĂšs avoir rencontrĂ© le Parti communiste chinois. MalgrĂ© le cessez-le-feu, les affrontements se sont poursuivis[484],[485]. Les dirigeants du TNLA et du SSPP se sont Ă©galement rĂ©unis Ă  Panghsang (en) dans l'État de Wa pour discuter de la fin des affrontements[486]. Le , le TNLA a capturĂ© la majeure partie de Mongmit et a commencĂ© Ă  lancer des attaques contre le quartier gĂ©nĂ©ral de la junte au sud de la ville[487].

ParallĂšlement Ă  la reprise de l'opĂ©ration 1027, le NUG a annoncĂ© qu'il s'Ă©tait joint Ă  l'offensive par l'intermĂ©diaire de ses Forces de dĂ©fense populaires (PDF) dans la rĂ©gion de Mandalay, qualifiant ces attaques d'opĂ©ration « Shan Man »[488]. Dans le cadre de l'opĂ©ration Shan-Man, la Force de dĂ©fense du peuple de Mandalay (MDY-PDF) a capturĂ© 36 positions de la junte fin juin et dĂ©but juillet dans toute la rĂ©gion nord de Mandalay[489]. Le MDY-PDF et la TNLA ont Ă©galement capturĂ© Nawnghkio le [490] et le canton de Singu (en) le , coupant ainsi davantage les forces de la junte dans le nord de l'État de Shan[491].

Mogok, région de Mandalay

Le , les membres de l'Alliance des Trois FraternitĂ©s (3BA), apparemment sous la pression de la Chine, ont acceptĂ© de prolonger le cessez-le-feu jusqu'au [492]. MalgrĂ© les accords, les renforts de la junte ont lancĂ© de nouvelles attaques contre Kyaukme le mĂȘme jour[493]. Le , les forces du TNLA et des PDF ont complĂštement capturĂ© Mogok dans la rĂ©gion de Mandalay[494].

Le TNLA a capturĂ© les villes de l'État Shan de Momeik le [495] et de Kyaukme (en) le [496]. Le , les forces du TNLA ont lancĂ© une offensive contre Hsipaw, capturant la prison de la ville[497] puis le village voisin de Nawngkawgyi le [498].

Le , les MDY-PDF a capturé Tagaung, la premiÚre capitale historique de la monarchie birmane (en), aprÚs une bataille d'une journée[499]. La semaine suivante, les PDF de Mandalay ont pris Thabeikkyin (en), capturant la ville et ses environs. L'intégralité du district de Thabeikkyin (en) est passée sous le contrÎle des rebelles[500].

Impasses, pression chinoise et escalades sur le front occidental (-)

[modifier | modifier le code]

AprĂšs la chute de Lashio, la junte a lancĂ© des contre-offensives, mais, face Ă  son incapacitĂ© Ă  progresser, elle a changĂ© de tactique pour privilĂ©gier les bombardements aĂ©riens afin de dĂ©truire les villes qu'elle ne pouvait pas prendre, comme Lashio[501]. Les rebelles n’ont pas non plus rĂ©ussi Ă  faire autant de progrĂšs en raison des pressions diplomatiques et des problĂšmes d’approvisionnement. L'analyste Yun Sun du Stimson Center (en) a notĂ© la visite du directeur du Bureau de la Commission centrale des affaires Ă©trangĂšres (en), Wang Yi, Ă  la mi-aoĂ»t, comme rĂ©vĂ©latrice d'un changement de position de la Chine, passant du feu vert Ă  l'opĂ©ration 1027 en Ă  l'approbation du Conseil administratif d'État (SAC) et Ă  la critique de l'Alliance du Nord et de l'ArmĂ©e unie de l'État de Wa (UWSA) pour ne pas s'ĂȘtre retirĂ©es[502]. Certains signes indiquent que la Chine accĂ©lĂšre les transferts d’armes vers la junte et restreint l’approvisionnement en munitions clĂ©s du TNLA, affectant les perspectives rĂ©alistes de la rĂ©sistance de prendre Mandalay, mĂȘme si la junte se trouve dans sa position la plus faible depuis 2021[503]. Cependant, ce rĂ©cent alignement avec le rĂ©gime militaire a mis Ă  rude Ă©preuve son influence sur des groupes frontaliers comme les 3BA, diminuant l'influence et la capacitĂ© de mĂ©diation de la Chine dans ce nouveau paysage[504]. Le soutien de la Chine a temporairement ralenti l'Ă©lan des rebelles, mais n'a pas rĂ©ussi Ă  inverser la tendance aux pertes humiliantes, notamment la chute d'un deuxiĂšme commandement militaire rĂ©gional Ă  Ann, dans l'État de Rakhine. Au lieu de cela, la Chine voit ses intĂ©rĂȘts menacĂ©s alors que l’armĂ©e d’Arakan encercle Kyaukphyu et que les groupes Kachin prennent le contrĂŽle des mines de terres rares[505]. Les pourparlers de paix soutenus par la Chine et les pressions exercĂ©es pour que la MNDAA se retire de Lashio se sont poursuivis dĂ©but 2025, mais ont Ă©chouĂ© fin [506].

En , le New York Times a rapportĂ© que les rebelles ouvraient des collĂšges et des universitĂ©s sur le territoire qu’ils contrĂŽlaient[507].

Opération Hsinphyushin

[modifier | modifier le code]
Rue de Nawnghkio

Fin aoĂ»t 2024, la Tatmadaw a commencĂ© Ă  prĂ©parer une offensive pour reprendre des villes clĂ©s du nord de l'État Shan, la qualifiant d'« OpĂ©ration Hsin Phyu Shin » (d'aprĂšs le roi birman Hsinbyushin)[508]. Tout au long des mois de septembre et d'octobre, la Tatmadaw a commencĂ© Ă  masser des forces dans les derniĂšres villes qu'elle contrĂŽlait dans le nord de l'État Shan (Namlan, Mongyai et Tangyan) en prĂ©paration de la contre-offensive pour reprendre Lashio[509].

Ces événements s'inscrivent dans un contexte de relations tendues entre la Chine et l'Alliance des Trois Fraternités (3BA). Le 29 août, la Commission de sécurité de la ville de Ruili a publié un communiqué exigeant de la TNLA la fin de toutes ses opérations offensives contre la junte, menaçant de prendre des « mesures dissuasives et disciplinaires supplémentaires » en cas de refus[510]. Quatre jours plus tard, la junte a désigné l'Alliance des Trois Fraternités et ses membres comme « groupes terroristes »[511]. Le 19 septembre, la MNDAA a annoncé la fin de ses opérations offensives et a déclaré qu'il refuserait toute collaboration avec le gouvernement d'union nationale du Myanmar[512]. Malgré la menace chinoise, la TNLA a capturé la derniÚre base de la junte à Hsipaw le 13 octobre[513].

Le 19 octobre, les forces de la Tatmadaw ont lancé une contre-offensive visant à reprendre Nawnghkio au lieu de Lashio[514].

Le 18 novembre, il a été confirmé que le dirigeant de la MNDAA, Peng Daxun (en), avait été détenu au Yunnan par les autorités chinoises depuis fin octobre, ce qui a exercé une pression supplémentaire sur les forces du MNDAA pour qu'elles abandonnent Lashio à la junte[515].

DĂ©but dĂ©cembre, la MNDAA a dĂ©crĂ©tĂ© un cessez-le-feu unilatĂ©ral et s'est dĂ©clarĂ©e disposĂ©e Ă  entamer des pourparlers de paix avec la junte, sous l'Ă©gide de la Chine en tant que mĂ©diatrice[516]. La MNDAA a annoncĂ© ĂȘtre prĂȘte Ă  dĂ©pĂȘcher une dĂ©lĂ©gation de haut niveau pour dialoguer et rĂ©soudre les conflits par des moyens politiques[517]. Cependant, malgrĂ© cette annonce, les frappes aĂ©riennes sur les zones contrĂŽlĂ©es par la TNLA se sont poursuivies[518]. Le 20 janvier 2025, la MNDAA et la junte ont convenu d'un cessez-le-feu nĂ©gociĂ© par la Chine, plusieurs sources affirmant que le retrait de la MNDAA de Lashio Ă©tait une condition de l'accord. Toutefois, Ă  ce moment-lĂ , ni la junte ni la MNDAA n'ont divulguĂ© les dĂ©tails de l'accord[519]. La pression exercĂ©e sur la MNDAA pour qu'elle se retire de Lashio s'est poursuivie, mais les pourparlers de cessez-le-feu ont Ă©chouĂ© fin [506].

Nouvel assaut des shan du sud

[modifier | modifier le code]

DĂ©but aoĂ»t, la PNLA a lancĂ© une nouvelle offensive aux abords de Hsi Hseng aprĂšs que les forces de la junte prĂ©sentes dans la ville eurent bombardĂ© le quartier gĂ©nĂ©ral du PNLA dans le canton de Mawkmai (en)[520]. ParallĂšlement, la PNO, alliĂ©e de la junte, intensifia ses prĂ©paratifs militaires en entraĂźnant 10 000 miliciens dans le canton de Pinlaung, dans le sud de l’État Shan, afin de renforcer la dĂ©fense de Naypyidaw[521]. Le 10 septembre, la PNLO (branche politique de la PNLA) se scinda suite Ă  des dĂ©saccords concernant un cessez-le-feu avec la junte ; les dirigeants favorables au cessez-le-feu firent sĂ©cession pour former la « PNLO-NCA-S »[522].

Le 19 septembre, la Tatmadaw et les militaires alliĂ©s Lahu ont attaquĂ© une base de l'armĂ©e de l'État Shan (RCSS) (en) Ă  Yanghkam, dans le canton de Mong Ping (en)[523].

Attaques continues dans la zone sĂšche

[modifier | modifier le code]
Forces des PDF dans la région de Magway en août 2024

Les Forces de défense du peuple ont également poursuivi les combats en dehors du contexte Shan-Man. Le 11 juin, le Front de libération de l'Union et l'Organisation de défense du peuple de la région de Sagaing ont capturé une base de la junte prÚs de Monywa, la capitale de Sagaing[524]. Le 27 juin, une coalition de plusieurs PDF a attaqué Budalin (en)[525].

Le 17 juillet, les Forces de défense populaire (PDF) ont tiré deux roquettes sur l'aéroport international de Naypyidaw, sans faire de victimes[526].

Le 10 aoĂ»t, les PDF du district de Myingyan (en), dans le centre de la rĂ©gion de Mandalay, ont lancĂ© une offensive contre Taungtha (en) et Natogyi (en)[527]. Natogyi a Ă©tĂ© briĂšvement prise avant d'ĂȘtre reprise peu aprĂšs par la junte. Le 15 aoĂ»t, les PDF ont lancĂ© une offensive sur Dabayin, dans la rĂ©gion de Sagaing, et ont briĂšvement pris le contrĂŽle de la ville le 18 aoĂ»t avant de se retirer peu aprĂšs en raison des contre-attaques de la junte[528]. À la mi-aoĂ»t, la KIA et les PDF ont lancĂ© des offensives conjointes sur Indaw, Pinlebu (en) et Htigyaing (en), dans la rĂ©gion de Sagaing[529]. Les forces de la rĂ©sistance ont pris Pinlebu le 8 octobre, dĂ©faisant prĂšs de 800 soldats de la junte[530].

Le 11 novembre, l'ArmĂ©e de rĂ©volution nationale birmane (en) et plusieurs autres PDF ont lancĂ© des attaques sur Pale (en) avant d'ĂȘtre forcĂ©s de battre en retraite en raison des contre-attaques de la junte[531].

Offensives kachin de fin 2024

[modifier | modifier le code]

Théùtre Chin

[modifier | modifier le code]

AvancĂ©es dans l'État de Rakhine et chute d'Ann

[modifier | modifier le code]

Affrontements dans l'État Karen et avancĂ©es clĂ©s du KNLA

[modifier | modifier le code]

Évolution des lignes de front karenni

[modifier | modifier le code]
Bataille de Mobye
[modifier | modifier le code]

Tremblement de terre et conséquences (mars 2025-aujourd'hui)

[modifier | modifier le code]

Cessez-le-feu déclarés et rompus

[modifier | modifier le code]

Contre-offensives de la junte à Mandalay et dans l'État Shan

[modifier | modifier le code]
Défaite de la Tatmadaw face à la TNLA
[modifier | modifier le code]

Poursuite des offensives hors de la région du séisme

[modifier | modifier le code]
Zone autour de Myawaddy
[modifier | modifier le code]
Offensive de la Tatmadaw dans l'État de Rakhine
[modifier | modifier le code]

Retrait de Lashio

[modifier | modifier le code]

État de Kayah

[modifier | modifier le code]

Formation de l'Alliance de la Révolution du Printemps

[modifier | modifier le code]

Conditions humanitaires

[modifier | modifier le code]

La situation des droits de l'homme en Birmanie s'est considĂ©rablement dĂ©tĂ©riorĂ©e depuis le dĂ©but du conflit civil. En , 1,3 million de personnes avaient Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es Ă  l'intĂ©rieur du pays et plus de 13 000 enfants avaient Ă©tĂ© tuĂ©s[532]. L'armĂ©e birmane a intensifiĂ© son recours aux crimes de guerre, y compris le meurtre, la violence sexuelle, la torture et le ciblage de civils[533]. Depuis le dĂ©but du conflit civil, tant l'armĂ©e birmane que les forces de rĂ©sistance ont utilisĂ© les Ă©tablissements d'enseignement comme bases et sites de dĂ©tention[534]. En 2021, plus de 190 attaques violentes contre des Ă©coles ont Ă©tĂ© signalĂ©es dans 13 États et rĂ©gions de la Birmanie. En , 7,8 millions d'enfants n'Ă©taient toujours pas scolarisĂ©s[535]. La junte a Ă©galement saisi les biens d'opposants politiques dans le cadre d'une stratĂ©gie d'intimidation, touchant des centaines de familles[536]. Le systĂšme de santĂ© publique de la Birmanie s'est effectivement effondrĂ©[537].

