Sciage
Le terme sciage désigne une découpe au moyen d'une scie, plus généralement un procédé d'usinage pour couper des piÚces de matériaux divers : pierre, métal, bois, etc.
Parfois, il peut servir à désigner l'industrie de premiÚre transformation du bois (scierie) quand il est utilisé au singulier. Et quand il est utilisé au pluriel, il désigne les produits issus de cette activité.
Sciage désignait également un supplice.
Travail du bois
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Le sciage est une méthode de transformation, artisanale ou industrielle, utilisant des outils de découpe appelés « scies », produisant généralement une face plane (exceptions: scie cloche, scie à chantourner). On peut considérer qu'il s'agit d'une partie d'une activité plus générale : la découpe[1].
L'état de la matiÚre précédant le sciage est la grume[2], éventuellement une bille ou un billot;
La dĂ©composition des grumes par sciage peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un processus en plusieurs phases, qui convertit les grumes en planches, en une sĂ©rie d'opĂ©rations de dĂ©coupe. Au cours de la phase primaire, les grumes sont sciĂ©es en morceaux de bois appelĂ©s Ă©quarris[3] (en anglais flits ou cants). La phase primaire appelĂ©e aussi Ă©quarrissage Ă©tait autrefois rĂ©alisĂ© Ă la hache, aujourd'hui par scies circulaires, Ă©quarrisseuses ou Ă©quarrisseuse-dĂ©chiqueteuses. Les Ă©quarris sont ensuite traitĂ©es par des opĂ©rations secondaires telles que refendage (en anglais resaw ; la refendeuse ou dĂ©doubleuse est une machine destinĂ©e Ă rescier les plateaux, des planches ou des dosses Ă©paisses de premier dĂ©bit pour obtenir des sciages seconds moins Ă©pais[4]), coupe en longueur (couper dans le sens de la longueur, dĂ©coupe des flaches) en travers (couper dans le sens de la largeur) de la matiĂšre premiĂšre, ce qui permet de fabriquer une planche dont la valeur est influencĂ©e par les dimensions et la qualitĂ© du produit[5].
Quelquefois la grume n'est pas Ă©quarrie prĂ©alablement au sciage. Le sciage des grumes se fait longitudinalement, par des plans parallĂšles Ă un axe approximatif. La premiĂšre et la derniĂšre lame de bois sont des dosses qui contiennent essentiellement de l'Ă©corce et de l'aubier et qui iront directement au rebut. Les tranches suivantes s'appellent des plateaux, qui sont flacheux ou avivĂ©s selon qu'ils comportent ou non des flaches ; en replaçant les sciages les uns sur les autres dans l'ordre oĂč ils Ă©taient on obtient le plots[6].
Dans certains cas (en particulier pour les essences fines ou nobles) le stockage et la commercialisation se feront à l'état d'équarri, les opérations ultérieures de transformation étant à la charge de l'utilisateur final. Pour les autres essences, une opération supplémentaire est effectuée dans la scierie : le délignage. Cette opération consiste à supprimer les rives du plot pour obtenir un ou plusieurs parallélépipÚdes (suivant la largeur du plot), appelés avivés.
En France, l'unité conventionnelle de travail en sciage est le pouce du Roi, soit 27 mm. On a ainsi des plots de 1", 2", 3", 4", etc. , ainsi que quelques sous-multiples : 1/2, 3/4, 6/4, 10/4 pour les épaisseurs. Les largeurs courantes vont de 1" à 12".
Le bois est scié à l'état vert (le bois est dit vert lorsque fraßchement abattu, soit un taux d'humidité de 35 à 120%[7]), ou saturé (200% d'humidité, c'est-à -dire gorgé d'eau aprÚs un stockage humide). Le coefficient de frottement bois-acier est plus faible sur bois vert que sur bois sec, il en résulte une diminution de l'usure des dents de scie, par frottement et échauffement; l'humidité des grumes contribue aussi au refroidissement de la lame[8]. Le bois scié va perdre une partie de son volume au cours du séchage. Une autre partie de son volume va également disparaitre au cours des opérations d'élaboration postérieures au sciage (corroyage, rabotage).
Une convention (controversée depuis quelques années)[réf. nécessaire] voulait que la perte de séchage soit pour le scieur, ce qui a conduit cette profession à prévoir une surcote de débit de l'ordre de 6 %. Ainsi, pour obtenir une planche de 25 mm d'épaisseur (état sec à l'air et brut de sciage), le plot est taillé à 27 mm, alors que le produit élaboré à partir de la planche ne fera, au mieux, que 22 mm.
