Minitel rose

L'expression Minitel rose désigne tous les services de messageries érotiques développées pour le Minitel.
Quelques entrepreneurs ont fait fortune dans ce secteur comme le PDG de Free, Xavier Niel[1], Claude Perdriel et Henri de Maublanc[2].
Description
[modifier | modifier le code]Extrait de l'interview d'un responsable de sociĂ©tĂ© de tĂ©lĂ©matique : « Internet nâa pas le cĂŽtĂ© sulfureux du minitel », estime Vincent Hutin. Ătant incapable dâafficher une quelconque photographie, tout est dans la suggestion. Autre atout du minitel rose : un sentiment dâanonymat. « Le minitel ne permet pas dâidentifier les utilisateurs, contrairement Ă Internet qui laisse des traces plus facilement. Le minitel est extrĂȘmement discret »[3].
Exemples de services fournis :
- dialogue en direct avec d'autres utilisateurs par de courts messages, à la maniÚre d'une messagerie instantanée ;
- messagerie (courrier Ă©lectronique entre les utilisateurs du mĂȘme serveur) ;
- petites annonces.
Polémiques
[modifier | modifier le code]En 1992, les services de Minitel rose continuaient de poser des problÚmes à l'autorité et aux associations familiales, il était par exemple « demandé à France Télécom, dans le souci de satisfaire les associations familiales, de promouvoir les systÚmes de contrÎle d'accÚs au Minitel : cadenas sur le Minitel de base, mots de passe »[4].
Astuces permettant d'augmenter leur rentabilité
[modifier | modifier le code]Ce service étant facturé à la minute, diverses pratiques gardées sous silence permettaient de prolonger la durée de connexion des clients[5].
En 2007, le PDG d'une entreprise ayant travaillé dans ce secteur indique dans un commentaire d'un article sur le Web, que « Il est cependant probable que la proportion de trafic animé par des robots, des animateurs, ou de fausses inscriptions était sensiblement plus élevée sur Minitel (20 à 35 % du trafic) que sur Internet (5 à 10 % du trafic). »[6]
Exemples
[modifier | modifier le code]- Conversations factices : certains services utilisaient des employés, dits animateurs et animatrices, afin d'entretenir des conversations avec des dizaines de clients masculins, ceci allongeant la durée de leur connexion et apportant de l'argent aux opérateurs faisant ce business.
- Animateur trompant sur leur sexe : la plupart des employés masculins travaillaient sous un pseudonyme féminin[7]. à noter qu'il a bien existé des animatrices de sexe féminin[8].
- Utilisation de « robots logiciels » (Bot informatique) surnommĂ©s ghosts : durant les annĂ©es 1990, des logiciels (masquĂ©s sous des pseudonymes) Ă©taient capables de faire une partie du travail dit d'animation, consistant Ă envoyer des messages prĂ© enregistrĂ©s (exemple : « Salut », « ça va ? »âŠ).
- Amalgame de clients issus de multiples codes 3615 : des entreprises (possĂ©dant plusieurs noms de services distincts) regroupaient les connectĂ©s sur les mĂȘmes listes de dialogue en direct afin d'augmenter artificiellement le nombre de connectĂ©s simultanĂ©s.
- Ralentissement de l'affichage des pages par l'affichage de pages intermédiaires de graphismes érotiques (malgré la trÚs mauvaise définition d'image d'un écran de Minitel) non interruptibles (les touches du Minitel n'étaient plus prises en compte jusqu'à l'affichage complet du graphisme).
Dans la fiction
[modifier | modifier le code]Dans la chanson Goodbye Marylou de Michel Polnareff sortie en 1990, le narrateur décrit son échange érotique en « multi » puis en « duo » avec une interlocutrice sur minitel.
En 1998, dans le roman Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, l'un des personnages principaux (Bruno) fait une consommation importante de services de Minitel rose, ce qui est la cause d'une facture de téléphone d'un montant élevé qu'il dissimule à son épouse.
3615 Monique, série sortie en 2020 sur OCS, retrace l'histoire de trois jeunes étudiants qui vont monter le premier service de Minitel rose grùce à une expérimentation locale. La série développe l'impact de cette nouvelle technologie sur la société française des années 1980 entre libération sexuelle et élection de François Mitterrand[9].
3615 Ulla s'est rendu cĂ©lĂšbre par une vingtaine d'annĂ©es de campagnes de publicitĂ©. 3615 Ulla a fonctionnĂ© jusqu'Ă la fin du Minitel en 2012[10]. En 1991, Les Inconnus citent 3615 Ulla dans leur chanson Ă succĂšs C'est toi que je t'aime (vachement beaucoup). En 2017, Seth Gueko cite 3615 Ulla sur le morceau Grand Paris de lâalbum Prose Ălite.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â « 3615 Millionnaires », sur LibĂ©ration,
- â Mort du minitel: Retour sur ces millionnaires d'un autre millĂ©naire, 20 minutes, 29 juin 2012
- â « 3615 code indestructible », sur LibĂ©ration,
- â « Minitel rose dans le rouge », sur L'HumanitĂ©, (consultĂ© le )
- â « Rencontre et Ă©thique : du minitel Ă internet » [archive du ], sur datingwatch.org via Wikiwix, .
- â « Ces chiffres sont totalement exagĂ©rĂ©s » [archive du ], sur datingwatch.org via Wikiwix, .
- â « Jâai Ă©tĂ© animatrice de Minitel rose », sur OWNI,
- â « Le Minitel n'est pas tout rose », sur L'HumanitĂ©, (consultĂ© le )
- â Thomas Sotinel, « « 3615 Monique », sur OCS Max : en -40 avant Pornhub, les dĂ©buts du Minitel rose », Le Monde.fr,â (lire en ligne, consultĂ© le ).
- â AmĂ©lie Charnay, « 3615 Ulla, la fin dâun mythe », sur 01net, .