La guerre civile a aggravé la crise de la sécurité alimentaire du pays, avec une personne sur quatre en situation d'insécurité alimentaire[538]. La pauvreté et l'insécurité alimentaire ont touché de maniÚre disproportionnée la zone sÚche de la Birmanie et les régions du delta de l'Irrawaddy, qui représentent plus de 80 % de la superficie agricole du pays et abritent un tiers de la population du pays[539].

En , le bilan est estimé à environ 50 000 morts depuis le début de la guerre, et plus de deux millions de déplacés[540]. En , l'ONU estime à 3,5 millions le nombre de déplacés[541].

Impact économique

[modifier | modifier le code]

Impact macroéconomique et financier

[modifier | modifier le code]

Les conditions Ă©conomiques en Birmanie se sont considĂ©rablement dĂ©tĂ©riorĂ©es en raison de la guerre en cours et de la mauvaise gestion Ă©conomique du Conseil administratif d'État[542],[543]. En 2021, le PIB de la Birmanie a diminuĂ© de 5,9 %[544]. Entre mars et , prĂšs de 10 000 personnes par mois ont quittĂ© le pays par les voies officielles, aggravant la fuite des cerveaux du pays et reflĂ©tant l'exode civil qui a suivi les coups d'État militaires de 1962 et 1988[545]. Le marchĂ© du travail local s'est effondrĂ©. En , la valeur du kyat birman s'est dĂ©prĂ©ciĂ©e de plus de 60 %[546], tandis que les prix des produits de base ont augmentĂ© jusqu'Ă  57 %. La Banque mondiale estime que l'Ă©conomie de la Birmanie se contractera de 18 % supplĂ©mentaires en 2022[547]. Depuis , le pays connaĂźt des pĂ©nuries de devises, qui ont eu un impact aigu sur les importateurs, entraĂźnant des pĂ©nuries de produits de base comme les mĂ©dicaments et les engrais[548].

Le régime militaire a imposé des contrÎles des devises étrangÚres, ce qui a aggravé la pénurie de dollars américains parmi les entreprises internationales opérant dans le pays[549]. De nombreuses sociétés étrangÚres et multinationales, dont Telenor, Ooredoo, Chevron, British American Tobacco et Woodside Petroleum, ont quitté le marché birman alors que le conflit s'intensifiait[550]. En , le Groupe d'action financiÚre (GAFI) dirigé par le G7 a annoncé son intention de mettre la Birmanie sur liste noire (en) pour n'avoir pas réussi à endiguer le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme[551]. Actuellement, seuls l'Iran et la Corée du Nord figurent sur la liste noire du Groupe d'action financiÚre. En , la Birmanie a été inscrite sur la liste noire du GAFI, ce qui a accru la volatilité de la valeur du kyat birman[552].

Le , le consultant en risques BMI (groupe Fitch) rĂ©vise Ă  − 2,5 % la contraction du PIB attendue pour l’annĂ©e 2025, alors que l’économie birmane n’a jamais rĂ©cupĂ©rĂ© ses pertes d'activitĂ© liĂ©es de la pandĂ©mie due au Covid-19[553]. Selon BMI, l’un des plus gros dĂ©fis provient de la conscription militaire obligatoire pour les hommes de moins de 35 ans, qui conduit Ă  une rĂ©duction critique de la main-d’Ɠuvre disponible et des taxes sur les salaires des employĂ©s Ă  l’étranger[553].

Impact énergétique

[modifier | modifier le code]