La pratique du refendage a quelques inconvénients, liés en particulier au classement visuel et à la nervosité du bois, ainsi qu'un amoindrissement de la piÚce résultante, en raison de l'épaisseur du trait de scie, conséquence de l'épaisseur de la lame (de 1 mm pour une scie à ruban jusqu'à 5 mm pour une scie circulaire).
En matiÚre de bois de structure, la plupart des sections portent un nom dérivé de l'usage qui en est fait en construction : madrier, bastaing, chevron, liteau, volige, planche. Dans d'autres cas, ce nom provient d'une spécialité locale : planche lorraine.
Qualité des bois
[modifier | modifier le code]Le rĂ©sultat qualitatif d'un sciage est Ă©troitement liĂ©, objectivement Ă la vie de l'arbre et subjectivement Ă l'usage que l'on veut en faire. C'est ainsi que l'on Ă©vite de parler a priori de dĂ©faut et que l'on prĂ©fĂšre le terme singularitĂ©. Une singularitĂ© pourra donc ĂȘtre perçue comme un dĂ©faut dans certains usages et une qualitĂ© (recherchĂ©e) dans d'autres.[rĂ©f. nĂ©cessaire]
Exemples :
- bois de compression : c'est une particularité qui affecte la substance ligneuse pendant la croissance de l'arbre, essentiellement en raison d'un déséquilibre dans la formation du houppier. Celui-ci se développant de façon non symétrique entraßne un déséquilibre dans la distribution des contraintes de compression dans le tronc. la matiÚre réagit en formant des cellules aux parois plus épaisses. En bois de structure, c'est un défaut rédhibitoire car il affaiblit considérablement la résistance mécanique de la piÚce. En bois d'ébénisterie, c'est une qualité recherchée, comme par exempple l'érable ondée.
- gros nĆuds : plus un bois prĂ©sente de nĆuds, moins il est apte Ă l'emploi. Dans un bois de charpente, des nĆuds sont tolĂ©rĂ©s.
- Pour l'Ă©bĂ©nisterie, des effets dĂ©coratifs peuvent ĂȘtre obtenus Ă partir de bois prĂ©sentant des dĂ©fauts ou des particularitĂ©s dus Ă des anomalies de croissance . Il en est ainsi de la loupe, provenant d'excroissances anormales situĂ©es sur le fĂ»t de l'arbre, dues Ă une prolifĂ©ration dĂ©sordonnĂ©e des cellules du bois.
- La ronce, est la partie de l'arbre qui se situe à deux endroits du fût: au pied, à la jonction de la partie terrestre et de la partie aérienne de l'arbre, et plus haut, à la naissance des branches charpentiÚres.
Sciage de la pierre
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Au XIXe siÚcle, on range généralement dans la catégorie des pierres dures, toutes les pierres qui ne se laissent débiter qu'au moyen de scies à eau et à sable, semblables à celles dont les marbriers se servent pour débiter les marbres. Dans la catégorie des pierres tendres, sont classées toutes celles qui se laissent débiter au moyen de scies à dents, semblables à celles dont se servent les menuisiers et les charpentiers pour découper le bois, et particuliÚrement le passe-partout, qui servent à tronçonner les arbres[9].
Fin XVIIIe siĂšcle, la scie de marbrier consiste en une lame de fer doux sans dents, droite et unie dans sa monture, servant Ă dĂ©biter les marbres en tranches en y versant du grĂšs pilĂ© et de l'eau dans la voie que fait la scie pour traverser le bloc. La sciotte dĂ©signe une petite scie Ă main sans dents, faite d'un morceau de tĂŽle roulĂ© sur une de ses rives pour former poignĂ©e - Elle sert Ă scier le bout des bandes, et le plus souvent Ă dĂ©tacher par un trait une partie de la masse Ă tailler (tel que cela se pratique pour commencer tous les filets et autres moulures afin d'en conserver leurs arĂȘtes); La sciotte tournante est un morceau de tĂŽle cylindrique mĂ» par un fĂ»t, et qui sert Ă enlever un noyau dans un bloc de marbre, tel qu'une colonne[E 1]. Le passe-partout est une scie sans dents, mais plus courte que celle Ă dĂ©biter les tranches, et qui sert Ă faire des coupes de peu de longueur[E 2]. Une usine dĂ©signe une machine composĂ©e de roues que l'eau fait tourner et qui fait mouvoir plusieurs fers de scie pour dĂ©biter en branches les blocs de marbre[E 3]. Les usines sont aussi appelĂ©e chĂąssis pourront ĂȘtre Ă©quipĂ©es de jusqu'Ă 100 lames et seront actionnĂ©es par la suite par des moteurs[10].
Plus tard des scies circulaires seront utilisées.
