Le Big Bang
En 1929, l’astronome amĂ©ricain Edwin Hubble dĂ©couvrit que la distance des galaxies Ă la Terre Ă©tait proportionnelle Ă leur dĂ©calage spectral. Il y a dĂ©calage spectral lorsqu’une source de lumière s’éloigne de son observateur. La longueur d’onde apparente de la lumière est Ă©tirĂ©e par effet Doppler vers la partie rouge du spectre. L’observation de Hubble signifiait que les galaxies distantes s’Ă©loignaient de l’observateur, les galaxies les plus lointaines ayant les vitesses apparentes les plus rapides. Si les galaxies s’Ă©loignent de nous aujourd’hui, en conclut Hubble, dans le passĂ©, Ă un certain moment, elles devaient ĂŞtre très rapprochĂ©es les unes des autres.
La dĂ©couverte de Hubble constitua le premier Ă©lĂ©ment d’observation Ă l’appui de la thĂ©orie de l’expansion de l’Univers proposĂ©e en 1927 par Georges LemaĂ®tre. Selon LemaĂ®tre, l’Univers primitif très dense et chaud serait entrĂ© en expansion de façon explosive, et cette expansion se poursuit aujourd’hui. Des calculs permirent par la suite d’estimer l’âge de l’Univers Ă environ 13,7 milliards d’annĂ©es. En 1998, deux Ă©quipes indĂ©pendantes d’astronomes du Laboratoire de Berkeley, aux États-Unis, observèrent que les supernovas – des Ă©toiles en explosion – s’éloignaient de la Terre de façon accĂ©lĂ©rĂ©e. Cette dĂ©couverte leur valut le prix Nobel de physique en 2011. Les physiciens supposaient que l’apparition de matière dans l’Univers aurait pour effet de ralentir l’expansion, et qu’à terme l’Univers se replierait sur lui-mĂŞme sous l’effet de la gravitĂ©. Si la thĂ©orie ne peut dĂ©crire les conditions qui prĂ©valaient au tout dĂ©but de l’Univers, elle peut aider les physiciens Ă dĂ©crire les premiers instants qui ont suivi le dĂ©but de l’expansion.
Les origines
Dans les tout premiers instants après le Big Bang, l’Univers Ă©tait extrĂŞmement chaud et dense. Lorsque l’Univers commença Ă se refroidir, les conditions permirent aux constituants de base de la matière – les quarks et les Ă©lectrons, dont nous sommes tous constituĂ©s – de faire leur apparition. Quelques millionièmes de seconde plus tard, les quarks se sont assemblĂ©s pour produire des protons et des neutrons, lesquels se sont regroupĂ©s en quelques minutes pour constituer les noyaux des futurs atomes. Au fur et Ă mesure que l’Univers poursuivait son expansion et son refroidissement, le rythme s’est ralenti. Il a ainsi fallu 380 000 ans pour que les Ă©lectrons soient capturĂ©s dans l’orbite des noyaux, donnant naissance aux premiers atomes. Il s’agissait essentiellement d’hĂ©lium et d’hydrogène, qui sont encore aujourd’hui, et de loin, les Ă©lĂ©ments les plus rĂ©pandus dans l’Univers. Les observations actuelles suggèrent que les premières Ă©toiles se sont formĂ©es Ă partir de nuages de gaz environ 150-200 millions d’annĂ©es après le Big Bang. DĂ©sormais, des atomes plus lourds, tels que le carbone, l’oxygène et le fer, sont produits sans cesse au cĹ“ur des Ă©toiles et sont projetĂ©s dans tout l’Univers lors d’explosions stellaires spectaculaires appelĂ©es supernovas.
Mais les Ă©toiles et les galaxies ne forment qu’une partie de l’Univers. Les calculs astronomiques et physiques montrent que l’Univers visible ne reprĂ©sente qu’une petite quantitĂ© (4 %) de l’ensemble. L’Univers est composĂ© en grande partie (26 %) d’un type inconnu de matière appelĂ© « matière noire ». Contrairement aux Ă©toiles et galaxies, la matière noire n’émet aucune source de lumière ou de rayonnement Ă©lectromagnĂ©tique. Elle ne peut donc ĂŞtre dĂ©tectĂ©e que par ses effets gravitationnels.
Autre élément invisible, encore plus mystérieux, l’ « énergie noire », qui représente environ 70 % de l’ensemble masse-énergie de l’Univers. Toutes les galaxies semblent s’éloigner les unes des autres à un rythme accéléré, ce qui suppose qu’une énergie invisible, l’énergie noire, entre également en jeu.