Selon l'expert en Ă©nergie Guillaume de Langre, le coup d'État de 2021 qui dĂ©clenche la guerre a eu lieu dans un contexte de progression et diversification de la production Ă©nergĂ©tique de la Birmanie, auxquelles il met un coup d'arrĂȘt[554]. Entre 2021 et 2024, la production d'Ă©nergie du pays chute de 30 Ă  40 %, Ă  cause de la destruction d'infrastructures, de finances publiques tournĂ©es vers l'effort de guerre devenues insuffisantes pour faire fonctionner les centrales, et surtout, Ă  cause du dĂ©part d'investisseurs Ă©trangers chinois et occidentaux[554]. Ce Ă  quoi il faut ajouter l'Ă©puisement des gisements gaziers, aprĂšs un pic de production atteint en 2015[554]. Ce qui explique aussi pourquoi la junte birmane est un partenaire moins intĂ©ressant pour la Chine et la ThaĂŻlande, qui bĂ©nĂ©ficiaient d'approvisionnements Ă©nergĂ©tiques bon marchĂ© en Ă©change d'un soutien politique Ă  l'armĂ©e birmane[554]. En outre, l’opposition Ă  la junte commence Ă  se saisir de sites d’exploitation de ressources naturelle et d’infrastructures clĂ©s, notamment Ă©nergĂ©tique comme des centrales Ă©lectriques, un gazoduc et des barrages hydroĂ©lectriques, provoquant des coupures d'Ă©lectricitĂ© Ă  Rangoun[553].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. ↑ (en) « Myanmar’s shadow government launches ‘people’s defensive war’ against the military junta », sur CNN,
  2. ↑ (en) « Myanmar junta ‘losing control’ as armed resistance digs in, rights experts say », sur South China Morning Post,
  3. ↑ (en) « The civil war in Myanmar: No end in sight », sur Brookings,
  4. ↑ (en) « Military Successes in Arakan State: Strategic Shifts in Conflict – Issue 160 », sur Myanmar Peace Monitor,
  5. ↑ (en) « AA: Historic Mrauk U Seized From Myanmar’s Junta », sur The Irrawaddy,
  6. ↑ (en) « MNDAA captures military command centre outside Laukkai, taking full control of city », sur Myanmar Now,
  7. ↑ (en) « KNLA Claims Seizure of Karen Town While Myanmar Junta Celebrates », sur The Irrawaddy,
  8. ↑ (en) « Myanmar rebels seize town from military junta despite China-backed ceasefire », sur France24,
  9. ↑ (en) « Operation Chin Brotherhood Sees Swift Success Against Myanmar Junta Troops », sur The Irrawaddy,
  10. ↑ (en) « Op. 1027 Update: TNLA Captures Seven Myanmar Junta Bases, Two Battalion HQs », sur The Irrawaddy,
  11. ↑ (en) « Myanmar’s Military Facing Another Defeat in Major Town in Northern Shan State », sur The Irrawaddy,
  12. ↑ (en) « MNDAA Claims Seizure of Myanmar Junta Command Headquarters », sur The Irrawaddy,
  13. ↑ (en) « Battle For Myanmar’s Coastal Jewel Nears Its End as Arakan Army Moves Into Key Town », sur The Irrawaddy,
  14. ↑ (en) « Resistance forces take over Thabeikkyin », sur Myanmar Now,
  15. ↑ (en) « Resistance Sets up the Chin People's Administrative Committee to Govern Chinland », sur BNI,
  16. ↑ (my) Â«Â á€€á€Źá€€á€œá€šá€șရေသဝနá€șá€€á€Œá€źá€žá€Œá€Źá€” ပဌညá€șထေဏငá€șစုဝနá€șá€€á€Œá€źá€žá€”á€Č့ á€œá€°á€‘á€Żá€á€±á€Źá€șလဟနá€șá€›á€±á€žá€™á€Ÿá€Źá€™á€­á€á€șအငá€șအာှစု(PRA Magway) á€á€­á€Żá€·á€Ąá€€á€Œá€Źá€žá€á€œá€±á€·á€†á€Żá€¶Â Â», sur Public Voice Television,‎
  17. ↑ (en) « PYU SAW HTEE MILITIA », sur Myanmar Now
  18. ↑ (en) « Murders in Yangon and Mandalay linked to Thwe Thout », sur Myanmar Now,
  19. ↑ (en) « Myanmar raising bloodthirsty death squads », sur Asia Times,
  20. ↑ (en) « Paul Lu: ZRO/ZRA Has Abducted And Killed Our CJDC Members », sur Burma News International,
  21. ↑ (en) « NLD ‘Turncoat’ Criticized After Being Named to Myanmar Military Regime’s Cabinet », sur The Irrawaddy,
  22. ↑ Benjamin Laurent, « EnlĂšvements, massacres... La guerre civile en Birmanie touche les Rohingyas jusque dans les camps de rĂ©fugiĂ©s », sur Geo.fr, (consultĂ© le )
  23. ↑ (en) « An Assessment of Myanmar’s Parallel Civilian Govt After Almost 2 Years of Revolution », sur The Irrawaddy,
  24. ↑ (en) « Myanmar’s military number », sur Lowy Institute,
  25. ↑ (en) « ACLED Dashboard », sur ACLED,
  26. ↑ (en) « Graphs of arrest and death data as of December 31, 2024 collected and compiled by the Assistance Association for Political Prisoners (AAPP) since the February 1, 2021 military coup. », sur AAPP,
  27. ↑ (en) « Myanmar Emergency Update (as of end November 2024) », sur Reliefweb,
  28. ↑ (en) « Myanmar’s Total Displaced Population Tops 1 Million, Says UN », sur The Diplomat,
  29. ↑ (en) « Myanmar junta has burnt down 83,746 houses since the coup », sur Mizzima,
  30. ↑ (en) « Daily Briefing in Relation to the Military Coup », sur AAPP,
  31. ↑ (en) « Tension at border: Fear grips residents in Bandarban », sur Dhaka Tribune,
  32. ↑ (en) « Myanmar Violence Escalates With Rise of 'Self-defense' Groups, Report Says », sur Voice of America,
  33. ↑ (en) « Myanmar anti-coup insurgents destroy police post, kill security forces -media », sur Euronews,
  34. ↑ (en) « Myanmar’s political future remains cloudy as the junta wobbles », sur East Asia Forum,
  35. ↑ (en) « Commentary: Myanmar's military stares at defeat as rebel forces go on the offensive », sur CNA,
  36. ↑ (en) « A Ragtag Resistance Sees the Tide Turning in a Forgotten War », sur The New York Times,
  37. ↑ (en) « More than two years on, impact of Myanmar military coup ‘devastating’ », sur United Nations,
  38. ↑ (en) « Mass Exodus: Successive Military Regimes in Myanmar Drive Out Millions of People », sur The Irrawaddy,
  39. ↑ (en) « Junta Controls Fewer Than 100 of Myanmar’s 350 Towns: NUG », sur The Irrawaddy,
  40. ↑ (en) « Myanmar’s Junta Is Losing the Civil War », sur Council on Foreign Relations,
  41. ↑ (en) « Myanmar Junta Troops Lost Will to Fight: Brotherhood Alliance », sur The Irrawaddy,
  42. ↑ (en) « Kayah Resistance Seizes Myanmar Junta Bases in State Capital », sur The Irrawaddy,
  43. ↑ (my) « ရသေ့တေဏငá€șá€™á€Œá€­á€Żá€·á€”á€šá€ș နယá€șá€á€Œá€Źá€žá€…á€±á€Źá€„á€·á€șရá€Čစခနá€șသနဟစá€șခုကို ရကá€čခိုင့á€șတပá€șတေဏá€ș ထိုှစစá€șဆငá€șတိုကá€șခိုကá€șá€•á€Œá€źá€žá€”á€±á€Źá€€á€ș ဒုံသပိုကá€șစခနá€șှကိုသိမá€șှပိုကá€șá€›á€›á€Ÿá€­á€•á€Œá€źá€Ÿá€Żá€†á€­á€ŻÂ Â», sur Narinjara News,‎
  44. ↑ (en) « Myanmar's army is losing - and facing fire from a militant monk », sur BBC News,
  45. ↑ (en) « Burnings and beheadings: Myanmar junta escalates terror tactics against its people », sur CNN,
  46. ↑ (en) « It is too early to write off Myanmar’s junta », sur East Asia Forum,
  47. ↑ (en) « The Tatmadaw », sur The Hindu,
  48. ↑ (en) « Myanmar’s Junta is Nearing Its End in The Thai Border State of Karenni », sur The Irrawaddy,
  49. ↑ (en) « Myanmar rebels claim control over major western military headquarters », sur The Guardian,
  50. ↑ (en) « Myanmar quake death toll tops 1,600 as resistance movement announces partial ceasefire », sur Los Angeles Times,
  51. ↑ (en) « The Burmese Communist Party in the State-to-State Relations between China and Burma », sur Leeds East Asia Papers
  52. ↑ (en) « Making Enemies War and State Building in Burma », sur Google Livres
  53. ↑ (en) « Reconstructing Conflict Integrating War and Post-war Geographies », sur Google Livres
  54. ↑ (en) « 47 Myanmar soldiers reported dead in clashes with Kokang rebels », sur CNN,
  55. ↑ (en) « Myanmar's National Ceasefire Agreement to End 68 Year Civil War Isn't All That National », sur Vice News,
  56. ↑ (en) « Myanmar Signs Historic Cease-Fire Deal With Eight Ethnic Armies », sur Radio Free Asia,
  57. ↑ (en) « Conflict Resumes in Karen State After Myanmar Army Returns », sur Voice of America,
  58. ↑ (en) « Myanmar tensions: Dozens dead in Rakhine militant attack », sur BBC News,
  59. ↑ (en) « 8 killed as ethnic rebels hit Muse », sur DVB Multimedia Group,
  60. ↑ (my) Â«Â á€™á€źá€žá€á€…á€á€”á€čှအာှ ရကá€čေပါငá€čှ ၄၀ ေကá€șာá€čáŸá€€á€Ź ဝိုငá€čှပတá€čပိတá€čဆို႔ထဏသသည့á€č AA á€ĄáŸá€€á€™á€čှဖကá€č ေသဏငá€čှကá€șနá€čှ သူမá€șာှ အကá€șဆုံသမá€șá€Źá€žá€…á€Œá€Źá€»á€–á€„á€·á€č ဆုတá€čá€á€Œá€Ź ထဌကá€čေျပသ၊ ၎တို႔၏ ပလကá€čဝေဒသ ျဖတá€č ေတဏကá€čပိတá€čဆို႔ေရသ ရညá€čမလနá€čှ ခá€șကá€čဥေပၚ တပá€čမေတဏá€čက ႐ိုကá€čခá€șိဳှႏိုငá€čခá€Č့ », sur Cincds,‎
  61. ↑ (en) « Myanmar military announces new State Administrative Council », sur The Myanmar Times,
  62. ↑ (en) « Min Aung Hlaing: the heir to Myanmar’s military junta », sur France 24,
  63. ↑ (en) « Myanmar shadow government calls for uprising against military », sur Al Jazeera,
  64. ↑ (en) « 10 Conflicts to Worry About in 2022 », sur ACLED
  65. ↑ (en) « UCDP Dataset Download Center », sur UCDP
  66. ↑ (en) « Myanmar’s junta can’t win the civil war it started », sur The Washington Post,
  67. ↑ (en) « Who is winning Myanmar's civil war? », sur Deutsche Welle,
  68. ↑ (en) « Is Myanmar’s military starting to lose the war? », sur Asia Times,
  69. ↑ (en) « ‘The last fight’: With growing support for federal army, Kachin prepares for war », sur Frontier Myanmar,
  70. ↑ (en) « UN envoy urges action to prevent Myanmar 'civil war' », sur Eleven Myanmar,
  71. ↑ (en) « As slaughter of civilians continues, some decide it’s time to take up arms », sur Myanmar Now,
  72. ↑ (en) « Brotherhood Alliance tells military to stop killings, threatens to abandon ceasefire », sur Myanmar Now,
  73. ↑ (en) « The Junta Is Dragging Myanmar Into Full-Blown Civil War », sur The Irrawaddy,
  74. ↑ (en) « KIA says more clashes likely despite junta’s ceasefire announcement », sur Myanmar Now,
  75. ↑ (en) « 10 soldiers killed in Myanmar base attack: Rebel group », sur Anadolu Agency,
  76. ↑ (en) « Myanmar Villagers Take Up Homemade Weapons Against Regime’s Security Forces », sur The Irrawaddy,
  77. ↑ (en) « MYANMAR’S MEDIATION BLUES: Negotiation or zero-sum game? », sur BNI,
  78. ↑ (en) « Ten Myanmar policemen killed in attack by ethnic armies opposed to junta-report », sur Reuters,
  79. ↑ (en) « Junta’s armed forces launch attack to reclaim base seized by KIA », sur Myanmar Now,
  80. ↑ (en) « Myanmar: The small embattled town that stood up to the army », sur BBC News,
  81. ↑ (en) « At least 30 regime soldiers killed by Mindat locals in four-day battle », sur Myanmar Now,
  82. ↑ (en) « Junta cuts off water and food supplies to rebel town of Mindat », sur Military Coup Myanmar,
  83. ↑ (en) « Who Are The Chinland Defense Force (CDF), Chin Myanmar », sur Myanmar Speaks,
  84. ↑ (en) « Aung San Suu Kyi supporters unveil Myanmar ‘national unity government’ », sur Financial Times,
  85. ↑ (en) « Opponents of Myanmar's junta set up national unity government », sur France24,
  86. ↑ (en) « Armed clashes break out in Myanmar between troops and anti-junta protesters, US expands sanctions », sur Reuters,
  87. ↑ (en) « Can Myanmar’s New ‘People’s Defense Force’ Succeed? », sur The Diplomat,
  88. ↑ (en) « Myanmar rebels claim police killings as Aung San Suu Kyi appears in court », sur The Guardian,
  89. ↑ (en) « Myanmar: 13 security forces members killed in clash with anti-coup bloc's defence force », sur ANI News,
  90. ↑ (en) « Karen Rebel Leader Warns Myanmar Regime of More Fighting », sur The Irrawaddy,
  91. ↑ (en) « Karenni resistance fighters open new front against junta », sur Myanmar Now,
  92. ↑ (en) « Myanmar carries out air strikes after militia attacks - witnesses », sur Reuters,
  93. ↑ (en) « Myanmar Junta Forces and KIA in Fresh Fighting in Northern Myanmar », sur The Irrawaddy,
  94. ↑ (en) « The deadly battles that tipped Myanmar into civil war », sur BBC News,