Les blocs de marbres étaient autrefois extraits avec des pics et des coins. à partir du XIXe siÚcle, le découpage des blocs de marbre se fait par le passage d'un fil hélicoïdal qui entraßne dans sa course de l'eau qui le refroidit et du sable qui sert d'abrasif. Il est guidé par des poulies, et actionné par un moteur[11]. Plus tard, le fil est muni de fragments de diamant.
Travail des métaux
[modifier | modifier le code]Comme pour le travail du bois, le sciage des mĂ©taux ferreux et non ferreux sâexĂ©cute soit de façon manuelle ou soit de façon mĂ©canique, en fonction des travaux Ă effectuer, des impĂ©ratifs de production ou Ă©conomiques.
Sciage manuel
[modifier | modifier le code]Le sciage manuel se fait Ă lâaide dâune scie Ă mĂ©taux dont le mouvement de coupe ne se fait que dans un sens. Lâoutil, tenu Ă deux mains, se manĆuvre sur un plan vertical (recommandĂ©) et la pression ainsi que lâinclinaison de la lame sont ajustĂ©es par lâopĂ©rateur mĂȘme, en fonction de la matiĂšre, de sa duretĂ© et de son Ă©paisseur, lĂ , la denture de la lame prĂ©sente tout son intĂ©rĂȘt.
- piÚce mince (tÎle) < à 5 mm : inclinaison à 45°
- piÚce épaisse de 5 à 30 mm : inclinaison de 5 à 30°
- piÚce > à 30 mm : mouvements alternatifs de 25 à 10° pour réduire le nombre de dents en prise sur la piÚce, réduire la pression et aider à la formation des copeaux.
Un mĂȘme effort fait pĂ©nĂ©trer davantage la lame dans un mĂ©tal tendre que dans un mĂ©tal dur : le copeau Ă©tant plus gros prendra plus de place entre les dents, dâoĂč le choix dâune lame Ă grosse denture.
Comme pour les autres types dâusinages, les mĂ©taux nĂ©cessitent des vitesses de sciage diffĂ©rentes :
- Acier dur, fonte : 35 coups par minute,
- Acier doux, demi-dur : 45 coups par minute,
- Laiton, aluminium : 60 coups par minute.
Sciage mécanique
[modifier | modifier le code]Il existe un grand nombre de machines à scier mécaniquement :
- scie à ruban : la lame, la denture, la matiÚre et la vitesse de coupe sont adaptées au travail des métaux.
- scie alternative :
- machine-outil semi-automatique utilisée pour le sciage des profilés en atelier,
- scie portative électrique ou pneumatique à lame interchangeable, identique à celle utilisée pour le sciage du bois,
- scie rotative :
- machine-outil semi-automatique dâatelier,
- machine portative Ă doubles-disques tournant en sens inverse lâun de lâautre assurant une trĂšs bonne stabilitĂ©.
Supplice
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Le sciage était un supplice utilisé pour la mise à mort des condamnés à la peine capitale qui consistait à scier le condamné[12].
Il s'agit d'un supplice mis en place par les peuples moyen-orientaux et qui a Ă©tĂ© transmis aux MacĂ©doniens, Grecs et Romains. Il fut Ă©galement utilisĂ© par l'Inquisition au Moyen Ăge[12].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bùtiment (marbrerie), Carilian, (lire en ligne)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â (fr) « Zoom sur le sciage », sur capbois.perso.infonie.fr (consultĂ© le )
- â (fr) « sciage des grumes », sur www.scieriemobile-henry.com (consultĂ© le )
- â Office quĂ©bĂ©cois de la langue française, 1990, Ă©quarri
- â Office quĂ©bĂ©cois de la langue française, 1988. refendeuse
- â Todoroki, Christine Louisa. [Primary and secondary log breakdown simulation]. Thesis (PhD--Engineering Science)--University of Auckland, 1997. Lire en ligne
- â ComitĂ© conjoint FAO-IUFRO de bibliographie et terminologie forestiĂšres, 1975. OQLF. plot
- â Claude Dalois, Manuel de sciage et d'affĂ»tage, Editions Quae, , 208 p. (ISBN 978-2-85411-013-5, lire en ligne)
- â Christian Sales, La scie Ă ruban : ThĂ©orie et pratique du sciage des bois en grumes, Quae, , 156 p. (ISBN 978-2-7592-1516-4, lire en ligne)
- â Armand Demanet. Guide pratique du constructeur. Maçonnerie. E. Lacroix, 1864 (Livre numĂ©rique Google)
- â Marbres et marbreries Jura sur www.culture.gouv.fr
- â MĂ©canisation de l'exploitation sur www.culture.gouv.fr
- 1 2 (fr)[PDF]« Exécutions Par Céline Bretel », sur www.google.fr (consulté le )