  95. ↑ (en) « Myanmar is sliding toward bloody anarchy », sur The Washington Post,
  96. ↑ (en) « Myanmar Junta Troops Battle Civilian Resistance Fighters in Mandalay », sur The Irrawaddy,
  97. ↑ (en) « Myanmar military kills at least 25 people in raid on central town », sur Al Jazeera,
  98. ↑ (en) « The Dry Zone: an existential struggle in central Myanmar », sur International Institute for Strategic Studies,
  99. ↑ (my) Â«Â á€›á€­á€Żá€Ÿá€„á€șá€‚á€»á€Źá€á€œá€±á€Ąá€›á€±á€ž ဆေဏငá€șရလကá€șသူ သတá€șဖဌတá€șá€á€¶á€›á€™á€Ÿá€Żá€€á€­á€Ż စုံစမá€șသဖို့ á€œá€°á€·á€Ąá€á€œá€„á€·á€șဥရေသဆေဏငá€șရလကá€șသူတလေ တေဏငá€șသဆို », sur BBC News,‎
  100. ↑ (en) « Myanmar opposition announces ‘defensive war’ against junta », sur The Guardian,
  101. ↑ (en) « Post-coup Myanmar in six warscapes », sur International Institute for Strategic Studies,
  102. ↑ (en) « Over 1,700 Myanmar Junta Soldiers Killed in Past Three Months, Civilian Govt Says », sur The Irrawaddy,
  103. ↑ (en) « Over 30 Myanmar Junta Troops Killed in Fierce Weekend Fighting », sur The Irrawaddy,
  104. ↑ (en) « Over 40 Myanmar Junta Soldiers Killed in Ambush », sur The Irrawaddy,
  105. ↑ (en) « Pa-O fighters in Shan help junta capture base from resistance forces », sur Myanmar Now,
  106. ↑ (en) « Myanmar: Whole town flees amid fierce fighting », sur BBC News,
  107. ↑ (en) « Myanmar Junta Troops Ambushed in Shan State », sur The Irrawaddy,
  108. ↑ (en) « Soldiers capture PDF medics during raid on resistance base camp in Kalay », sur Myanmar Now,
  109. ↑ (en) « Hundreds of Myanmar Junta Informants Killed or Wounded », sur The Irrawaddy,
  110. ↑ (en) « Revolution and the Escalating Collapse of Myanmar’s Junta », sur The Irrawaddy,
  111. ↑ (en) « 2,200 Myanmar Junta Soldiers Killed Since January: KNU », sur The Irrawaddy,
  112. ↑ (en) « Dozens of junta troops ambush Moebye PDF outpost », sur Myanmar Now,
  113. ↑ (en) « Clashes in Kayah State kill at least four regime soldiers: KNDF », sur Myanmar Now,
  114. ↑ (en) « Military arrests NLD lawmaker in KNU territory », sur Myanmar Now,
  115. ↑ (en) « More houses torched as junta troops leave Loikaw village », sur Myanmar Now,
  116. ↑ (en) « As details of Christmas Eve massacre emerge, calls for justice grow », sur Myanmar Now,
  117. ↑ (en) « Save the Children confirms staff killed in Myanmar massacre », sur Al Jazeera,
  118. ↑ (en) « UN ‘horrified’ by massacre of dozens of civilians in Myanmar », sur Al Jazeera,
  119. ↑ (en) « Myanmar: Security Council condemns attack killing dozens », sur United Nations News,
  120. ↑ (en) « Both Sides Sustain Casualties as Fighting Rages Between PDFs and Myanmar Junta », sur The Irrawaddy,
  121. ↑ (en) « Myanmar: Military onslaught in eastern states amounts to collective punishment », sur Amnesty International,
  122. ↑ (en) « Myanmar: Additional armed clashes between military and armed groups likely in Kayah State through mid-May /update 9 », sur Crisis24,
  123. ↑ (en) « Fighting in Myanmar’s Kayin state drives thousands to Thai border », sur Radio Free Asia,
  124. ↑ (en) « Regime troops retreat with heavy causalities in Lay Kay Kaw », sur Burma News International,
  125. ↑ (en) « The Dry Zone: an existential struggle in central Myanmar », sur International Institute of Strategic Studies,
  126. ↑ (en) « Military raid destroys resistance base in Monywa, PDF says », sur Myanmar Now,
  127. ↑ (en) « Soldiers target villagers after ambush by Myaing PDF », sur Myanmar Now,
  128. ↑ (en) « Resistance Fighters Claim To Have Killed Around 50 Myanmar Junta Personnel », sur The Irrawaddy,
  129. ↑ (en) « Resistance Fighters Suffer Heavy Losses During Sagaing Clash With Myanmar Junta », sur The Irrawaddy,
  130. ↑ (en) « Junta Soldiers Killed; Social Media Users Boycott Myanmar Coup Leader’s Parade », sur The Irrawaddy,
  131. ↑ (en) « Myanmar Junta Claims to Have Killed 8 Resistance Fighters in Mandalay Raids », sur The Irrawaddy,
  132. ↑ (en) « Burma Army Convoy Attacked In Mohnyin Township », sur Kachin News Group,
  133. ↑ (en) « Further clashes between KIA, Myanmar military break out in Hpakant », sur Myanmar Now,
  134. ↑ (en) « KIA Targets PMF Gold-mining Operation In Hpakant Township », sur BNI,
  135. ↑ (en) « Military deploys Russian-made fighter jets against KIA targets », sur Myanmar Now,
  136. ↑ (en) « KIA speculates that battles with Myanmar army could intensify in Kachin State », sur Myanmar Now,
  137. ↑ (en) « Chinland Defence Force attacks junta soldiers in Matupi », sur Myanmar Now,
  138. ↑ (en) « Myanmar Junta Convoy Under Repeated Attack in Chin State », sur The Irrawaddy,
  139. ↑ (en) « Well over a quarter of Thantlang now destroyed by fire as rebel group vows to ‘drive out’ junta soldiers », sur Myanmar Now,
  140. ↑ (en) « India’s Ties With Myanmar Junta in Focus After Chin Group’s Attack on Manipur Rebels », sur The Irrawaddy,
  141. ↑ (en) « Army truck with soldiers inside blown up in Yangon », sur Myanmar Now,
  142. ↑ (en) « Three injured guerrilla fighters among 12 arrested after accidental explosion in Yangon », sur Myanmar Now,
  143. ↑ (en) « Almost 370 Myanmar Junta Officials Assassinated Since Coup », sur The Irrawaddy,
  144. ↑ (en) « Resistance Fighters Target Homes of Myanmar Junta Pilots After Airstrikes on Civilians », sur The Irrawaddy,
  145. ↑ (en) « Myanmar Resistance Kills Dozens of Junta Soldiers in Three Days of Clashes », sur The Irrawaddy,
  146. ↑ (en) « Myanmar Resistance Leader in Sagaing Says Monsoon Will Bring Victories », sur The Irrawaddy,
  147. ↑ (en) « Is Myanmar’s Military on Its Last Legs? », sur Center for Strategic and International Studies,
  148. ↑ (en) « Myanmar’s resistance is at risk of believing its own propaganda », sur The Economist,
  149. ↑ (en) « Accusations fly after Myanmar bombing kills 1, injures 9 », sur Associated Press,
  150. ↑ (en) « Dozens of Myanmar Troops, 11 PDF Fighters Killed in Clash in Shan State », sur The Irrawaddy,
  151. ↑ (en) « Killing Spree », sur Myanmar Witness,
  152. ↑ (en) « Son of Slain Villager Recalls Myanmar Junta Massacre in Sagaing », sur The Irrawaddy,
  153. ↑ (en) « Myanmar junta executes leading democracy activists », sur CNN,
  154. ↑ (en) « World condemns Myanmar junta for 'cruel' execution of activists », sur Reuters,
  155. ↑ (en) « Myanmar: First executions in decades mark atrocious escalation in state repression », sur Amnesty International,
  156. ↑ (en) « G7 Foreign Ministers’ Statement on the Myanmar Military Junta’s Executions », sur United States Department of State,
  157. ↑ (en) « Anatomy of an extrajudicial massacre », sur Radio Free Asia,
  158. ↑ (en) « Myanmar army helicopters fire on school, killing 6: reports », sur Nikkei Asia,
  159. ↑ (en) « Myanmar army helicopters fire on school, killing 13, media and residents say », sur Reuters,
  160. ↑ (en) « Myanmar: Guterres strongly condemns army attacks which left 11 children dead », sur United Nations News,
  161. ↑ (en) « Myanmar: Statement by the spokesperson on the latest attack against a school in Tabayin », sur EEAS,
  162. ↑ (en) « Retired Myanmar Brigadier General Shot Dead by Yangon Resistance Group », sur The Irrawaddy,
  163. ↑ (en) « Junta Troops Clash With Arakan Army in Western Myanmar », sur The Irrawaddy,
  164. ↑ (en) « Two Civilians Dead in Clash Between AA, Regime Troops in Myanmar’s Rakhine State », sur The Irrawaddy,
  165. ↑ (en) « Fighting With AA Claims Heavy Regime Casualties Including Officers, Video Shows », sur The Irrawaddy,
  166. ↑ (en) « Avoiding a Return to War in Myanmar’s Rakhine State », sur International Crisis Group,
  167. ↑ (en) « Arakan Army on Collision Course with the Military in Myanmar’s Rakhine State », sur The Diplomat,
  168. ↑ (en) « Insurgents in Myanmar’s Rakhine State Return to War on the Military », sur US Institute of Peace,
  169. ↑ (en) « Tensions as Bangladesh accuses Myanmar of firing in its territory », sur Al Jazeera,
  170. ↑ (en) « Dhaka summons Myanmar ambassador again, protests land, airspace violation », sur The Daily Star,
  171. ↑ (en) « Bangladesh Credits Chinese Intervention With Stopping Myanmar Border Blasts », sur The Irrawaddy,
  172. ↑ (en) « Myanmar’s NUG going for broke before its time », sur Asia Times,
  173. ↑ (en) « Why Myanmar Junta’s ‘Four Cuts’ Arson Strategy is Failing to Quell Resistance », sur The Irrawaddy,
  174. ↑ (en) « Kayah Resistance: 797 Myanmar Junta Troops Killed Last Year », sur The Irrawaddy,
  175. ↑ (en) « ‘Our Objective Was to Force Junta Troops From Southern Kawkareik’: KNLA », sur The Irrawaddy,
  176. ↑ (en) « Myanmar’s KNU attacks key border town of Kawkareik », sur Mizzima,
  177. ↑ (en) « Karen Resistance Forces Seize Myanmar Junta Base, Capture 17 Soldiers », sur The Irrawaddy,
  178. ↑ (en) « Fighting Breaks Out Near Inle Lake in Southern Shan State », sur The Irrawaddy,
  179. ↑ (en) « Chin resistance forces fail to take outpost after week-long siege », sur Myanmar Now,
  180. ↑ (en) « Chin Resistance: Myanmar Junta Trying to Retake Thantlang », sur The Irrawaddy,
  181. ↑ (en) « Junta forces torch Hpakant Township village after forcing KIA withdrawal, locals say », sur Myanmar Now,
  182. ↑ (en) « Regime Convoy Stopped In Chin State », sur BNI,
  183. ↑ (en) « Convoy of Myanmar Junta Reinforcements Decimated Near Matupi: Chin Resistance », sur The Irrawaddy,
  184. ↑ (en) « Two Dozen Myanmar Junta Troops Killed in Chin State Camp Raid », sur The Irrawaddy,
  185. ↑ (en) « Nearly 60 Myanmar Regime Forces Killed in Two Days of Resistance Attacks », sur The Irrawaddy,
  186. ↑ (en) « Over 70 Myanmar Junta Forces Killed in Three Days of Resistance Attacks », sur The Irrawaddy,
  187. ↑ (en) « Thousands flee as resistance forces seize three Myanmar military bases in Bago Region », sur Myanmar Now,
  188. ↑ (en) « NUG opens probe into brutal killing of woman by members of its resistance force », sur Myanmar Now,
  189. ↑ (en) « Sagaing Resistance Groups Hail River Attacks on Myanmar Junta », sur The Irrawaddy,
  190. ↑ (en) « More Than a Dozen Myanmar Junta Troops Killed in Four Days of Resistance Attacks », sur The Irrawaddy,
  191. ↑ (my) « ကနဟ á€á€Źá€á€«á€á€­á€Żá€„á€șစခနá€șှကုနá€șှတိုကá€șပလá€Čတလငá€ș စစá€șကေဏငá€șစြတပá€șသာှ ၃၀ ဩှ á€žá€±á€†á€Żá€¶á€žá€•á€Œá€źá€ž ၃ ယေဏကá€ș ထလကá€șပဌေသလလတá€șá€™á€Œá€±á€Źá€€á€ș », sur Mizzima,‎
  192. ↑ (en) « PDF-Mandalay will speed up military operations in 2023 », sur BNI,
  193. ↑ (en) « Military, PDF engage in escalating battles in Shan-Mandalay border township », sur Myanmar Now,
  194. ↑ (en) « Dozens of Myanmar Junta Forces Killed in Shan State Clashes: Mandalay PDF », sur The Irrawaddy,
  195. ↑ (en) « Yangon Guerrillas Kill Myanmar Junta Money Laundering Chief », sur The Irrawaddy,
  196. ↑ (en) « Myanmar villagers say army beheaded high school teacher », sur Associated Press,
  197. ↑ (en) « Singers and soldiers among over 60 killed at celebration in Myanmar military air attack, ethnic group says », sur CBS News,
  198. ↑ (en) « Ethnic group says Myanmar air attack kills 60 at celebration », sur ABC News,
  199. ↑ (en) « Myanmar Junta Torches Home Village of Catholic Cardinal », sur The Irrawaddy,
  200. ↑ (en) « Several people killed in Myanmar military ambush of Sagaing resistance checkpoint », sur Myanmar Now,
  201. ↑ (en) « Myanmar Junta Imposes Martial Law in Resistance Strongholds », sur Bloomberg,
  202. ↑ (en) « As Sagaing attacks continue, Myanmar junta’s scorched earth tactics earn WWII comparison », sur Myanmar Now,
  203. ↑ (en) « Myanmar Junta Jets Target Kachin Resistance Forces », sur The Irrawaddy,
  204. ↑ (en) « Myanmar military torches own police station in Magway », sur Myanmar Now,
  205. ↑ (en) « IN PICTURES », sur Myanmar Now,
  206. ↑ (en) « Thousands flee as Myanmar military secures Letpadaung area for Chinese workers », sur Myanmar Now,
  207. ↑ (en) « In Myanmar’s heartland, new horrors from a junta struggling for control », sur Myanmar Now,
  208. ↑ (en) « Myanmar military, Arakan Army halt hostilities on humanitarian grounds », sur Radio Free Asia,
  209. ↑ (en) « Myanmar Military and Arakan Army Agree Temporary Truce in Rakhine State », sur The Irrawaddy,
  210. ↑ (en) « Tensions remain high in Rakhine State despite military, AA truce », sur Myanmar Now,
  211. ↑ (en) « Military launches major assault on Kokang base on China-Myanmar border », sur Myanmar Now,
  212. ↑ (en) « Myanmar army drops massive aerial bombs during northern Shan State clashes, TNLA says », sur Myanmar Now,
  213. ↑ (en) « Myanmar Junta Calls Ta’ang Army Battle a ‘Misunderstanding’ », sur The Irrawaddy,
  214. ↑ (en) « Military Council suffered massive casualties Battle of Namhsan », sur BNI,
  215. ↑ (en) « Dozens of Myanmar Junta Forces Killed in Four Days of Resistance Attacks », sur The Irrawaddy,
  216. ↑ (my) Â«Â á€›á€œá€Ÿá€±á€€á€Żá€€á€čá€€á€­á€Żá€™á€Ÿá€Ź စစá€șကေဏငá€șစြဘကá€ș နá€Č့ KNLA တိုကá€șပလá€Čပဌငá€șှထနá€ș », sur Voice of America,‎
  217. ↑ (en) « Into the lion’s den: The failed attack on Shwe Kokko », sur Frontier Myanmar,
  218. ↑ (en) « NUG’s first Yangon PDF battalion is preparatory measure: NUG PM Office spokesperson », sur Mizzima,
  219. ↑ (en) « Head of security for Yangon International Airport assassinated », sur Myanmar Now,
  220. ↑ (en) « Yangon Airport security chief assassinated », sur Mizzima,
  221. ↑ (en) « Four Military Council Soldiers Arrested During KNLA/ PDF Inspection of Vehicles on Ye-Thanbyuzayat Highway », sur BNI,
  222. ↑ (my) Â«Â á€›á€±á€žá€™á€Œá€­á€Żá€·á€”á€šá€șနဟင့á€ș လမိုငá€șသတလငá€ș á€›á€±á€žá€˜á€źá€œá€°á€žá€Ąá€–á€œá€Č့ ပစá€șခတá€șá€™á€Ÿá€Żá€™á€»á€Źá€žá€•á€Œá€Żá€œá€Żá€•á€șရာ စစá€șသာှ ၄ ဩှ သေဆုံသ », sur Mizzima,‎
  223. ↑ (my) Â«Â á€›á€±á€žá€™á€Œá€­á€Żá€·á€”á€šá€șတလငá€ș စစá€șá€™á€Ÿá€Żá€‘á€™á€șá€žá€Ÿá€±á€Źá€„á€șှ ပျူစေဏထဟသခေါငá€șသဆေဏငá€șအာှ á€›á€±á€žá€˜á€źá€œá€°á€žá€Ąá€–á€œá€Č့ပစá€șခတá€șရဟငá€șှလငá€șသ », sur Mizzima,‎
  224. ↑ (my) Â«Â á€›á€±á€žá€™á€Œá€­á€Żá€·á€”á€šá€șတလငá€ș စကခ (၁၉) လဟည့á€șကငá€șှအာှ á€›á€±á€žá€˜á€źá€œá€°á€žá€Ąá€–á€œá€Č့ ပစá€șခတá€ș », sur Mizzima,‎
  225. ↑ (my) « ရေသ၊ လမိုငá€șသနဟင့á€ș á€á€±á€«á€‡á€Źá€™á€Œá€­á€Żá€·á€€ စစá€șကေဏငá€șစြ ဌာနဆိုငá€șရဏရုံသမျဏသ ပိတá€șလိုကá€șရ », sur The Irrawaddy,‎
  226. ↑ (my) « တေဏá€șလဟနá€șရေသဥငá€șá€Ąá€Źá€žá€…á€Żá€á€œá€±á€›á€Č့ နေပဌညá€șတေဏá€șအိပá€șမကá€ș », sur BBC News,‎
  227. ↑ (en) « Naypyitaw Junta Airbase Hit by Myanmar Resistance Drone Strike », sur The Irrawaddy,
  228. ↑ (en) « Over 3,000 Myanmar Junta Troops Killed in First Half of 2023: NUG », sur The Irrawaddy,
  229. ↑ (en) « Myanmar resistance leader claims majority control over territory in the country », sur The Star,
  230. ↑ (en) « Resistance Forces Attack Regime Checkpoints and Offices in Karen State », sur The Irrawaddy,
  231. ↑ (en) « Karenni BGF battalions confirm role in recent raids on junta outposts », sur Myanmar Now,
  232. ↑ (en) « Myanmar Junta Outposts Fall to Karenni Resistance in Kayah State », sur The Irrawaddy,
  233. ↑ (en) « A lieutenant colonel among dozens of junta soldiers captured in Karenni State, says NUG », sur Myanmar Now,
  234. ↑ (en) « Myanmar Junta Suffers Heavy Casualties, Defections in Battle for Karen Hilltop », sur The Irrawaddy,
  235. ↑ (en) « Military Council Suffers Many Causalities During Operation Kanaung », sur Shan Herald Agency for News,
  236. ↑ (en) « Myanmar Junta Loses 76 Soldiers as PDF Kicks Off Special Operation in Mandalay, Shan », sur The Irrawaddy,
  237. ↑ (my) Â«Â á€™á€Œá€±á€Źá€€á€șပိုငá€șá€žá€žá€Żá€¶á€žá€–á€œá€Č့ စစá€șကေဏငá€șစြကို စစá€șဆငá€șá€›á€±á€žá€€á€Œá€±á€Šá€Źá€•á€Œá€źá€ž စတိုကá€ș », sur Radio Free Asia,‎
  238. ↑ (my) « ဥေဏကá€șတိုဘာ ၂၇ ရကá€șထိပá€șတနá€șှသတငá€șသမျဏသ - ရဟမá€șá€žá€™á€Œá€±á€Źá€€á€șတိုကá€șပလá€Č နေဏကá€șဆုံသရသတငá€șှစုစညá€șသချကá€ș », sur BBC News,‎
  239. ↑ (my) « စစá€șဆငá€ș‌ရေသ ၁၀၂၇ - ရဟမá€șသပဌညá€ș á€™á€Œá€±á€Źá€€á€șပိုငá€șှက မဟာမိတá€șစစá€șဆငá€șá€™á€Ÿá€ŻÂ Â», sur BBC News,‎
  240. ↑ (my) « ၁၀၂၇ စစá€șဆငá€șရေသ - သုံသရကá€șá€Ąá€á€œá€„á€șှ á€œá€±á€€á€Œá€±á€Źá€„á€șှတိုကá€șခိုကá€șá€™á€Ÿá€Ż á€Ąá€€á€Œá€­á€™á€ș ၄၀ », sur BBC News,‎
  241. ↑ (my) « “၁၀၂၇ စစá€șဆငá€șရေသ” စစá€șကိုငá€șှအထကá€șပိုငá€șှ ဝငá€șရေဏကá€șá€œá€ŹÂ Â», sur The Irrawaddy,‎
  242. ↑ (my) « နေဏငá€șá€á€»á€­á€Żá€™á€Œá€­á€Żá€·á€”á€Č့ ဂုတá€șတလငá€șသတံတဏသကို မဟာမိတá€șတပá€șတလေ စြှနငá€șှထိနá€șသချုပá€ș », sur The Irrawaddy,‎
  243. ↑ (my) « ခလရ ၁၄၃ တပá€șရငá€șှတရငá€șá€žá€œá€Żá€¶á€ž လကá€șနကá€șချခá€Čá€·á€€á€Œá€±á€Źá€„á€șှ ညဟနေဏငá€șမဟာမိတá€ș ၃ ဖလá€Č့ထုတá€șပဌနá€ș », sur Voice of America,‎
  244. ↑ (en) « ကနá€șတေဏá€șယနá€șအထိုငá€șတပá€șစခနá€șှကို သိမá€șှပိုကá€șလိုကá€șá€•á€Œá€źá€œá€­á€Żá€· KIO ပဌနá€șá€€á€Œá€Źá€žá€›á€±á€ž ဗိုလá€șá€™á€Ÿá€°á€žá€€á€Œá€źá€žá€”á€±á€Źá€șá€˜á€°á€•á€Œá€±á€ŹÂ Â», sur Kachin Waves,‎
  245. ↑ (my) « နေဏငá€șá€á€»á€­á€Żá€™á€Œá€­á€Żá€·á€Ąá€”á€źá€ž စစá€șကေဏငá€șစြယာဉá€șတနá€șှကို TNLA နဟင့á€ș MDY PDF တို့ စစá€șဆငá€ș », sur The Irrawaddy,‎
  246. ↑ (my) Â«Â á€™á€Œá€­á€Żá€· ၃ á€™á€Œá€­á€Żá€· á€€á€»á€žá€œá€Źá€žá€•á€Œá€źá€Ÿá€Ż စစá€șကေဏငá€șစြဝနá€șခံ », sur B=DVB,‎
  247. ↑ (my) « ညဟနေဏငá€șမဟာမိတá€șá€™á€»á€Źá€žá စစá€șဆငá€șရေသ ၇ ရကá€șá€™á€Œá€±á€Źá€€á€șတလငá€ș á€™á€Œá€­á€Żá€·á€œá€±á€žá€™á€Œá€­á€Żá€·á€€á€­á€Ż á€Ąá€•á€Œá€źá€žá€á€­á€Żá€„á€ș သိမá€șှပိုကá€șနိုငá€șခá€Čá€·á€•á€Œá€źá€ž စစá€șကေဏငá€șစြတပá€șစခနá€șှ ၁၀၀ ကျေဏá€șကို သိမá€șှဆညá€șသထဏသ », sur Ayeyarwaddy Times,‎
  248. ↑ (my) « နမ့á€șခမá€șှတစá€șá€™á€Œá€­á€Żá€·á€œá€Żá€¶á€žá€”á€źá€žá€•á€«á€ž TNLA ထိနá€șသချုပá€ș », sur Myanmar Now,‎
  249. ↑ (en) « Myanmar Resistance Seizes First District-Level Town in Sagaing as Offensive Expands », sur The Irrawaddy,
  250. ↑ (my) « ကလေသ- တမူှလမá€șသပေါá€șရဟိ ခါမá€șသပါတá€șá€™á€Œá€­á€Żá€·á€€á€­á€Ż PDF သိမá€șသ », sur The Irrawaddy,‎
  251. ↑ (my) « ၁၂ ရကá€șá€Ąá€€á€Œá€Źá€á€œá€„á€ș ကလမá€șá€žá€œá€Żá€¶á€€á€­á€Ż á€Ąá€•á€Œá€źá€žá€žá€­á€™á€șှနိုငá€șဟု MNDAA ထုတá€șပဌနá€ș », sur The Irrawaddy,‎
  252. ↑ (my) Â«Â á€™á€Żá€¶á€žá€€á€­á€Żá€žá€™á€Œá€­á€Żá€·á€€á€­á€Ż á€Ąá€œá€Żá€¶á€žá€…á€Żá€¶á€‘á€­á€”á€șသချုပá€șနိုငá€șá€•á€Œá€źá€–á€Œá€…á€șá€€á€Œá€±á€Źá€„á€șှ MNDAA á€•á€Œá€±á€ŹÂ Â», sur Myanmar Now,‎
  253. ↑ (my) « မုံသကိုသတိုကá€șပလá€Čတလငá€ș တပá€șမ ၉၉ á€—á€»á€°á€Ÿá€Źá€™á€Ÿá€°á€ž ဗိုလá€șá€™á€Ÿá€°á€žá€€á€Œá€źá€žá€Ąá€•á€«á€Ąá€á€„á€ș á€Ąá€›á€Źá€›á€Ÿá€­á€…á€…á€șသညá€ș ၃၀ ကျေဏá€ș သေဆုံသ », sur DVB,‎
  254. ↑ (my) « ဂုတá€șထိပá€șá€á€¶á€á€Źá€žá€Ąá€”á€źá€žá€›á€Ÿá€­ စစá€șတပá€șစခနá€șှကို TNLA/PDF ပူသပေါငá€șá€žá€Ąá€–á€œá€Č့ တိုကá€șခိုကá€șနေ », sur Myanmar Now,‎
  255. ↑ (en) « Myanmar Junta Loses Bases, Scores of Troops in Four Days of Resistance Attacks », sur The Irrawaddy,
  256. ↑ (en) « Myanmar rebels seize town from military junta despite China-backed ceasefire », sur France24,
  257. ↑ (en) « Brotherhood Alliance Seizes Another Ethnic Zone in Myanmar’s northern Shan State », sur The Irrawaddy,
  258. ↑ (en) « Rival Shan armies declare truce as other ethnic armed groups gain ground », sur Myanmar Now,
  259. ↑ (en) « Myanmar Junta Asks China to Pressure Brotherhood Alliance to End Offensive », sur The Irrawaddy,
  260. ↑ (en) « Myanmar military meets rebel groups with China's help - junta spokesperson », sur Reuters,
  261. ↑ (en) « Brotherhood Alliance Denies Myanmar Junta Peace Deal Rumors », sur The Irrawaddy,
  262. ↑ (en) « Almost 40 Myanmar Junta Positions Abandoned in Rakhine: Arakan Army », sur The Irrawaddy,
  263. ↑ (en) « Myanmar rebels says dozens of junta forces surrender, captured », sur Reuters,
  264. ↑ (en) « Myanmar Junta Uses Chemical Warfare: Arakan Army », sur The Irrawaddy,
  265. ↑ (en) « AA Captures Town in Rakhine, Prompting Bombardment by Myanmar Military », sur The Irrawaddy,
  266. ↑ (en) « Arakan Human Rights Defenders Call for Safe Departure Agreement for Residents Trapped in Pauktaw », sur BNI,
  267. ↑ (en) « Arakan Army Declares Seizure of Major Myanmar Junta Base », sur The Irrawaddy,
  268. ↑ (en) « Myanmar Resistance Forces Close In On Key Northeastern Town », sur The Diplomat,
  269. ↑ (en) « Ethnic Army Battles to Seize Another Base From Myanmar Junta Near Border With China », sur The Irrawaddy,
  270. ↑ (en) « Myanmar Infantry Division Surrenders in Laukkai, Shan State: Reports », sur The Irrawaddy,
  271. ↑ (en) « Most of Laukkai now under MNDAA control », sur Myanmar Now,
  272. ↑ (en) « Myanmar’s Brotherhood Alliance Seizes Two More Towns in Shan State », sur The Irrawaddy,
  273. ↑ (en) « Defeated Myanmar Junta Generals Given Death Sentences », sur The Irrawaddy,
  274. ↑ (en) « Myanmar's Collapsing Military Creates a Crisis on China's Border », sur United States Institute of Peace,
  275. ↑ (en) « Myanmar rebel alliance agrees to ceasefire with ruling military », sur Reuters,
  276. ↑ (en) « Myanmar Junta Breaks Chinese-Brokered Ceasefire: TNLA », sur The Irrawaddy,
  277. ↑ (en) « Myanmar Regime Prepping 14,000 Troops to Defend Naypyitaw: Sources », sur The Irrawaddy,
  278. ↑ (en) « Myanmar’s military junta appears to be in terminal decline », sur The Conversation,
  279. ↑ (my) « ကေဏ့ကရိတá€șတိုကá€șပလá€Čá€Ąá€á€œá€„á€șှ လကá€șနကá€șá€€á€Œá€źá€žá€€á€»á€œá€­á€Żá€· ဒေသခံ ၆ ညသသေဆုံသ », sur The Irrawaddy,‎
  280. ↑ (my) « ကရငá€șနဟဒေသ ၁၁၀၇ စစá€șဆငá€șရေသ တိုကá€șပလá€Č ဆငá€șနလဟá€Č », sur The Irrawaddy,‎
  281. ↑ (en) « Operation 1107 launched in Karenni State: Three military camps captured – killing at least 70 soldiers », sur MPA,
  282. ↑ (en) « Tens of Thousands Trapped as Myanmar Resistance Strikes Kayah State Capital », sur The Irrawaddy,
  283. ↑ (en) « Over 200 Junta Soldiers Killed in 10-Day Battle for Myanmar’s Loikaw: KNDF », sur The Irrawaddy,
  284. ↑ (en) « Resistance forces claim control of ‘85 percent’ of Karenni State capital », sur Myanmar Now,
  285. ↑ (en) « Karenni Resistance Says It Controls Most of Pekon in Myanmar’s Southern Shan », sur The Irrawaddy,
  286. ↑ (en) « Problems extend beyond battlefield for Myanmar’s battered regime », sur Myanmar IISS,
  287. ↑ (en) « Operation Taungthaman: Civilians Urged to Flee Township in Myanmar’s Mandalay Region », sur The Irrawaddy,
  288. ↑ (en) « Myanmar Junta Base Seized in Mandalay: PDF », sur The Irrawaddy,
  289. ↑ (my) Â«Â â€œá€á€±á€Źá€„á€șသမနá€ș စစá€șဆငá€șရေသ” တစá€șá€œá€Ąá€á€œá€„á€șှ စစá€șကေဏငá€șစြတပá€șဖလá€Č့ဝငá€ș ၉၅ ယေဏကá€șá€žá€±á€•á€Œá€źá€ž PDF ၁၀ ဩှ ကျဆုံသ », sur Mekong News Myanmar,‎
  290. ↑ (en) « Chin Resistance Seizes Indian Border Town From Myanmar Junta », sur The Irrawaddy,
  291. ↑ (en) « 40 Myanmar army personnel who fled to Mizoram amid conflict sent back », sur The Indian Express,
  292. ↑ (en) « 29 Myanmar armymen flee as camp captured », sur The Times of India,
  293. ↑ (en) « PDF Seizes Hilltop Base in Chin State, Captures 12 Myanmar Junta Soldiers », sur The Irrawaddy,
  294. ↑ (en) « Another town on the India-Myanmar border falls to the resistance », sur Myanmar Now,
  295. ↑ (en) « Chin allied resistance claims big junta losses in western Myanmar », sur Radio Free Asia,
  296. ↑ (en) « The First Chin-Written Constitution: A New Template For Self-Determination? », sur The Irrawaddy,
  297. ↑ (en) « Around 30 Myanmar Junta Personnel Killed in Chin State: Resistance », sur The Irrawaddy,
  298. ↑ (en) « India-Myanmar border to be fenced soon, says Home Minister Amit Shah », sur The Hindu,
  299. ↑ (en) « Myanmar’s regime shrinks further towards the centre », sur International Institute for Strategic Studies,
  300. ↑ (en) « Myanmar Junta Loses Nearly 50 Troops, More Bases in Three Days of Resistance Attacks », sur The Irrawaddy,
  301. ↑ (en) « Arakan Army resistance force says it has taken control of a strategic township in western Myanmar », sur Associated Press,
  302. ↑ (en) « Arakan Army Captures Key Town From Junta in Myanmar’s Rakhine State », sur The Irrawaddy,
  303. ↑ (en) « Tension mounts as war rages on BD-Myanmar frontier », sur Daily Sun,
  304. ↑ (en) « 95 Myanmar border guards take shelter in Bangladesh amid clashes with insurgents », sur Bdnews24,
  305. ↑ (en) « RSO denounces Arakan Army and junta accusations, affirms Rohingya rights », sur Mizzima,
  306. ↑ (en) « AA Offers Save Haven to Rohingya Targeted for Conscription by Myanmar Junta », sur The Irrawaddy,
  307. ↑ (en) « Myanmar’s Military Driven Out of Township in Northern Rakhine, Reports Say », sur The Irrawaddy,
  308. ↑ (en) « AA captures six towns so far, two more waits for coming under their control », sur Narinjara News,
  309. ↑ (en) « Police and junta soldiers abandoned their Myebon stations », sur Narinjara News,
  310. ↑ (en) « Arakan Army captures another Rakhine State town, warns locals clashes may continue », sur Myanmar Now,
  311. ↑ (en) « AA seizes last junta base in Minbya Township, Rakhine State », sur Myanmar Now,
  312. ↑ (en) « Firefight Erupts as Myanmar Junta Troops Halt PNLO Arms Convoy in Shan State », sur The Irrawaddy,
  313. ↑ (en) « Pa-O, Karenni forces seize control of town in southern Shan State », sur Myanmar Now,
  314. ↑ (en) « Forty Pa-O Civilians Killed by Myanmar Junta in Month: Activists », sur The Irrawaddy,
  315. ↑ (en) « Myanmar army soldiers killed as fighting continues near Shan State capital », sur Myanmar Now,
  316. ↑ (en) « SSPP Shan Armed Group may join forces with PNLA to fight the Junta in Southern Shan State », sur BNI,
  317. ↑ (en) « Junta Column Advances to Hsihseng-Mongpai-Loikaw Intersection in Southern Shan State », sur BNI,
  318. ↑ (en) « Myanmar Junta Using Chemical Weapons: Pa-O Army », sur The Irrawaddy,
  319. ↑ (en) « SSPP and MNDAA clash in Hseni Township, northern Shan State », sur Mizzima,
  320. ↑ (en) « SSPP NOT ENTERING CIVIL WAR FRAY: Saber-rattling or lost in translation », sur BNI,
  321. ↑ (en) « Tensions between TNLA and SSPP Flare up Again in Shan State », sur BNI,
  322. ↑ (en) « UN officials alarmed by civilian targeting amid renewed fighting in Myanmar », sur United Nations News,
  323. ↑ (en) « Myanmar Junta Retakes Town From Civilian Government in Sagaing Region », sur The Irrawaddy,
  324. ↑ (en) « Town Almost Razed to Ground After Being Retaken by Myanmar Junta Troops », sur The Irrawaddy,
  325. ↑ (en) « Myanmar army launches offensive to retake Maw Luu from resistance », sur Myanmar Now,
  326. ↑ (en) « Myanmar Resistance’s ‘Final Warning’ to Junta Sparks Civilian Exodus in Kale Warzone », sur The Irrawaddy,
  327. ↑ (en) « Fighting near Kalay leaves at least 10 civilians dead », sur Myanmar Now,
  328. ↑ (en) « Myanmar Resistance Fighters Poised to Capture Key Town in Sagaing Region », sur The Irrawaddy,
  329. ↑ (en) « Battle for control of Kani ends with retreat by anti-regime forces », sur Myanmar Now,
  330. ↑ (en) « Myanmar's military-ruled capital attacked by drones », sur BBC News,
  331. ↑ (en) « Myanmar anti-coup forces claim ‘success’ in Naypyidaw drone attack », sur Al Jazeera,
  332. ↑ (en) « Resistance carries out second attack on Naypyitaw airbase in one week », sur Myanmar Now,
  333. ↑ (en) « Myanmar Junta Battling to Retake Town near India Border From Civilian Govt », sur The Irrawaddy,
  334. ↑ (en) « Karen Brigades Take More Territory From Myanmar Junta: KNU », sur The Irrawaddy,
  335. ↑ (en) « Sniper Shoots Dead Myanmar Brigadier-general In Helicopter », sur Barron's,
  336. ↑ (en) « Resistance forces close to capturing town between Dawei and Thai border », sur Myanmar Now,
  337. ↑ (en) « Myanmar-Thai Border Trade Plummets Again as Fighting, Restrictions Take Toll », sur The Irrawaddy,
  338. ↑ (en) « Karen Resistance Hails Victories Over Myanmar Junta Near Thai Border », sur The Irrawaddy,
  339. ↑ (en) « KNLA retakes camp it lost to Myanmar military more than three decades ago », sur Myanmar Now,
  340. ↑ (en) « Myanmar Military Commanders Replaced in Rakhine, Mon and Karen states: Sources », sur The Irrawaddy,
  341. ↑ (en) « First-Ever Post-Coup Clash in KNU 7th Brigade Territory Erupts », sur BNI,
  342. ↑ (en) « Powerful BGF leader Protecting Chinese- Gangs at Shwe Kokko Declares Autonomous Zone in Myawaddy – Colonel Chit Thu also ends Karen BGF’s Proxy Role Under the Junta », sur BNI,
  343. ↑ (my) « ဒုတိယ ဗိုလá€șချုပá€șá€™á€Ÿá€°á€žá€€á€Œá€źá€žá€…á€­á€Żá€žá€á€„á€șှ ကရငá€șပဌညá€șနယá€șကို နေ့ချငá€șသပဌနá€șá€žá€œá€Źá€žá€›á€±á€Źá€€á€ș », sur BBC News,‎
  344. ↑ (en) « Karen BGF to rename itself ‘Karen National Army’ », sur Myanmar Now,
  345. ↑ (en) « Kachin Independence Army Seizes Myanmar Military Base Near Chinese Border », sur The Irrawaddy,
  346. ↑ (en) « KIA, PDF Seize Two Myanmar Junta Outposts in Kachin State Within a Week », sur The Irrawaddy,
  347. ↑ (en) « Kachin forces capture military camp outside jade-rich town of Hpakant », sur Myanmar Now,
  348. ↑ (en) « Kachin Independence Army captures two junta camps in one day », sur Myanmar Now,
  349. ↑ (en) « KIA mounts new offensive, targeting air base, outposts near Myitkyina and Laiza », sur Myanmar Now,
  350. ↑ (en) « KIA and allies seize three large Myanmar army bases near Laiza », sur Myanmar Now,
  351. ↑ (en) « Bombs Hit China as War Escalates in Myanmar’s Kachin State », sur The Irrawaddy,
  352. ↑ (en) « Junta-allied Lisu militia leader killed in battle with Kachin forces », sur Myanmar Now,
  353. ↑ (en) « KIA: Nine Myanmar Junta Strongholds Seized in Two Days », sur The Irrawaddy,
  354. ↑ (en) « Myanmar Junta Loses More Bases, Scores of Troops in Five Days of Resistance Attacks », sur The Irrawaddy,
  355. ↑ (en) « KIA Seizes Myanmar Junta Base Controlling Access to Jade Hub Hpakant », sur The Irrawaddy,
  356. ↑ (en) « KIA Seizes Myanmar Junta’s Final Hpakant Road », sur The Irrawaddy,
  357. ↑ (en) « Kachin Independence Army takes control of Sinbo town after overrunning Myanmar military base », sur Myanmar Now,
  358. ↑ (en) « KIA Confirms Capture of Sumprabum Tactical Command Centre and Moves Closer to Complete Control along the Myitkyina-Bhamo Road », sur BNI,
  359. ↑ (en) « KIA Takes Four Towns, Over 80 Myanmar Junta Bases Since Launching Offensive Two Months Ago », sur The Irrawaddy,
  360. ↑ (en) « Kachin State Suffers Fuel Crisis as Fighting Blocks Trade », sur The Irrawaddy,
  361. ↑ (en) « KIA Advances on Myanmar Junta’s Kachin State Power Hub », sur The Irrawaddy,
  362. ↑ (en) « KIA fighters attack Myanmar junta’s security gate in Kachin State’s Myitkyina Town », sur Mizzima,
  363. ↑ (en) « Myanmar’s Military is Being Cornered in Kachin State, Ethnic Army Says », sur The Irrawaddy,
  364. ↑ (en) « Another military base falls to KIA-led forces in Myanmar’s north », sur Myanmar Now,
  365. ↑ (en) « KIA captures junta army base on outskirts of Waingmaw Town, Kachin State », sur Mizzima,
  366. ↑ (en) « AA Seizes Ponnagyun, Stepping Stone to Capital of Myanmar’s Rakhine State », sur The Irrawaddy,
  367. ↑ (en) « Arakan Army takes Rathedaung, its eighth town seizure in Rakhine State », sur Myanmar Now,
  368. ↑ (en) « Arakan Army captures Ramree after months of fighting », sur Myanmar Now,
  369. ↑ (en) « Arakan Army Attacks Myanmar Junta’s Rakhine Power Base », sur The Irrawaddy,
  370. ↑ (en) « Battles with Arakan Army escalate near junta’s Western command headquarters », sur Myanmar Now,
  371. ↑ (en) « Deputy Battalion Commander, Captain Killed Near Myanmar’s Ngapali Beach: Residents », sur The Irrawaddy,
  372. ↑ (en) « Arakan Army Seizes Major Myanmar Junta Base on Bangladesh Border », sur The Irrawaddy,
  373. ↑ (en) « Another 130 Myanmar Border Police Have Fled to Bangladesh Since Friday », sur The Irrawaddy,
  374. ↑ (en) « AA Claims Seizure of Buthidaung Near Bangladesh Border », sur The Irrawaddy,
  375. ↑ (en) « Myanmar rebel group claims control of town, denies targeting Rohingya », sur Reuters,
  376. ↑ (en) « Death Toll in Myanmar Junta’s Massacre of Villagers Near Sittwe Tops 50 », sur The Irrawaddy,
  377. ↑ (en) « Rakhine Residents Urged to Leave Border Town Amid AA Offensive », sur The Irrawaddy,
  378. ↑ (en) « Rakhine Fighting Endangers Bangladeshi Islanders », sur The Irrawaddy,
  379. ↑ (en) « AA Troops Surround Last Myanmar Junta Base in Maungdaw, Rakhine », sur The Irrawaddy,
  380. ↑ (en) « Myanmar military loses border town in another big defeat », sur BBC News,
  381. ↑ (en) « Myanmar Junta Troops Withdraw From Myawaddy Following Clashes », sur The Irrawaddy,
  382. ↑ (en) « KNLA and Allied Forces Complete Epic Victory over all Junta », sur Than Lwin Times,
  383. ↑ (en) « Karen National Union announces plans to replace regime administration in Myawaddy », sur Myanmar Now,
  384. ↑ (en) « Myanmar troops withdraw from Myawaddy border hub, KNU ethnic rebels say », sur Mizzima,
  385. ↑ (en) « As Myanmar Junta Counteroffensive Looms, KNU Leaves Myawaddy in Hands of Allies », sur The Irrawaddy,
  386. ↑ (en) « Myanmar’s ethnic Karen guerrillas claim to have seized the last army base defending key border town », sur Associated Press,
  387. ↑ (en) « Myanmar Junta Airstrikes Target Myawaddy After Clashes Resume », sur The Irrawaddy,
  388. ↑ (en) « KNU/KNLA Plan to Defeat Last Junta Soldiers at Friendship Bridge 2 Delayed », sur Karen Information Center,
  389. ↑ (en) « Ethnic army intercepts junta convoy on Thai-Myanmar border », sur Radio Free Asia,
  390. ↑ (en) « KNLA and allies repel Myanmar junta troops trying to reach Myawaddy », sur Myanmar Now,
  391. ↑ (en) « Myanmar Junta Suffering Heavy Losses in Large Counteroffensive to Retake Myawaddy: KNU », sur The Irrawaddy,
  392. ↑ (en) « Myanmar Junta Suffers Further Losses in Three Days of Resistance Attacks », sur The Irrawaddy,
  393. ↑ (en) « Myanmar Junta Hails Gains Near Thai Border », sur The Irrawaddy,
  394. ↑ (en) « Myanmar junta says troops back in border trade hub », sur 24 News,
  395. ↑ (en) « Ethnic Karen guerrillas in Myanmar leave a town that army lost 2 weeks ago as rival group holds sway », sur ABC News,
  396. ↑ (en) « Myanmar Junta Reinforcements Heading for Myawaddy Reach Dawna Mountains », sur The Irrawaddy,
  397. ↑ (en) « Karen Forces Clash With Myanmar Military Along Strategic Highway to Myawaddy », sur The Irrawaddy,
  398. ↑ (en) « Myanmar Junta Troops Relinquish Another Town to Advancing Karenni Forces », sur The Irrawaddy,
  399. ↑ (en) « Resistance fighters seize military’s last base in Shadaw Township, Karenni State », sur Myanmar Now,
  400. ↑ (en) « Karenni resistance fighters occupy Thailand-Myanmar border town of Hpasawng », sur Myanmar Now,
  401. ↑ (en) « Local residents worry amid city wide fighting and military camp seizures », sur Independent Mon News Agency,
  402. ↑ (my) « မလနá€șပဌညá€șသစá€șá€•á€«á€á€źá€™á€Ÿá€Ąá€á€œá€„á€șသရေသမဟူသ၊ ဒုစစá€șညသစဟသချုပá€șá€á€­á€Żá€·á€™á€Ÿ á€•á€«á€á€źá€á€œá€„á€șသမဟ á€šá€Żá€¶á€€á€Œá€Šá€șချကá€șá€á€°á€žá€°á€™á€»á€Źá€žá€”á€Ÿá€„á€·á€ș လကá€șတလá€Č၍ စစá€șကေဏငá€șစြကို တိုကá€șခိုကá€șá€žá€œá€Źá€žá€™á€Šá€șဟု á€€á€Œá€±á€„á€Œá€Źá€á€»á€€á€șထုတá€ș », sur Narinjara,‎
  403. ↑ (en) « MSRF Vows to Cut Off Junta's Logistic Routes », sur Karen Information Center,
  404. ↑ (en) « Revolutionary Group Captures Kawt Bein Police Station, Seizes Weapons and Ammunition », sur Independent Mon News Agency,
  405. ↑ (en) « Myanmar Warships Unleash Firestorm on Mon Village After Police Station Seized », sur The Irrawaddy,
  406. ↑ (en) « Myanmar Junta Retakes Mon Village », sur The Irrawaddy,
  407. ↑ (en) « Resistance Drones Strike Myanmar Military’s SE Command During Junta No. 2’s Visit », sur The Irrawaddy,
  408. ↑ (en) « Resistance Forces Attack Junta Column Heading for Karenni CapitalNear Shan-Karenni Border », sur Kantarawaddy Times,
  409. ↑ (en) « Myanmar Regime Advances on Karenni State Capital », sur The Irrawaddy,
  410. ↑ (en) « Resistance Forces Seize Junta Base at Maesalawng Hill », sur Kantarawaddy Times,
  411. ↑ (en-US) « Longest junta offensive in Tanintharyi Region kills six and injures 17 – ENG.MIZZIMA.COM » [archive du ], sur eng.mizzima.com (consultĂ© le )
  412. ↑ (en-US) Saw Lwin, « Junta Launches Fierce Offensive to Retake Only Highway in Southern Myanmar », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  413. ↑ (en) « Junta Prepares Counter Offensive to Recapture Gains Made by Mon Resistance », sur Burma News International (consultĂ© le )
  414. ↑ (en-US) Nayt Thit, « Operation 1027: Major Gains in Phase Two of Myanmar Resistance Offensive », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  415. ↑ (en) « Myanmar conflict report, June - August 2024 », sur Default, (consultĂ© le )
  416. ↑ (en) « Myanmar’s Escalating Crisis: A Year in Review and the Road Ahead », sur United States Institute of Peace (consultĂ© le )
  417. ↑ (en) The International Institute for Strategic Studies, « Myanmar’s regime shrinks further towards the centre », sur IISS Myanmar Conflict Map (consultĂ© le )
  418. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Fighting Erupts in Myanmar’s Northern Shan State Despite China-Brokered Ceasefire », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  419. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Chinese Ambassador Meets Myanmar Junta Officials as Clashes Resume in Shan », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  420. ↑ (en) « Junta attacks TNLA violating northern Shan peace agreement », Mizzima,‎ (lire en ligne)
  421. ↑ (en) R. F. A. Burmese, « Junta troops destroy roads in northern Myanmar as renewed fighting looms », sur Radio Free Asia, (consultĂ© le )
  422. ↑ (en) « Junta Forces Build Up and Rising Tensions with Three Brotherhood Alliance May Lead to Collapse of Ceasefire Agreement », sur Burma News International (consultĂ© le )
  423. ↑ (en) « Junta and Pa-O Militia Seek to Bribe SSPP and UWSA to Stop Arms Sales to the Resistance », sur Burma News International (consultĂ© le )
  424. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « TNLA Restarts Operation 1027 Against Myanmar Junta », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  425. ↑ (en-US) « Ceasefire between Brotherhood Alliance and Myanmar military ends in northern Shan State », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  426. ↑ (en) R. F. A. Burmese, « Ceasefire in northeast Myanmar ends as junta battles ethnic rebels », sur Radio Free Asia, (consultĂ© le )
  427. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « TNLA Seizes Town and Myanmar Regime Positions in Northern Shan State », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  428. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Op. 1027 Update: TNLA Captures Seven Myanmar Junta Bases, Two Battalion HQs », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  429. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Arakan Army ‘Less Than 2 KM’ From Myanmar’s Thandwe Airport », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  430. ↑ (en) « The Battle for Thandwe's Ma Zin Airport's Underway Hotel Residents Trapped as Junta Battalions Fight to Prevent Loss of Airport », sur Burma News International (consultĂ© le )
  431. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar Junta Attacks Kill Over 60 Rakhine Villagers », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  432. ↑ (en) « AA Launches Offensive to Capture Tanungup », sur Burma News International (consultĂ© le )
  433. ↑ (en) « AA Ambushes Junta Troops en route to Taungup », sur Burma News International (consultĂ© le )
  434. ↑ (en-US) « Fierce fighting breaks out near Myanmar naval base in Rakhine », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  435. ↑ (en-US) Roe Kyaw, « AA Seizes Thandwe Airport Near Rakhine’s Ngapali Beach, Local Sources Say », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  436. ↑ (bi) « သံတလá€Čလေဆိပá€șကို AA သိမá€șှပိုကá€ș၊ စစá€șကေဏငá€șစြတပá€șဖလá€Č့ဝငá€ș ၄၀၀ ကျေဏá€șá€žá€±á€†á€Żá€¶á€žá€•á€Œá€źá€ž လကá€șကျနá€șတပá€șရငá€șှကို ဆကá€șလကá€șထိုှစစá€șဆငá€ș », mizzima,‎ (lire en ligne)
  437. ↑ (en) « Fighting on Famous Ngapali Beach -AA Army tries to Knock Out 2 last Junta bases in Thandwe », sur Burma News International (consultĂ© le )
  438. ↑ (en-US) Roe Kyaw, « Battle For Myanmar’s Coastal Jewel Nears Its End as Arakan Army Moves Into Key Town », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  439. ↑ (en-US) MPM, « Fighting intensifies between Chin revolutionary forces in Chin’s Maraland » Myanmar Peace Monitor », sur Myanmar Peace Monitor, (consultĂ© le )
  440. ↑ (en-US) Frontier, « ‘Two lions in a cave’: Revolutionary divisions in Chin State », sur Frontier Myanmar, (consultĂ© le )
  441. ↑ (en-US) Moe Sett Nyein Chan, « Analysis | As Myawaddy Made Headlines, Myanmar’s Resistance Took Bigger Prize: Kyindwe », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  442. ↑ (en) « Chin Resistance Launches Offensive on Junta-Held Town near Indian Border Chin State », sur Burma News International (consultĂ© le )
  443. ↑ (en-US) « Chin forces take control of two Falam district towns on Indian border – ENG.MIZZIMA.COM » [archive du ], sur eng.mizzima.com (consultĂ© le )
  444. ↑ (en-US) Mary Khaing, « Fighting Grips Chin State Town Amid Myanmar Junta Airstrikes », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  445. ↑ (en) « Junta takes back Tedim Township outpost and immediately raids surrounding villages », mizzima,‎ (lire en ligne)
  446. ↑ (en) « Myanmar junta recaptures strategic Taingen Camp in Chin State », mizzima,‎ (lire en ligne)
  447. ↑ (my) « ကနေဒဟတေဏငá€șá€™á€Ÿá€†á€Żá€á€șá€á€œá€Źá€žá€œá€Źá€žá€žá€Šá€·á€ș စစá€șကေဏငá€șစြစစá€șá€€á€Œá€±á€Źá€„á€șှ ခိုငá€șကမá€șá€žá€™á€Œá€­á€Żá€·á€Ąá€‘á€­á€‘á€œá€€á€șပဌေသ », mizzima,‎ (lire en ligne)
  448. ↑ (my) « ချငá€șသဥမျိုသသဏသတပá€șညသနဟင့á€ș ဇိုမဟသတေဏá€șလဟနá€șá€›á€±á€žá€Ąá€–á€œá€Čá€·á€á€­á€Żá€·á€á€œá€±á€·á€†á€Żá€¶á€™á€Ÿá€Ż ဥချကá€ș ၃ ချကá€ș á€žá€˜á€±á€Źá€á€°Â Â», mizzima,‎ (lire en ligne)
  449. 1 2 (en-US) Brian Wei, « Operation Chin Brotherhood Sees Swift Success Against Myanmar Junta Troops », sur The Irrawaddy, (consulté le )
  450. ↑ (en) « Junta burns down houses in Hakha, Chin State », mizzima,‎ (lire en ligne)
  451. ↑ (en) « Resistance Forces Raid Police Station in Hakha, Chin State, Freeing Over 60 Detainees », sur Burma News International (consultĂ© le )
  452. ↑ (my) R. F. A. Burmese, « ချငá€șသပဌညá€șနယá€șထá€Č စစá€șá€›á€±á€žá€™á€œá€Ÿá€Żá€•á€șá€›á€Ÿá€Źá€žá€–á€­á€Żá€· AA ကို ချငá€șသကေဏငá€șစဟတေဏငá€șသဆို », sur မဌနá€șမာဌာန,‎ (consultĂ© le )
  453. ↑ (en) « Global Khumi Organisation calls on AA to stop human rights abuses in Paletwa Township », mizzima,‎ (lire en ligne)
  454. ↑ (en) « Chin Brotherhood Alliance on the Path towards Liberating Southern Chin State from Junta control », sur Burma News International (consultĂ© le )
  455. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Two Fighters Killed as Rival Myanmar Resistance Groups Clash in Chin State », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  456. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Chin Brotherhood Hails Progress Against Myanmar Junta », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  457. ↑ (my) R. F. A. Burmese, Â«Â á€™á€á€°á€•á€źá€™á€Œá€­á€Żá€·á€€á€­á€Ż ချငá€șသညဟနေဏငá€ș မဟာမိတá€șá€Ąá€–á€œá€Č့တလေ သိမá€șသယူ », sur မဌနá€șမာဌာန,‎ (consultĂ© le )
  458. ↑ (my) « CNA ဖမá€șသထဏသသည့á€ș ယေဏတပá€șဖလá€Č့ဝငá€ș ၂ ညသပဌနá€șလလတá€șá€œá€ŹÂ Â», mizzima,‎ (lire en ligne)
  459. ↑ (en) « Lailenpi Under MDF Control Amid Tension Between Mara Armed Forces », sur Burma News International (consultĂ© le )
  460. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar Military, Kachin Independence Army Clash in Northern Shan State », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  461. ↑ (en) « KIA Captures 5 Military Bases in One Day .Sadung – Waingmaw Road Declared as Junta-free Zone », sur Burma News International (consultĂ© le )
  462. ↑ (en-US) « Clashes intensify in Kachin State as Myanmar army moves to regain ground », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  463. ↑ (en-US) Hein Htoo Zan, « KIA: Momauk Township Seized from Myanmar Junta », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  464. ↑ (en-US) Brian Wei, « KIA Fighting Off Myanmar Junta Counteroffensive », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  465. ↑ (en-US) « Clashes break out between Myanmar junta and Karenni fighters in southern Shan State », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  466. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Fighting Resumes in Myanmar’s Loikaw as Karenni Resistance Forces Return », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  467. ↑ (en) « Junta Allegedly Uses Poison Gases in Hpasawng Clashes », sur Burma News International (consultĂ© le )
  468. ↑ (en-US) « Rehabilitation gaining momentum in Loikaw of Kayah State - Global New Light Of Myanmar », (consultĂ© le )
  469. ↑ « En Birmanie, la reprise des combats contraint la junte Ă  adopter la stratĂ©gie du porc-Ă©pic », sur Courrier international, (consultĂ© le )
  470. 1 2 3 4 « Affrontements en Birmanie : un groupe armé ethnique revendique le contrÎle d'une ville du nord », sur www.laprovence.com, (consulté le )
  471. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Brotherhood Alliance Targets Junta Command in Lashio », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  472. ↑ (en) « TNLA fighters battling way into key north Myanmar town of Lashio », mizzima,‎ (lire en ligne)
  473. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar Junta Troops Surrender Key Shan Base, Ethnic Armies Advance Into Lashio », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  474. ↑ (en) « Clashes Break Out Between Junta and MNDAA in Mongyai, Shan State », sur Burma News International (consultĂ© le )
  475. ↑ (en-US) á€…á€±á€Źá€œá€œá€„á€ș, « မိုသမိတá€ș၌ တိုကá€șပလá€Čမျဏသ ပဌနá€șဖဌစá€ș », sur ဧရာဝတြ,‎ (consultĂ© le )
  476. ↑ (en) « SSPP requests Wa group (UWSP) to restrain TNLA », sur Eleven Media Group Co., Ltd (consultĂ© le )
  477. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Wa Deploys Troops to Prevent Spread of Shan Fighting », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  478. ↑ (en) « UWSA Deploys Thousands of Troops in Tangyan, a Non-Conflict Zone », sur Burma News International (consultĂ© le )
  479. ↑ (my) « MNDAA ထိုှစစá€șရေဏကá€șá€œá€Źá€žá€Šá€·á€ș မိုငá€șှရယá€șá€™á€Œá€­á€Żá€·á€€á€­á€Ż SSPP ဝငá€șရေဏကá€șထိနá€șသချုပá€ș », mizzima,‎ (lire en ligne)
  480. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Milestone as MNDAA Claims Capture of Myanmar Junta’s NE Command in Lashio », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  481. ↑ (en) « MNDAA Ambushes Junta Reinforcement Convoy Heading to Lashio, Inflicts Heavy Casualties », sur Burma News International (consultĂ© le )
  482. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar’s Brotherhood Alliance Calls on Northeast Command Chief to Surrender », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  483. ↑ Arnaud Vaulerin, « En Birmanie, la cuisante perte d’un bastion militaire affaiblit Ă  nouveau la junte de Min Aung Hlaing », sur LibĂ©ration,
  484. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « MNDAA Announces Four-Day Halt in Fighting in Myanmar’s N. Shan », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  485. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar Junta Shatters Truce as Battle for Northern Shan Capital Intensifies », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  486. ↑ (en) « TLNA and SSPP Leaders Convene at UWSA Headquarters to Resolve Disputes », sur Burma News International (consultĂ© le )
  487. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar’s Military Facing Another Defeat in Major Town in Northern Shan State », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  488. ↑ (en) « NUG says Myanmar PDFs joined resurgence of Operation 1027 », mizzima,‎ (lire en ligne)
  489. ↑ (en-US) « Resistance fighters seize more army bases, police station in Mandalay Region », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  490. ↑ (en-US) Nayt Thit, « Operation 1027: Major Gains in Phase Two of Myanmar Resistance Offensive », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  491. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Mandalay PDF Seizes Singu Township From Myanmar Junta », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  492. ↑ (en-US) AFP, « Myanmar Alliance Agrees to Extend Ceasefire With Junta in Shan State », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  493. ↑ (en-US) « At least eight civilians killed in Myanmar junta attacks near Shan State town », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  494. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « TNLA, PDF Seize Myanmar’s Ruby Hub Mogoke From Junta », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  495. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar Junta Surrenders Third Town to TNLA in Northern Shan State », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  496. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « TNLA Completes Capture of Kyaukme Town in Myanmar’s Northern Shan », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  497. ↑ (my) « လကá€șနကá€șချရေသ á€Šá€Ÿá€­á€”á€Ÿá€­á€Żá€„á€șá€žá€™á€›á€œá€­á€Żá€· á€žá€źá€•á€±á€«á€™á€Ÿá€Ź စစá€șတပá€șနá€Č့ တအာငá€șှတပá€ș တိုကá€șပလá€Čဆကá€șဖဌစá€ș », sur BBC News မဌနá€șမာ,‎ (consultĂ© le )
  498. ↑ (en) « MNDAA seizes junta’s 147th Light Infantry Battalion in Hsipaw, Shan State », sur Burma News International (consultĂ© le )
  499. ↑ (en) « PDF forces capture Tagaung Town in Mandalay Region », sur Burma News International (consultĂ© le )
  500. ↑ (en-US) « Resistance forces take over Thabeikkyin », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  501. ↑ (en-US) Nayt Thit, « Analysis | Myanmar Junta’s Aim in Lashio: ‘If We Can’t Get It Back, We’ll Destroy It’ », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  502. ↑ (en-US) Yun Sun, « Guest Column | From Balkanization to Pakistanization: China’s Risk in Myanmar », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  503. ↑ (en) The International Institute for Strategic Studies, « Is the Brotherhood headed to Mandalay? », sur IISS Myanmar Conflict Map (consultĂ© le )
  504. ↑ (en-US) Abigail Taylor, « China Is Off the Fence in Myanmar », sur War on the Rocks, (consultĂ© le )
  505. ↑ (en) « United States Institut of Peace »
  506. 1 2 (en-US) Sai Hseng Leng, « MNDAA နဟင့á€ș စစá€șကေဏငá€șစြ ကူမငá€șသဆလေသနလေသပလá€Č ထပá€șမံ မဥေဏငá€șမဌငá€ș », sur သျဟမá€șသသံတေဏá€șဆင့á€ș,‎ (consultĂ© le )
  507. ↑ (en) Richard C. Paddock, « Student Life in Rebel Territory: Bombs, Snakes and Hungry Cows », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  508. ↑ (en-US) Hein Htoo Zan, « Myanmar Junta Summons 'Lord of the White Elephant' for Salvation », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  509. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar Junta Prepares Assault to Recapture Lashio », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  510. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Security Body in China’s Yunnan Warns TNLA to Stop Fighting Myanmar Junta », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  511. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar Junta Designates Brotherhood Alliance Members ‘Terrorist’ Groups », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  512. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « MNDAA Refuses to Work With Myanmar’s Civilian Government », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  513. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « TNLA Defeats Final Myanmar Junta Base in Hsipaw Township », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  514. ↑ (en) « Junta launches counteroffensive in Naungcho Township, Shan State », sur Burma News International (consultĂ© le )
  515. ↑ (my) « MNDAA ခေါငá€șသဆေဏငá€șကို ထိနá€șှသိမá€șá€žá€•á€Œá€źá€ž á€œá€Źá€žá€›á€Ÿá€­á€Żá€žá€€á€á€•á€șတလေ ပဌနá€șဆုတá€șပေသဖို့ တရုတá€ș ဖိဥဏသပေသ », sur မဌနá€șမာဌာန,‎ (consultĂ© le )
  516. ↑ (en) « Armed ethnic rebels in northeast Myanmar declare ceasefire and seek talks with military government », sur AP News, (consultĂ© le )
  517. ↑ (en-US) AFP, « MNDAA second anti-junta armed group to call for peace talks », sur Frontier Myanmar, (consultĂ© le )
  518. ↑ (en) « Fighting continues as MNDAA pushes for peace talks », Frontier Myanmar,‎ (lire en ligne)
  519. ↑ (en-US) Myanmar Now, « Kokang army to withdraw from Lashio under Chinese-brokered ceasefire with Myanmar junta », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  520. ↑ (en-US) Saw Lwin, « Over 10,000 Villagers Flee for Second Time as Fighting Returns to Myanmar’s Hsihseng », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  521. ↑ (en-US) Saw Lwin, « Myanmar Junta-Backed Pa-O Group Forcibly Recruits Fighters to Defend Naypyitaw », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  522. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Pa-O Armed Group Splits Over Myanmar Junta Peace Deal », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  523. ↑ (en) « Junta and militia launch joint attack on RCSS base in Mongping, Shan State », sur Burma News International (consultĂ© le )
  524. ↑ (en-US) « Resistance forces capture outpost, prisoners near Myanmar army’s northwestern regional headquarters », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  525. ↑ (my) Â«Â á€˜á€Żá€á€œá€„á€ș တိုကá€șပလá€Čတလငá€ș စစá€șကေဏငá€șစြတပá€șဖလá€Č့ဝငá€ș ၂၀ သေဆုံသ á€Ÿá€Żá€†á€­á€ŻÂ Â», mizzima,‎
  526. ↑ (en-US) « Myanmar junta opponents launch rocket attack on capital airport », sur Myanmar Now, (consultĂ© le )
  527. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « PDF Groups Seize Guard Posts for Chinese Pipeline Facilities in Myanmar’s Mandalay Region », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  528. ↑ (my) « ဒဟပá€Čယငá€șá€žá€™á€Œá€­á€Żá€·á€žá€­á€™á€șá€žá€•á€Œá€źá€žá€”á€±á€Źá€€á€ș á€˜á€Źá€·á€€á€Œá€±á€Źá€„á€·á€ș ဆုတá€șá€á€œá€Źá€á€Čá€·á€›á€á€Źá€œá€Č », sur BBC News မဌနá€șမာ,‎ (consultĂ© le )
  529. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Myanmar Resistance Encircles Three Sagaing Towns Amid Junta Bombardment », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  530. ↑ (en-US) Saw Lwin, « Interview | Resistance Hails Huge Blow for Myanmar Junta in Pinlebu », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  531. ↑ (en-US) The Irrawaddy, « Outnumbered and Outgunned Resistance Abandons Sagaing Town », sur The Irrawaddy, (consultĂ© le )
  532. ↑ (en) « Myanmar spiralling ‘from bad to worse, to horrific’, Human Rights Council hears », sur UN News,
  533. ↑ (en) « Myanmar: Increasing evidence of crimes against humanity since coup », sur UN News,
  534. ↑ (en) « Education in the Crossfire in Myanmar: Attacks on Schools, Use by Military and Armed Groups, Skyrocketed after 2021 Takeover », sur Save the Children
  535. ↑ (en) « Myanmar: Crisis taking an enormous toll on children, UN committee warns », sur OHCHR,
  536. ↑ (en) « ‘This is robbery’: junta’s property seizure spree », sur Frontier Myanmar,
  537. ↑ (en) « Myanmar’s post-coup healthcare breakdown », sur The New Humanitarian,
  538. ↑ (en) « FAO Myanmar Response Overview – June 2022 », sur United Nations Myanmar
  539. ↑ (en) « Myanmar’s hidden hunger », sur The New Humanitarian,
  540. ↑ « VIDEO. Birmanie : au cƓur des combats entre la junte militaire et les rebelles, dans un pays interdit aux journalistes », sur Franceinfo, (consultĂ© le )
  541. ↑ « La junte birmane annonce de nouvelles Ă©lections “illĂ©gales et scandaleuses” » AccĂšs payant, sur Courrier international,
  542. ↑ (en) « An illegitimate junta can't fix Myanmar's broken economy », sur Frontier Myanmar,
  543. ↑ (en) « Myanmar Coup Makers’ Major Challenge is a Failing Economy », sur FULCRUM,
  544. ↑ (en) « Economic forecasts for Myanmar », sur Asian Development Bank,
  545. ↑ (en) « Exodus from Myanmar as cost-of-living crisis bites », sur Frontier Myanmar,
  546. ↑ (en) « Myanmar currency drops 60% in weeks as economy tanks since February coup », sur Reuters,
  547. ↑ (en) « World Bank says Delta variant slowing economic growth in East Asia and Pacific », sur Reuters,
  548. ↑ (en) « We are losing while we are selling': junta policies bite businesses », sur Frontier Myanmar,
  549. ↑ (en) « Foreign companies in Myanmar struggle with shortage of dollars », sur Nikkei Asia,
  550. ↑ (en) « TIMELINE-Foreign companies withdrawing from Myanmar after coup », sur Reuters,
  551. ↑ (en) « Myanmar faces blacklisting risk by global financial crime watchdog », sur Nikkei Asia,
  552. ↑ (en) « Myanmar downplays blacklisting by money laundering watchdog », sur Associated Press,
  553. 1 2 3 « En Birmanie, la junte militaire en pleine dĂ©route Ă©conomique », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )
  554. 1 2 3 4 « Guillaume de Langre, expert en Ă©nergie : « La Birmanie connaĂźt un retour en arriĂšre que peu de pays ont expĂ©rimenté » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )